Ligne Lyon-Turin : L'ex-LTF tend la main aux opposants, mais maintient son action judiciaire contre Erri de Luca

« La ligne Lyon-Turin se fera. A quoi bon continuer à en empêcher la réalisation ?» a martelé lundi Mario Virano, nouveau directeur général de la TELT, Tunnel Euralpin Lyon Turin, au cours d’une conférence de presse à Rome.

La nouvelle société, qui remplace la LTF (Lyon Turin Ferroviaire), a choisi - hasard du calendrier - de convoquer les journalistes à l’issue de son premier conseil d’administration, ce 16 mars, dans les imposants bâtiments des réseaux ferrés italiens de la capitale italienne.

Au même moment, au Tribunal de Turin, Erri de Luca assistait à la deuxième audience de son procès pour « incitation à commettre des crimes » convoqué suite à une plainte de la même société franco-italienne LTF. Le promoteur du projet reproche à l’écrivain d’avoir estimé dans les médias que la ligne ferroviaire Lyon-Turin devait être « sabotée ».

Mario Virano, ex-président de l’observatoire du Lyon Turin, n’a pas été admis par le parquet comme témoin de l’accusation dans le procès. Il a toutefois pu faire valoir son point de vue face aux journalistes, et insister sur le fait que selon lui, « personne qui ne soit doté de bons sens, peut encore penser que la Lyon Turin ne se fera pas ».

La LTF, qui était à l’origine de plusieurs plaintes contre les opposants à la ligne Lyon-Turin en France et en Italie, veut profiter de son changement de peau pour lancer un « message positif de pacification ». Sans pour autant fixer de date pour une possible rencontre avec les représentants du mouvement No-Tav, ni renoncer pour l’instant aux actions judiciaires en cours, notamment à l’encontre d’Erri de Luca.

« M. De Luca a estimé qu’il était nécessaire et juste de saboter ce chantier » a tambouriné Mario Virano lors de la conférence de presse expliquant que la LTF en déposant cette plainte, n’a fait que « donner une voix aux muets, à ces hommes qui sont sur le chantier, subissent des violences et dont personne ne prend la défense ».

 « La LTF a donc demandé simplement au Tribunal de Turin de comprendre si l’appel à la violence dans ce cas là peut être semblable au racisme, à l’homophobie, au négationnisme de la shoah… Il s’agit de comprendre s’il est possible de faire de la propagande sans limite » a poursuivi avec virulence Mario Virano.

« La liberté d’expression a ses limites » a finalement tranché le français Hubert du Mesnil, président de la nouvelle société TELT et ex-président de la LTF.

Dans son communiqué final publié quelques heures plus tard, la TELT a conditionné toute « révision des initiatives judiciaires entreprises par LTF (Lyon Turin Ferroviaire qui a précédé TELT) pour la protection de ses intérêts, de ses droits et des personnels concernés » et toute « révision, de la part des autorités, de la présence des forces de l’ordre protégeant le chantier » à un préalable « apaisement des conflits sous le contrôle des institutions ».

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.