Le mouvement autochtone colombien au sein du Blocage National

Comment évolue le mouvement de protestation qui dure depuis le 21 novembre en Colombie ? Quel est le point de vue des principales organisations autochtones qui y participent ? Éclaircissements sur ce nouveau point chaud des luttes sociales en Amérique latine, depuis les voix de l'Organisation Nationale des Peuples autochtones de Colombie (ONIC), et en tant que bénévole de l'ONG Igapo Project.

Contexte

Un mois après les manifestations massives du 21 novembre, les casseroles – utilisées en concert au sein des manifestations — résonnent toujours dans les rues des grandes villes colombiennes. En effet, jeudi 21 décembre au soir, alors que la plupart des colombien.ne.s sont déjà réuni.e.s en famille pour célébrer la neuvaine de Noël, nombreux.ses sont celles et ceux qui se passent le mot sur les réseaux sociaux pour sortir simultanément à leurs fenêtres afin que s’entrechoquent en chœur les casseroles, bruit et symbole du ralliement des mécontentements populaires qui s’effectue depuis un mois pour s’opposer au « paquetazo » (littéralement, paquet de mesures) présenté par le gouvernement colombien d’Ivan Duque.

Le premier point important à noter est donc que ces mobilisations s’inscrivent dans la durée. Le second est la création d’un Comité National de Coordination du Blocage National par les organisations syndicales et sociales – étudiantes, autochtones, paysannes, afros, et d’autres secteurs — qui prennent part au mouvement, montrant que ces différentes composantes souhaitent articuler leurs luttes et revendications respectives, à l’échelle nationale et pas seulement à Bogotá, pour faire bloc contre la politique menée par le gouvernement du Président Ivan Duque. La grève du 21 novembre ciblait d’abord les réformes du Code du travail et des retraites, annoncées dans l’agenda par l’exécutif. Puis les motifs de préoccupation et de revendication des manifestant.e.s se sont élargis à d’autres problèmes restés majeurs dans le pays, parmi lesquels : 

  • la reprise du conflit armé et le risque important d’échec définitif de l’accord de paix signé en 2016 entre les FARC et le gouvernement Santos ;
  • les assassinats incessants de leaders sociaux, et en particulier de leaders autochtones, par des groupes armés - dont l’impunité voire l’absence d’identification démontrent les graves dysfonctionnements et la corruption qui persistent au sein de la justice colombienne ;
  • l’influence des institutions internationales (FMI et OCDE en particulier) sur les politiques économiques en Colombie ;
  • les dégâts socio-environnementaux irréversibles causés par les activités d’extraction (légales et illégales), d’hydrocarbures et de minerais, qui deviennent plus destructrices encore quand la technique de fracturation hydraulique dite fracking est utilisée.

Ces mobilisations en Colombie s’inscrivent aussi dans un contexte régional plus large. Vents de révolte au Chili, en Bolivie, en Équateur, de nouveau en Colombie : ces mouvements de protestation éclatent aux quatre coins du continent, et bien qu’ils montrent de nombreuses singularités et répondent à des situations historiques, socio-économiques et politiques particulières, des voix et des revendications se font écho, des pratiques se transmettent et des terrains de lutte communs s’établissent. Le 1er décembre, de l’Argentine jusqu’au Mexique (et même à Paris où flottaient devant la Tour Eiffel des drapeaux boliviens, argentins, colombiens), ont été organisés de façon coordonnée des rassemblements où étaient convié.e.s les citoyen.nes pour manifester contre le Fonds Monétaire International (FMI) et le modèle économique que cette institution contribue à faire régner en Amérique latine, avec (ou sans) le consentement de gouvernements libéraux. L’urgence écologique et climatique, ainsi que les inégalités abyssales de revenus et de patrimoine entre les riches et les pauvres – l’Amérique du sud est le continent qui présente les plus grandes inégalités au monde - , font également partie des thèmes récurrents et fédérateurs de ces mouvements.

À noter enfin en Colombie, le ralliement de la minga du Sud-ouest arrivée en bloc à Bogotá le 28 novembre, derrière l’emblématique Guardia indígena du Cauca[1], accompagnée d’autorités et délégué.e.s d’organisations autochtones nationales et régionales, venant ainsi apporter un puissant soutien au Blocage National[2] , dans lequel l’Organisation Nationale des peuples autochtones de Colombie (ONIC) joue un rôle majeur depuis le début de la grève.

En dépit des exigences citoyennes de plus de démocratie et de justice, Ivan Duque a appliqué tout au long du mois de décembre, comme depuis le début de son mandat, une réponse d’État davantage répressive que politique ou négociante vis-à-vis des oppositions (qu’elles émanent de partis politiques, de syndicats ou de corps sociaux plus ou moins définis). Comme en Équateur deux mois plus tôt, un couvre-feu a été décrété à Bogotá dès le deuxième jour de manifestation, ordonnant l’interdiction de sortir dans les rues après 20 heures. Les appels à la grève de plusieurs syndicats et les manifestations reconduites jour après jour à Bogotá, Medellín, Cali, Bucaramanga ou encore Popayán, ont vite été contraintes, voire empêchées par les agressions systématiques des forces de l’ordre, malgré les ambiances festives et pacifiques qui règnent dans l’écrasante majorité des cortèges. L’escadron anti-émeute (ESMAD[3]), est ciblé par les critiques autant en Colombie qu’à l’international (par des organisations de défense des droits humains), pour son utilisation disproportionnée et dangereuse des gaz lacrymogènes et autres armes mises à leur disposition ; des critiques qui se sont accentuées depuis la mort d’un jeune manifestant, Dylan Cruz, le 25 novembre à Santa Fe (un quartier de la capitale), et les revirements invraisemblables intervenus au cours de l’enquête et du procès qui s’en sont suivis.

Ces faits, ainsi que l’élargissement du socle de la contestation (au niveau des motifs comme des organisations mobilisées) ne font pas tergiverser le gouvernement, bien au contraire. Ce dernier applique désormais une recette devenue légion par-delà la Colombie au sein des régimes appelés démocraties représentatives : privilégier le temps des vacances, ici des fêtes chrétiennes de fin d’année, propice à la baisse d’intensité de l’expression du désaccord populaire, pour faire passer la ou les réformes faisant objet de controverses. Les récentes manifestations du 21 décembre, et le « cacerolazo » (concert de casseroles) qui a suivi le soir sont intervenus pour démontrer une réalité sociale bien différente et plus complexe que cet état de faits désiré et anticipé par le pouvoir exécutif.

https://twitter.com/JUANCAELBROKY/status/1207683954419150849

Le 20 décembre, était votée en catimini à la Chambre des Représentants[4] la reforma tributaria (réforme fiscale), la plus contestée du paquet de mesures étant donné qu’elle implique une baisse des impôts sur les grandes entreprises et tend à renforcer les inégalités plutôt qu’à les réduire.

https://twitter.com/FelicianoValen/status/1207753656260538369

La réaction populaire du lendemain, depuis la rue et depuis les fenêtres, a démontré que l’indignation et la protestation restaient très vives et partagées, malgré cette période des fêtes apparemment défavorable à la tenue du débat démocratique. « Bien qu’on craigne un affaiblissement du Blocage National en cette fin d’année, nous sentons que cela va revenir en janvier et février », nuance le représentant[5] de l’Organisation Nationale des Peuples autochtones de Colombie (ONIC) au sein du Comité National de Coordination du mouvement.

« Le Comité de Coordination du Blocage National, constitué par de nombreuses organisations syndicales et sociales, dont la nôtre (l’ONIC, NDLR) et le Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC) pour les organisations autochtones, s’est rassemblé à plusieurs reprises ces dernières semaines avec des membres du gouvernement et des partis d’opposition, avec l’objectif de négocier et d’établir les conditions dans lesquelles un dialogue national allait pouvoir se réaliser », explique Gloria Elena Erazo Garnica, avocate à l’ONIC. Le Président Ivan Duque, dès le 22 novembre, soit au deuxième jour de blocage, a tenté de lancer une première version de ce dialogue sous le titre de « conversation nationale », prenant la forme d’une suite de monologues présidentiels - qui n’a pas suscité une grande adhésion dans les rangs des grévistes et manifestant.e.s. Deux semaines plus tard, toujours pas de compromis trouvé, comme le rapporte ce témoignage d’une personne présente à la réunion du 5 décembre entre le Comité de Coordination Nationale et les délégués du gouvernement :

« Nous continuons à explorer et envisager des pistes, mais pour le moment aucun espace de dialogue digne de ce nom ne se dessine; la grève et les mobilisations ne s’arrêtent pas.

Les demandes de la part du Comité National ont été les suivantes :

  • Création d’un espace de dialogue à l’échelle nationale permettant la négociation.
  • Suspension des réformes étudiées et/ou prêtes à être votées au Congrès (fiscales et du travail)
  • Sollicitation d’un droit de réponse du Comité de Coordination du Blocage National sur une chaîne de télévision pour diffuser dans l’ensemble de la société la liste de ses revendications (sollicitation déjà rejetée)
  • Garanties pour l’exercice de la mobilisation                                 »

À l’heure actuelle, les exigences du Comité en matière de transparence, de participation élargie et de capacité de prise de décision dans le cadre du dialogue n’ont toujours pas été prises en compte par le gouvernement, tandis que certaines réformes ont été votées à la Chambre des Représentants.

 

TRADUCTION DU COMMUNIQUÉ À L’OPINION PUBLIQUE DU BUREAU PERMANENT DE CONCERTATION AVEC LES PEUPLES ET ORGANISATIONS AUTOCHTONES, ET DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DES PEUPLES AUTOCHTONES

 

« La Colombie vit actuellement un moment historique de lutte et de résistance, une série de manifestations légitimes qui ont éveillé le sentiment du peuple colombien, fatigué de l’iniquité, de l’injustice et de l’inégalité dans l’accès effectif aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, le logement, en matière de réforme fiscale, ainsi que des effets désastreux du développement du modèle économique pour l’environnement et la Terre Mère.

À cela s’ajoutent l’absence de garanties et de volonté politique pour la mise en œuvre effective de l’Accord de paix final[6] et pour la réparation intégrale des victimes du conflit armé, les assassinats systématiques des leaders sociaux, autochtones, afro-descendants et paysans, la répression démesurée du mouvement social et la violation des droits humains par les forces de l’ordre dans le cadre du Paro Nacional.

Nous, peuples autochtones, en tant que victimes historiques du conflit armé, mais aussi artisans de la paix, nous avons appuyé le processus ayant conduit à l’Accord final pour mettre fin au conflit et construire une paix stable et durable, qui comprend un chapitre ethnique, résultat de cette participation active des minorités qui, à ce jour, n’a pas été mis en œuvre par le gouvernement actuel. Ce non-respect de l’accord a conduit au génocide autochtone encore en cours ; du 7 août 2018 au 5 novembre 2019, nous avons enregistré 134 homicides de camarades autochtones, 70 attentats, 45 recrutements forcés, 504 menaces individuelles et 25 menaces collectives dirigées contre nos organisations et nos cabildos[7].

Les peuples et communautés autochtones sommes à nouveau victimes d’une vague de violence
systématique au sein des territoires, contre la vie de nos dirigeant.e.s, leaders, de nos ancien.ne.s et de la Guardia Indígena. Malgré les différentes mesures de précaution et de protection ratifiées par la Commission et la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), reconnues par la Constitution, le Gouvernement national dans son ensemble n’a pas garanti l’intégrité et la vie des peuples sur leurs terres. Le conflit armé demeure, se reconfigure et s’intensifie au sein des territoires autochtones, scénario qui nous place dans une situation d’extrême vulnérabilité et accentue le risque d’extermination physique et culturelle des peuples autochtones.

La situation humanitaire dans notre pays est gravissime et douloureuse, comme le soulignent les alertes du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (BCAH en français, NDLR), celles plus antérieures de la Defensoría del pueblo[8] ainsi que les communiqués émis par les différentes organisations autochtones et de défense des droits humains au sujet des déplacements forcés et du confinement massif subis par les communautés autochtones dans les départements du Chocó, de Cordoba, du Caquetá, du Putumayo, entre autres. S’ajoutent les menaces, attentats, homicides prenant pour cibles les autorités et guardias indígenas, en particulier dans le département du Cauca, mais également dans d’autres départements, pour ne mentionner que les alertes de ces derniers mois.

Aujourd’hui, les peuples, communautés et organisations autochtones, réuni.e.s au sein de la Mesa Permanente de Concertación[9] (MPC) et dans la Commission des droits de l’Homme des peuples autochtones, nous lançons un appel aux institutions gouvernementales pour qu’elles appliquent, promptement et de manière effective, les accords et protocoles signés dans le cadre de la consultation préalable au Plan de Développement 2018-2022.

 

Compte tenu de ce qui précède :

NOUS DEMANDONS les garanties de confiance et de sécurité nécessaires à la mise en œuvre du Système Intégral de Vérité, Justice, Réparation et Non-Répétition (SIVJRNR), en ce qui concerne la participation effective des peuples autochtones.

NOUS EXIGEONS la publication des comptes et résultats de la politique publique chargée spécifiquement des victimes autochtones, sachant que, selon la Contraloría General de la República[10] entre 2018 et 2019, l’enveloppe destinée aux peuples autochtones a subi une réduction budgétaire directe de 34 %. Sans l’allocation budgétaire nécessaire, la réparation collective aux communautés autochtones et aux victimes ainsi qu’à leurs leurs territoires ne seront pas possibles dans la restitution et la jouissance effective de leurs droits.

NOUS EXIGEONS du gouvernement du Président Ivan Duque Marquez et de son cabinet ministériel que soient assurées la continuité du suivi et la construction conjointe des
mécanismes garantissant le respect effectif des droits de l’Homme pour les peuples et
communautés répondant aux accords conclus au sein de la MPC et de la Commission des Droits de l’Homme des Peuples autochtones (CDDHHPI), de la Commission nationale des territoires autochtones (CNTI), des sous-commissions techniques, des bureaux régionaux et des mingas de résistance.

NOUS DÉNONÇONS la violation des droits sociaux, économiques et culturels, exercée actuellement contre les citoyen.ne.s et leur droit constitutionnel à manifester. Les organisations autochtones Organización Nacional Indígena de Colombia- ONIC, Autoridades Tradicionales Indígenas de Colombia- Gobierno Mayor, Organización Nacional de los Pueblos Indígenas de la

Amazonía Colombiana- OPIAC, Autoridades Indígenas de Colombia por la Pacha Mama-

AICO et la Confederación Indígena Tayrona, défendons et participons au Blocage National et affichons notre soutien à la liste de revendications proposée par les différents secteurs sociaux qui en ont la charge. Nous soutenons particulièrement les points suivants : accords de paix, éducation, santé, réformes fiscales, corruption, démantèlement de l’ESMAD, assassinats de leaders sociaux, inégalité des sexes, protection des espèces, déforestation, exploitation minière, pollution, restitution des terres et réorganisation des forces militaires. Par conséquent, NOUS APPELONS les autorités et les communautés autochtones à s’associer aux différentes mobilisations et assemblées permanentes dans le cadre du Paro Nacional.

De même, nous EXHORTONS le gouvernement à ce que nous disposions ensemble d’un espace de concertation transparente, sérieuse et de haut niveau avec le Mouvement national autochtone, dans le cadre de l’agenda de dialogue avec la société civile, à travers les dispositifs que nous avons obtenus par nos luttes pour la revendication de nos droits. L’objectif de cet espace est de réviser les accords et de tracer les procédures de mise en œuvre réelle et effective, en termes politiques, administratifs et budgétaires, des engagements convenus entre le Gouvernement national et les peuples autochtones de Colombie.

NOUS CONDAMNONS l’action disproportionnée des forces de l’ordre et l’utilisation d’armes létales contre les manifestants par l’ESMAD et DEMANDONS au gouvernement de fournir les garanties nécessaires pour pouvoir exercer le droit constitutionnel à la manifestation, à la contestation publique et pacifique, et de ne pas criminaliser et stigmatiser les mouvements sociaux.

" La manifestation et la mobilisation sont les instruments souverains des peuples pour
exiger des solutions structurelles ! "

 

[1] Traduit littéralement en français : Garde indigène du Cauca.

[2] Blocage National. La traduction littérale serait « Arrêt National », qui n’est pas vraiment adaptée à ce contexte. Compte tenu des caractéristiques de ce mouvement, et du fait que le statut de salarié.e est différent en Colombie et beaucoup moins répandu qu’il ne l’est en France, nous privilégions à « Grève Nationale » l’expression de « Blocage National ».

[3]Escuadrón Móvil Antidisturbios ; équivalent en Colombie des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) en France.

[4] Comme en France, la Constitution colombienne organise le pouvoir législatif selon un régime bicaméral composé de deux assemblées représentatives : la Camara de Representantes (Chambre des Représentants) et le Senado (Sénat).

[5] Deux délégués de l’ONIC ont été nommés pour représenter l’organisation au sein du Comité National de Coordination du mouvement. Le représentant cité ci-dessus désirait conserver l’anonymat.

[6] Le « Blocage national » en cours s’élève notamment contre le dénigrement et la violation, de la part du gouvernement en place, des conditions fixées à l’issue des négociations de paix qui se sont déroulées officiellement à Oslo et la Havane de 2012 à 2016, entre l’ex-gouvernement colombien sous la présidence de Juan Manuel Santos, et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie – Armée  du peuple, dites FARC-EP.

[7] Les cabildos sont des entités territoriales autochtones, dont l’appellation remonte à l’époque coloniale espagnole.

[8] Organe constitutionnel et autonome investi par la Constitution colombienne de 1991, dont la mission est de « veiller à l’exercice et à la promotion des droits humains » dans le pays.

[9] Ou Bureau Permanent de Concertation avec les peuples et organisations autochtones (MPC). Cet espace de dialogue gouvernemental, de consultation plus que de co-décision, intègre plusieurs organisations représentatives autochtones, des ministres ou délégués ainsi que des observateurs de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de la CIDH. Loin d’être à l’initiative d’un gouvernement, la création de cet espace a été obtenue par les peuples autochtones colombiens au prix d’une résistance aussi longue que critiquée et criminalisée, menée depuis les années 1970 jusqu’à l’obtention de la nouvelle Constitution promulguée en 1991. Les nouveaux droits et libertés cédés aux communautés autochtones, et aux minorités ethniques plus généralement, restent alors dans les faits niés et dénigrés par l’État bien qu’inscrits dans la Constitution. Les communautés et organisations autochtones devront donc reprendre la lutte pour la reconnaissance de leurs droits, lutte qui est toujours d’actualité, malgré l’obtention de cet espace de dialogue dit MPC en 1996.

[10] Équivalent en Colombie de la Cour des Comptes.

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