MATTHIEU LEPINE
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Billet de blog 19 avr. 2013

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Les tenants de la Ve République et du système unis contre la marche du 5 mai !

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Tandis que les appels à manifester pour la VIe République se multiplient, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Pierre Laurent (Front de gauche), Olivier Besancenot, (NPA), Eva Joly (Europe Écologie Les Verts), Clémentine Autain (FASE) ou encore Xavier Mathieu (syndicaliste), les tenants de la Ve République s’unissent contre le changement. Diversion, diabolisation du mouvement, amalgames honteux, à l’heure où les agressions homophobes et les manifestations violentes de l’ultradroite se multiplient, les partisans du système consacrent une grande partie de leur temps et de leur énergie à tenter de salir une marche citoyenne et républicaine.

Les chiens de garde en rang serré contre le changement

Le 5 avril dernier, Jean-Luc Mélenchon avait à peine lancé son appel à manifester pour la VIe République que certains médias tentaient déjà de brouiller son discours.  Le matin même, on annonçait des divisons au sein du Front de gauche et un rejet de la part du Parti Communiste. Cependant, quelques heures plus tard, Pierre Laurent lançait à son tour un appel à manifester le 5 mai.

Les tentatives de division ne prenant pas, certains journalistes se sont alors lancés dans une campagne de diabolisation du discours du co-président du Parti de gauche. C’est de Libération, que l’attaque la plus indigne est venue. Après le honteux procès en antisémitisme lancé par Jean Quatremer, le journal a décidé de frapper encore plus fort. Cette fois, c’est par l’intermédiaire du plus antimélenchoniste de ses « journalistes », Lilian Alemagna, que la calomnie est venue.

En employant le terme de purification « éthique » pour qualifier les propos de Jean-Luc Mélenchon, Alemagna a clairement voulu faire un parallèle entre les volontés de changement de la gauche radicale et les pires heures de l’Histoire. L’amalgame avec le terme de purification éthique nous renvoie aux génocides, aux déportations et aux pires massacres qui ont parcouru le vingtième siècle. Comment ne pas être révolté lorsqu’un journal décide d’utiliser ce type de procédé antidémocratique pour décrédibiliser un mouvement républicain ? La manipulation  médiatique n’a désormais plus de limites…

En début de semaine sur RTL, Alain Duhamel c’est à son tour laissé aller à un amalgame honteux, renvoyant dos à dos les partisans de la VIe République et les anti-mariage homosexuel. « Il n’empêche qu’il y aura quand même le même jour, deux manifestions radicalisées toute les deux et que c’est encore plus difficile à gérer « . Peut-on sérieusement faire un parallèle entre des antirépublicains qui poussent aux crimes, menacent de faire couler le sang ou encore agressent des citoyens homosexuels et des manifestants qui appellent de façon démocratique à une nouvelle République ?

Comme un air de « plutôt Hitler que le Front populaire »

Ce n’est pas la manifestation du 5 mai qui effraie les tenants du système, c’est son mot d’ordre « vite la Sixième République ». Ils ont tous en tête la marche de mars 2012, entre Nation et Bastille, qui avait réuni autour de cette même volonté de changement plus de 100 000 personnes. Plus que jamais attachés à leurs privilèges, ils sont aujourd’hui prêts à tout pour que le mouvement ne prenne pas.

Dans le dernier numéro de l’Express, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, prétend craindre une volonté de coup d’Etat de la part de Jean-Luc Mélenchon et des partisans de la Sixième République. « Les organisateurs vont demander les Champs-Elysées, ils auront au moins le droit de défiler sur l’avenue de la Grande-Armée, la foule va contourner les forces de l’ordre et marcher vers l’Elysée … Que se passera-t-il en cas d’incident ? ».

Pendant que Borloo vocifère, les partisans de Frigide Barjot multiplient les actions violentes dans toute la France et des députés UMP menacent physiquement des membres du gouvernement dans l’hémicycle… Face à cette situation, le président de l’UDI est totalement complaisant et va même jusqu’à accuser François Hollande d’être responsable des débordements. Son sentiment sur la marche du 5 mai, il peut donc se le garder !

Du coté de l’Elysée et de Matignon, on se réjouit de l’annonce de Frigide Barjot à venir manifester à son tour le 5 mai. De quoi pouvait-on rêver de mieux pour brouiller le mot d’ordre des partisans de la VIe République et jouer sur les amalgames les plus abjects. L’ultradroite menace de faire couler le sang et le gouvernement l’autorise à descendre dans les rues de Paris le même jour que nous ! L’irresponsabilité serait-elle au pouvoir ?

Quant à Barjot, qu’elle se le dise, le coup de balai est aussi et surtout valable pour elle et les haineux qui l’entourent ! Sa place est à la fête de Jeanne d’Arc, au coté du Front national le 1er mai, mais certainement pas dans une marche républicaine !

Qui divise la gauche ?

Certains comme Benoit Hamon accusent le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon de vouloir passer un « coup de balai contre la gauche » ou encore de « diviser la gauche » en appelant à manifester le 5 mai. Mais qui divise chaque jour un peu plus et de quelle gauche parlons-nous ? Le ministre délégué à l’économie sociale et solidaire prétend par ailleurs que dans le contexte actuel manifester pour la Sixième République c’est rompre « avec toutes les traditions, toute l’histoire de la gauche». Mais de qui se moque-t-on ?

Qui a transféré la souveraineté budgétaire du peuple français à la Commission européenne ? Qui a voté l’ANI (Accord National Interprofessionnel), avec l’aval du Medef, renforçant ainsi la précarité et la flexibilité de l’emploi et facilitant les procédures de licenciement ? Qui a ouvert un compte en Suisse afin de se soustraire à la solidarité nationale ? Hamon ose faire de nous des diviseurs, mais qu’il balaye devant sa porte ! Quant à l’histoire de la gauche, si il souhaite en parler, je lui conseil d’abord de relire Jaurès.

Le gouvernement et ses huit ministres millionnaires ne comprennent pas notre mobilisation. Rien d’étonnant, ils sont complètement déconnectés de la réalité ! Seuls 2,8% des députés sont aujourd’hui issus des catégories populaires (ouvriers et employés)  alors qu’ils représentent plus de la moitié de la population active française. A l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 81,5% des députés contre 16,7% des actifs ! Comment ne peut-on pas comprendre que cette situation ne peut perdurer ?

Des solutions existent pourtant pour tenter de remédier aux problèmes de la démocratie représentative. Le non cumul des mandats, l’introduction d’une part de proportionnelle aux élections, le référendum révocatoire de mi-mandat… Tous les citoyens doivent être représentés à l’Assemblée et surtout le peuple doit pouvoir avoir le contrôle sur la démocratie.

Le gouvernement fait aujourd’hui le choix ambigu de renvoyer dos à dos la droite réactionnaire et la gauche prônant la Révolution citoyenne.  A force de chercher le compromis, il finit pas se compromettre. Nul doute qu’il s’en mordra bientôt les doigts…

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