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Billet de blog 13 janv. 2022

La République, c'est nous !

« La gauche est dispersée, il y a trop de candidat·es, la gauche a perdu d'avance ! À quoi bon voter ? » Nous, militant·es écologistes, gardons espoir et sommes convaincu·es que si nous accordons nos votes, il y a encore aujourd'hui une possibilité de gagner.

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"La gauche est dispersée, il y a trop de candidat·es,

la gauche a perdu d'avance ! À quoi bon voter ?!"

Nous, militant·es écologistes, gardons espoir et sommes convaincu·es que si nous accordons nos votes, il y a encore aujourd'hui une possibilité de gagner.

Mais autour de qui accorder nos votes ? Aujourd'hui, à nos yeux, seuls deux candidats incarnent et réalisent l'urgence d'un gouvernement écologiste pour faire face à une crise sociale et un réchauffement climatique hors de contrôle :

Les incendies géants, les inondations imprévisibles, la montée des mers, une pandémie due à la chute de la biodiversité et qui en précède d'autres, l'explosion des inégalités et des trillardaires qui ne cessent de s'enrichir, la pauvreté qui s'intensifie, des étudiant·es qui ne mangent qu'un repas sur deux, les hôpitaux sous financés, les soignant·es sous-payé·es, un fascisme qui monte plus vite que les océans …

Le danger est palpable, réel, et nous ne pouvons plus nous permettre cinq ans d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, d'Eric Zemmour ou de Valérie Pecresse. Nous avons besoin d'un gouvernement écologiste et social de gauche. Le vote n'est bien sûr pas suffisant pour changer nos vies mais il en est un outil dont il serait irresponsable de ne pas se saisir.

Alors quel bulletin mettre dans l'urne ? Celui de Yannick Jadot ou de Jean-Luc Mélenchon ?

"Moi Mélenchon je le trouve trop agressif, je l'aime pas."

Méchant Jean-Luc Mélanchon aurait mauvais caractère, au point que certain·es d'entre nous mal orthographient son nom. Mais de quelle colère parlons-nous ? Celle sur BFM TV, lorsque le candidat s'insurge de la maltraitance des pauvres ? Non bien sûr, une seule revient en boucle. « La République c'est moi ! ». Nous ne défendons pas l'homme qui s'insurge, à raison ou non, sur ces fameuses perquisitions. Simplement, nous demandons : est-ce qu'une colère est suffisante pour discréditer un homme, une équipe et tout un programme ? Et nous rappelons que les médias ont joué cette séquence en boucle plutôt que d'insister sur les insultes sexistes et les condamnations d'Eric Zemmour, ou sur les mots méprisants d'Emmanuel Macron, ou encore ses dérives autoritaires (que l'ONU dénonce), l'affaire Benalla, les accusations de viols à l'égard de ses collaborateurs et de ses ministres, etc. N'est-ce pas plus grave qu'une colère ? Ce qu'oublient aussi de nous rappeler les médias sont les positions libérales de Christine Taubira qui aimerait rassembler la gauche à trois mois de l'élection présidentielle (mais avec quel programme ?) et les choix politiques d'Anne Hidalgo à la Mairie de Paris notamment sur les questions écologiques (les vélos ne font pas tout) et sociales.

Ok, donc Mélenchon ou Jadot ?

Stratégiquement, la possibilité de gagner cette élection étant réduite à un « trou de souris », nous pensons qu'il faut choisir, massivement, l'option Mélenchon et son programme de l'Union Populaire. C'est un choix stratégique et de fond. On s'explique sur la stratégie en 6 points.

  1. La dynamique est de son côté : les sondages (il est aujourd'hui à 13% face à 4,5% pour Taubira, 4% pour Jadot et 2% pour  Hidalgo selon certains sondages), le nombre impressionnant de personnes présentes dans ses meetings et une demande légitime de radicalité des jeunes de la génération Climat auquel répond son programme, le démontrent.

  2. Mélenchon et son équipe mènent une campagne solide depuis plusieurs mois autour d'un programme validé par les français·es : les mesures ont été testées en sondage et la plupart sont approuvées par plus de 80% des personnes interrogées (1).

  3. Le candidat maîtrise ses sujets (cf. paragraphe suivant) et leur application concrète, notamment à propos d'un sujet qui fait souvent défaut chez ses concurrent·es, l'international, pourtant crucial dans une élection présidentielle.

  4. Mélenchon devra faire alliance pour gagner au second tour et le Chili peut nous servir d'exemple. Le nouveau président sud américain a fait campagne à gauche toute. Au premier tour, il était face à trois autres candidat·es de gauche, et au second tour il a du rassembler pour gagner face à l'extrême-droite. Si Jean-Luc Mélenchon est au deuxième tour, il n'aura d'autres choix que de discuter et de négocier sa prochaine mandature avec EELV. Yannick Jadot, ministre de l'Alimentation, Sandrine Rousseau, première ministre ? Tout est envisageable !

  5. Sa candidature a été validée par près de 300 000 signatures citoyennes récoltées début 2021 en quelques jours seulement. Près de 300 000 personne ont validé la candidature de Mélenchon dans un processus qui a été ouvert à toutes et à tous, tandis que Jadot n'aura rassemblé "que" 52 000 voix à la primaire EELV (pourtant, elle aussi ouverte), que celle d'Hidalgo n'a été soumise à aucun vote, ni celle de Roussel ou de Montebourg. Même au sein de la Primaire Populaire, la candidature de Mélenchon a été retenue, de même que celle de Taubira, par les 130 000 votant·es.

  6. Enfin, au contraire de ce que l'on pourrait croire, certains sondages le présentent comme celui le plus à même de rassembler la gauche. L'Institut Elabe indiquait ainsi que 33% des sympathisant·es de gauche le considèrent comme la meilleure personnalité pour une candidature unique de la gauche, loin devant Taubira en seconde position à 21%, et le troisième, Jadot, à 11%.

Mais surtout nous choisissons Mélenchon pour son programme

Le vote utile devrait surtout être un vote d'adhésion. Face aux défis immenses de notre époque et bien qu'une partie des médias tendent à présenter l'élection présidentielle comme un casting de personnalités, nous devons nous concentrer sur le programme. Or celui de l'Union Populaire, loin d'être "extrême" (nous n'allons pas nous transformer en URSS) reprend les principes d'une gauche sociale écologiste et redonne espoir en un avenir plus solidaire, équitable et juste.

Face à une crise démocratique qui éloigne les électeur·ices des urnes et muselle les contestations, on trouve dans le programme l'élaboration d'une 6e République qui propose de : déconcentrer les pouvoirs, instaurer un droit de référendum d'initiative citoyenne pour permette aux citoyen·nes de proposer des lois ou de révoquer des élu·es, reconnaître le vote blanc, en finir avec les lobbys privés au parlement en leur interdisant l'accès à l'Assemblée.

Face à une crise sociale qui oblige les plus précaires d'entre nous à digérer en même temps de maigres repas et l'indécence d'un enrichissement phénoménal des plus riches, le programme propose : la revalorisation du SMIC à 1400 euros, la restauration de l'ISF, la retraire à 60 ans, d'en finir avec la souffrance au travail en prévenant les accidents ou en restaurant les CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), de bloquer les prix de certains biens essentiels, d'annuler la hausse du prix de l'énergie et d'instaurer une tarification progressive adaptée aux revenus des ménages, de rendre les crèches gratuites, de baisser le prix des transports en commun, de plafonner les frais bancaires, de restructurer les dettes des ménages endettés, d'encadrer les loyers, d'instaurer une garantie autonomie pour les jeunes, une garantie emploi pour tou·tes ... autant d'ajustements nécessaires contre la vie chère afin d'entrevoir l'avenir avec plus de sérénité.

Face à une crise sociétale qui force les jeunes des quartiers populaires, les personnes racisées et les manifestant·es à avoir peur pour leur vie lorsqu'ils·elles font face aux forces de l'ordre, il propose de : démanteler la BAC pour instaurer une police de proximité, d'interdire l'usage de grenades de désencerclement et des flashball qui ont fait perdre des yeux, des mains ou même la vie à des centaines de personnes depuis leur instauration par la droite en 1995, d'interdire certaines techniques d'immobilisation létales, de remplacer l'IGPN par une institution rattaché au Défenseur des Droits, de donner plus de moyens à la justice, de recruter massivement des greffiers ou des magistrats pour une justice fonctionnelle qui puisse se pencher sur tous les cas, ou encore de garantir le droit à la défense et la gratuité des procédures les plus courantes pour que l'accès à la justice soit accessible à tou·tes.

De manière générale, la lutte contre les discriminations, pour l'égalité femmes-hommes sont au cœur du programme, de même que la lutte pour faire face au handicap ou à la perte d'autonomie. Les EPHAD doivent cesser d'être un mouroir en donnant les moyens à tou·tes de rester au domicile.

Face à un désastre écologique dont nous sommes tou·tes victimes, le programme propose : l'investissement massif dans le bio et l'inversion d'une logique agricole aujourd'hui insensée, la lutte contre la malbouffe, la défense des biens communs comme l'eau et la garantie d'un accès à une eau propre dépolluée et gratuite pour les mètres cubes indispensable à une vie digne, la dépollution des sols (notamment du Chloredécone), la défense de la biodiversité et la lutte contre la maltraitance animale, la sortie du nucléaire et la planification écologique.

De toute évidence, le programme proposé par l'Union Populaire est un programme de paix. Paix intérieure : une grande majorité des français·es plébiscitent les mesures du programme et il y a fort à parier que leur mise en place apaisera le pays. Paix extérieure également, et c'est un gros atout de la candidature de Mélenchon : la sortie de l'OTAN qui est un organisme de guerre dirigé par un état guerrier, les États-Unis, devrait être de tous les programmes de gauche. Il ne figure pas dans celui de Yannick Jadot. La protection des lanceur·ses d'alerte devrait constituer la base de notre politique, tant l'information est cruciale pour la démocratie. Jean-Luc Mélenchon est le seul des deux candidats à avoir organisé une conférence de presse suite à l'extradition de Julian Assange qui croupit dans une prison anglaise. Plus généralement, le candidat défend systématiquement une politique étrangère altermondialiste qui cherche la paix avant tout, et soyons honnêtes, nous en aurions bien besoin.

Car au fond, pourquoi votons-nous ? Posons-nous la question. Souhaitons-nous en finir avec Emmanuel Macron qui coupait encore hier un milliard d'euros au budget de la Santé en pleine pandémie ? Qui supprimait 5700 lits d’hôpitaux rien qu'en 2020 ? Qui n'a aucun plan pour en finir avec les déserts médicaux et impose un forfait à 19€ dès 2022 pour accéder aux urgences ?  « Pas de purificateur d'air, pas de levée des brevets, pas de poste en réanimation » face à la COVID. La santé, on sait tou·tes ce que ça représente, surtout en cette période de pandémie.

Voulons-nous enfin abolir son monde du chacun·e pour soi ? En finir avec la précarisation de la société, la destruction du vivant, les inégalités, les injustices ? Sommes-nous pour une transformation sociale à la hauteur de nos espérances ?

Nous, militant·es écologistes, en sommes certain·es : oui, c'est possible. Nous y croyons et nous emploierons toute notre énergie ces prochains mois à convaincre un maximum de gens à voter pour Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.

Pépita Car, militante féministe et écologiste, membre de Climat Social

Matthieu Ponchel, militant écologiste, membre de Climat Social

(1) https://linsoumission.fr/2021/08/26/2022-le-programme-des-insoumis-plebiscite-par-les-francais/

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