Réforme territoriale : Pourquoi je suis contre le plan proposé par F. Hollande

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas contre une réforme territoriale. Au contraire, notre pays en a besoin, ne serait-ce que pour supprimer les doublons.

 

Personnellement, je suis pour une diminution des régions mais pas aussi drastique.

Je suis pour aussi la suppression des conseils généraux et des conseils municipaux là ou existent des communautés urbaines, des métropoles et des intercommunalités à condition de ne pas supprimer les services de proximité.

 

La réforme proposée par le Président de la République crée un déséquilibre entre les régions : une région à 2 départements (La Corse) à une région à 11 départements (Poitou-Charentes-Centre-Limousin), région qui sera bien difficile à gérer. Cette réforme ne tient pas compte des souhaits de certains présidents de région qui ont créé des partenariats sur certains secteurs (création d’entreprises, emploi, environnement, etc.). Cette réforme ne précise pas quelles compétences nouvelles seront déléguées aux nouvelles régions. Et le plus important, cette réforme qui concerne en premier les français ne sera pas soumise à référendum mais à une révision constitutionnelle par le congrès en 2020.

 

Je crains fort que cette réforme n’aboutisse qu’à supprimer des services essentiels à nos concitoyens qui seront obligés de se déplacer pour effectuer leur démarche. Donc à supprimer des postes qui augmentera le chômage et qui, en fin de compte, ne fera pas faire des économies et, au contraire, diminuera les recettes de l’UNEDIC et de la Sécurité Sociale.

 

Une question essentielle se pose : Pourquoi, alors que les dirigeants politiques de tous bord et nos concitoyens savent, depuis plusieurs années, qu’une telle réforme est nécessaire, le Président de la République, une fois arrivée au pouvoir, n’a-t-il pas entamé la réflexion et la concertation sur ce sujet épineux dès 2012 ?

 

Je soupçonne que le motif réel du Président de la République, en proposant hâtivement cette réforme et qu’il se trouve en difficulté, n’avait que pour but de montrer aux français qu’il agissait tout en repoussant la décision finale à quelques années ou il a de grandes chances de ne plus être à la tête de l’Etat.

 

Avant d’effectuer une réforme d’une telle ampleur, il faut se demander quelles compétences des conseils généraux supprimés iront soit aux nouvelles régions créées ou reviendront à l’Etat. Il faut, aussi, réfléchir aux nouvelles compétences qui seront déléguées à ces régions.

 

De plus, il faut prendre soin à garder un équilibre entre les régions, à tenir sérieusement compte des souhaits de certaines régions existantes, quitte à organiser des référendums locaux, et tenir comptes des particularismes régionaux Il faut, également, prendre garde à ne pas supprimer des services de proximité essentiels (CAF, Pôle Emploi, Sécurité Sociale, etc.) à certains de nos concitoyens (personnes âgées, femmes enceintes, handicapés, chômeurs, personnes percevant le RSA, etc.)

 

Il faut, impérativement, moderniser l’administration et favoriser ou encourager les services et les citoyens à utiliser internet pour effectuer certaines démarches (carte d’identité, passeport, carte d’électeur, cantine, etc.).

 

Je me répète mais toute réforme de cette ampleur doit être approuvée ou pas par nos concitoyens et par référendum.

 

Quitte à proposer une réforme territoriale, autant prendre le temps de la réflexion, de la concertation, demander l’avis, par internet et au niveau régional, des premiers concernés : les français et enfin, faire adopter ou pas cette réforme par référendum.

 

Cette réforme, que l’on nous propose, est tous le contraire et c’est pour ces raisons que je suis contre si  elle reste sous cette forme.

 

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