La question de la constitution de 1958 est un faux problème

Depuis plusieurs années, femmes et hommes politiques de tous bords, commentateurs de la vie politique, associations diverses et les citoyens nous assènent à longueur de journées, de semaines, de mois et d’années, que tout se qui arrive : les affaires de corruption, d’abus de biens sociaux, de fraude électorales, de paradis fiscaux, de comptes bancaires à l’étranger et autre turpitude, démontre, sans aucun doute possible, l’arrivée à son terme de la 5ème république.

 

Hors, rien n’est plus faux. Le principal défaut de l’homme est l’oubli, l’oubli de son passé, l’oubli de son histoire et, surtout, il veut protéger ses secrets, surtout les plus inavouables.

 

Pour celles et ceux qui connaissent très bien l’histoire de notre pays, ce genre de scandale a été toujours été présents quel que soit le régime sous lequel vivait notre pays. Nous n’allons pas rappeler, dans ce billet, les nombreuses affaires qui ont émaillées notre histoire

 

La vérité est plus brutale et plus difficile à supporter : quel que soit le régime adopté par les citoyens, il existera toujours un certains nombres de femmes et d’hommes qui chercheront à accumuler places, honneurs, pouvoir, argent, décoration pour eux et leur famille par tous moyens légaux ou illégaux. De plus, ces mêmes femmes et hommes chercheront à empêcher, par des lois, des magistrats honnêtes à faire leur métier.

 

Dans cette intention, dès qu’ils seront mis en cause, ils crieront au complot des juges et des journalistes, ils accuseront le pouvoir de manipulation, ils utiliseront tous les artifices de la procédure pénale pour annuler leur mise en examen ou pour retarder au maximum leur procès et, pendant que leurs avocats s’occuperont de ces tâches ingrates mais fortement rémunératrices, ces femmes et hommes politiques passeront sur les plateaux de télévisions pour protester de leur innocence et réclamer la présomption d’innocence qu’ils refusent à de simples citoyens ou adversaires politiques.

 

Dans le même temps, ils s’efforceront de démontrer que ce n’est pas de leurs fautes mais celles des institutions, des lois qu’eux-mêmes votent ou ne votent pas, surtout, si ces lois touchent à la transparence, à la déontologie, à leur émoluments, au népotisme, etc.

 

Il y a une chose essentielle à rappeler : dans la 5ème république, ce sont le sénat et l’assemblée nationale qui établissent leurs propres règlements, qui définissent leurs salaires, ceux de leurs collaborateurs et les différents privilèges auxquels ils ont droit et ne se privent pas. Ce sont les sénateurs et députés qui ont refusés le cumul intégral des mandats, la transparence totale de leurs différents avantages, de pouvoir continuer à embaucher femmes et enfants, qui se sont accordés 6 mois supplémentaires de salaires en cas de non réélection.

 

D’ailleurs, ils ne sont pas les seuls car, récemment, de nouvelles assemblées départementales viennent d’accorder à leurs membres de substantielle augmentation de traitement. Et cela sera surement le cas dans les nouvelles assemblées régionales qui sortiront des urnes en décembre prochain.

 

Mais, n’oubliez pas une chose, mes chers compatriotes, ce sont ces mêmes femmes et hommes politiques qui demandent des sacrifices aux français, qui s’indignent sur des fraudes aux prestations sociales, qui détricotent le droit du travail, voteront des lois permettent la surveillance de masse sous prétexte de sécurité, etc. Et ils nous parlent de république exemplaire.

 

Mais le plus stupéfiant dans ce constat, c’est que des citoyens trouvent cela normal. Il y en a même certains qui réclament un statut pour les élus qui n’en n’ont, certes, pas besoin car ils savent très bien se protéger eux mêmes.

 

Le plus stupéfiant, également, c’est qu’à chaque fois que des femmes ou des hommes politiques condamnées se représentent à une mandature quelle qu’elle soit, ils sont réélus et largement. Alors, ne venez pas vous plaindre, car vous êtes les premiers responsables de cette situation en votant en faveur des ces personnes.

 

Ne vous leurrer pas chers lecteurs, ce n’est pas en changeant de régime, en instaurant un régime parlementaire tel que la 4ème république ou tous les marchandages seront permis, que les choses changeront.

 

Le changement, si changement il y a, viendra seulement de vous, de votre conscience, de votre courage de dire stop, nous avons assez et de votre vigilance. Je sais, pertinemment, que ce billet a peu de chance d’être lu et encore moins d’être diffusé sur les réseaux sociaux ou repris par quelques médias.

 

Mais, j’aurai au moins la satisfaction de l’avoir écrit et, peut-être, quelqu’un s’en inspirera-t-il, pour proposer une autre politique inspiré par la justice et l’équité car l’une ne peut aller sans l’’autre.

 

Maintenant, tout dépend de vous. Mais en aurez-vous le courage ?

 

 

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