François Hollande où la faillite morale des politiques

En 2012, j’ai eu la chance de faire partie, très brièvement, de l’équipoe de campagne de François Hollande. Ainsi, j’ai pu assister dans de bonnes conditions à certains meetings de campagne ( Le Bourget, Vincennes, Bercy, etc.) et écouter les discours du futurs présidents.

 

Quand ils étaient dans l’opposition et pendant la campagne électorale, les leaders du PS, dont Franois Hollande, n’ont pas épargné N. Sarkozy sur sa pratique du pouvoir, ses nominations d’amis à des postes importants et, surtout, sur la décrédibilisation de la parole politique car le prédécesseur de F. Hollande n’avait pas tenu toues ses promesses de campgnes, ni, pendant son quiquennat, ses propositions.

 

Parti de ce constat, François Hollande prpoposait une autre pratique de pouvoir et, surtout, une république exemplaire.

 

Plus de trois ans se sont écoulés et que reste-il de ce changement tant espéré. Pas grand-chose sauf une grande désillusion.

 

Je n’évoquerai pas ici l’économie que les talentueux journalistes de Médiapart ont expliquée et commentée.

 

Dans le domaine sociétal et environnemental, quelques efforts ont été fait, on ne peut guère le nier.

 

Sur la pratique du pouvoir, les changements se font attendre.

 

A peine arrivé à l’Elysée, le nouveau président a nommé ses amis à des postes clés. Des épouses et des époux de ministres, de députés, de sénateurs, de conseillers présidentiels ont été recrutés soit à l’Elysée, soit à Matignon, soit dans les ministères ou par les députés et les sénateurs. Ce genre de pratique s’appelle du népotisme qui est interdit aux USA et autres grandes démocraties.

 

Il aura fallu l’ouragan de l’affaire Cahuzac pour qu’une timide loi sur la transparence ainsi que la création d’une haute autorité voit le jour. Mais cela n’a pas empêché les scandales d’éclater (Morelle, Le Guen, Thevenoud, Benguigui, etc.)

 

Depuis janvier 2015, nous avons assisté, impuissants, à l’abandon, par ce président et son gouvernement, des valeurs de la gauche par le vote de la scélérate loi sur le renseignement. Ceres, il faut lutter contre le terrorisme et punir très sévèrement les auteurs d’actes odieux mais tout en préservant les droits de l’homme et les droits des citoyens et de la défense.

 

N’oublions pas, non plus, les déclarations de M. Valls, ministre de l’intérieur, au sujet des Rom.

 

Edwi Plenel a écrit un remarquable article (Palestine : « Monsieur le Président, vous égarez la France. » 23 juillet 2014 sur Médiapart) sur la Mollettisation de F. Hollande et de son gouvernement. J’y souscrit pleinement.

 

Le Président de la république a tourné le dos à beaucoup de ses engagements sans combattre, sans même essayer et a même reconnu, récemment, avoir mené des réformes qui n’étaient pas de gauche.

 

F. Hollande s’est aligné, tout simplement, sur les politiques néo libérales des néoconservateurs.

 

De plus, il n’y a aucune vision sur l’avenir de notre pays, le président étant, déjà, préoccupé par sa réélection.

L’ombre du FN, empêtré dans ses affaires judiciaires et familiales, plane sur l’action gouvernementale ainsi que sur les leaders de l'opposition.

 

La sanction ne s’est pas fait attendre : lors des trois dernières échéances électorales, la majorité a subi trois cuisantes défaites et risque, fortement, d’en subir une quatrième en décembre prochain. Le président atteint un taux record d’impopularité.

 

Mais le plus grave, c’est que François Hollande, chantre de la république exemplaire, est aussi responsable, que N. Sarkozy ainsi que d’autres qu’ils oient du centre, écologistes, etc. plus occupés de leurs éventuelles réélections que de ce qui est bon pour la France, de la décrédibilsation de la parole politique.

 

Nos concitoyens ne croient plus aux promesses ou engagements car ils savent, pertinemment, qu’ils ne seront guère respectés et encore moins tenus.

 

Aussi, ne faut-il guère s’étonner de la montée du vote en faveur du FN et de l’abstention lors des dernières élections.

 

Mais le pire est, peut-être à venir : l’élection de Marine Le Pen à la tête de l’Etat en 2017.

 

IL est devenu urgent de l’empêcher et c’est à nous, citoyens, quel que soit nos parcours, d’essayer de la faire.

 

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