Le coût du travail : Commençons par nos gouvernants et nos élus

Depuis plusieurs années, les dirigeants de grandes entreprises réclament l’abaissement du coût du travail (salaires et charges). Ils oublient, volontairement, de préciser que ces salaires et ces charges sociales sont déduites des bénéfices de leurs entreprises et, qu’ainsi, cela leurs permet de payer moins d’impôts.

 

Comme ils ne sont pas idiots et qu’ils ne veulent pas payer d’impôts, ils demandent aussi une réduction d’impôts et créent des filiales domiciliées à l’étranger dans le seul but d’échapper à cet impôt.

 

Ces dirigeants d’entreprises ont été rejoints, dans leur raisonnement, par des leaders politiques de droite et du centre droit qui sont devenus, de fait, leurs portes parole.

 

Depuis peu, des leaders politiques se réclamant de gauche les ont rejoints et, comme ils sont les derniers venus, s’égosillent plus forts que leurs prédécesseurs.

 

Tous ces hommes et ces femmes oublient une chose : c’est qu’une entreprise a besoin de salariés et que, sans main d’œuvre qualifiée ou non, il n’existe pas de bénéfices.

 

Je propose que nous raisonnions comme eux. En effet, nous pourrions considérer, avec juste raison, que l’Etat est une entreprise dont les citoyens français sont les actionnaires au moyen de l’impôt qu’ils versent chaque année.

 

Nous pourrions, ainsi, considérer que le président de la République est le PDG de cette entreprise nommé ou élu pour la diriger pendant 5 ans. Les ministres pourraient considérés comme des directeurs de service.

 

Les sénateurs et députés seraient en quelque sorte des délégués nommés par les actionnaires pour approuver ou non la politique décidée par le PDG et ses directeurs de service.

 

Les conseillers régionaux et départementaux ainsi que les maires et conseillers municipaux pourraient être considérés comme des représentants régionaux, départementaux et communaux de l’entreprise et nommé, eux aussi, par les actionnaires.

 

Maintenant, nous, les citoyens français, en tant qu’actionnaires de l’entreprise Etat, sommes en droit d’appliquer, à l’égard de nos employés (président, ministres, sénateurs, députés, conseillers régionaux, etc.), les mêmes lois que celles votées dernièrement afin de réduire le coût du travail de notre entreprise et de payer moins d’impôts.

 

Que pensez-vous de ce raisonnement et de ce qui en découle ? Que croyez-vous que nos dirigeants, députés, sénateurs et les autres en penseraient ?

 

Je vous laisse l’imaginer.

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