Pourquoi faut-il s’opposer à E. Macron

Beaucoup de journalistes politiques, de partisans et sympathisant d’E. Macron s’extasient sur l’habilité du nouveau président, sur sa modernité, sa jeunesse, sa faculté de recomposer le paysage politique et autres compliments.

Il faut reconnaître qu’E. Macron est intelligent, qu’il a mené une belle campagne aidé en cela par les déboires de F. Fillon, la trahison de leaders, militants et sympathisants qui, mauvais perdants, n’ont pas hésité, un seul instant à renier, leurs engagements écrits à soutenir B. Hamon, vainqueur de la primaire de la « BAP ». E. Macron a vu sa tâche facilitée par la méconnaissance des dossiers de M. Le Pen et la crainte, non fondée, de l’accession au pouvoir de la candidate FN qui a servi de repoussoir.

Il est primordial de rappeler, au nouveau président et à ses soutiens que les 66% des voix, qu’il a obtenues, ne correspondent pas à un vote d’adhésion et que beaucoup d’électeurs ont voté contre M. Le Pen.

Comme J. Chirac en son temps, le nouvel élu n’a tenu aucun compte de ce fait essentiel et agit comme si il avait obtenu une adhésion à son programme néolibéral. La composition du nouveau gouvernement en est la preuve (Bercy donné aux tenants de la droite). La récente nomination des directeurs de cabinets le démontre également.

La vérité crue, comme l’ont démontré plusieurs journalistes politiques, est qu’E. Macron, sous des apparences de modernité, de renouveau politique, est le digne représentant des tenants du néolibéralisme, de celles et ceux qui ont, en majorité, financé sa campagne électorale, de celles et ceux qui ne veulent aucun changement, de celles et ceux qui veulent continuer à profiter sans rendre de comptes, de celles et ceux qui ne veulent, en aucun cas, participer à l’effort commun. 

Le nouveau président, en prétendant choisir les journalistes qui l’accompagneront, essaie de s’affranchir de la liberté de la presse et, de ce fait, maitriser sa communication qui ne laisse peu de place à des contradicteurs ou esprits critiques.

Comme je l’ai écris, le néolibéralisme est aussi dangereux que l’extrémisme car celles et ceux, qui en sont les grands prêtres, ont beaucoup de mal à accepter la contradiction et l’opposition et n’ont qu’une phrase à la bouche : « Il n’y a pas d’autre alternative. » et sont partisans de la pensée unique. 

Les prochaines élections législatives offrent, peut-être, la seule opportunité de contester et de s’opposer au programme du nouveau locataire de l’Elysée. Il n’ya qu’un seul et unique moyen : celui de ne pas accorder une majorité qu’elle soit absolue ou relative à E. Macron et son gouvernement.

En agissant ainsi par le biais du vote, nous forcerons le nouveau président à négocier avec les députés et sénateurs, à ne pouvoir utiliser les ordonnances pour légiférer ou démanteler le code du travail, à ne pouvoir utiliser l’article 49.3 ce qui revient, avec ces deux procédures législatives, à affaiblir le parlement et la démocratie, à ne pas tenir compte du vote des électeurs qui élisent des députés pour qu’ils votent selon leurs conscience.

Mais, le nouveau président a déjà affirmer qu’il ne voulait pas de « frondeurs » dans sa majorité et il y a un grand risque que les députés de sa mouvance et d’autres, souhaitant appartenir à la majorité présidentielle, acceptent, sans protester, d’abandonner au gouvernement le soin de modifier en profondeur un texte aussi important que le code du travail. Si cela, comme c’est fort probable, arrive, ces députés seront aussi coupables que le président et le gouvernement de l’affaiblissement du parlement.

S’opposer à E. Macron ne veut pas dire refuser l’Europe, refuser la mondialisation, refuser les « réformes ». S’opposer à E. Macron veut dire qu’il existe une alternative à l’austérité, qu’il existe une autre façon de construire une Europe plus juste pour tous les européens, que la mondialisation doit profiter au plus grand nombre.

S’opposer à E. Macron signifie qu’il faut agir plus vigoureusement en faveur de l’environnement, source de nombreux emplois, qu’il faut réduire les inégalités sociales, la pauvreté et la précarité, qu’il faut, non réduire le nombre de fonctionnaires, mais, au contraire, en embaucher là ou il en faut (hôpitaux, services sociaux et autres services publics ou les agents sont en nombre insuffisant), qu’il faut sauvegarder la sécurité sociale, refuser la diminution des dotations aux collectivités sociales.

 

Enfin, s’opposer à E. Macron signifie renforcer la solidarité entre les citoyens, les villages, les villes, les département et les régions.

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