François Rebsamen ou le déni de vérité

Dans une interview de France Info, ce jour,  François Rebsamen, ministre du travail ou devrais-je dire du chômage, en réponse à cette question : « François Rebsamen, vous avez fait preuve de… Allez on va dire de créativité… Pour nous faire avaler la pilule du chômage : vous avez vu un signe « encourageant » dans le record du mois de mars (la barre des 3,5 millions de chômeurs franchie). Pourquoi ne pas dire tout simplement : « C’est pas bon », « Ca ne va pas » ? » a rétorqué :

« « On peut toujours se complaire dans une sorte de défaitisme, de déclinisme, de pessimisme… Et faire ainsi – c’est le cas de ceux qui le font, souvent – le lit de l’extrême droite. »

 

Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu. Le ministre du travail, pour commenter la hausse du chômage du mois de mars 2015, a bien prononcé cette phrase.

 

Ainsi dire que le gouvernement a échoué à faire diminuer le chômage malgré les emplois aidés, c’est faire le lit du FN.

 

Dire que le gouvernement n’arrête pas depuis 3 ans de faire des cadeaux au MEDEF sans contre parties, c’est faire le lit du FN.

 

Dire que le gouvernement diminue les dotations aux collectivités locales obligeant celles-ci soit à augmenter les impôts locaux, soit à diminuer leurs subventions aux associations obligeant ces dernières à licencier ou à lettre la cléf sous la porte, c’est faire le lit du FN.

 

Protester contre la loi du renseignement largement critiquée  par plusieurs associations, c’est, aussi, faire le lit du FN.

 

Et bientôt, on nous dira que critiquer la politique économique et sociale de droite du gouvernement, c’est faire le lit du FN.

 

Le grand historien américain, William Manchester, dans sa brillante biographie sur le Général Douglas Mac Arthur avait écrit ceci : « Il y a deux catégories d’hommes qui ne savent reconnaître leurs échecs : les politiciens et les militaires.»

 

François Rebsamen, ministre de la république, appartient bien à cette catégorie d’hommes. Et il n’est pas le suel.  Ces femmes et hommes politiques qui n'ont pas le courage d'avouer : "Oui, cela est vrai, nous avons échoué, notre politique a échoué. Nous avons commis des erreurs." Car pour eux, cela serait perdre la face et, ainsi, ils vont continuer la même politique sans se soucier des dégats qu'elle va occasionner à leurs concitoyens : chômage, précarité, pauvreté, insécurité, etc.

 

Et le plus navrant, c’est que ni le Président de la République, ni le Premier ministre n’ont recadré ce ministre et que des députés, des responsables politiques et des simples militants vont défendre cet homme.

 

Il ne faudra pas s’étonner que l’abstention batte de nouveaux records en décembre 2015 et en 2017.

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.