François Hollande : « Un nihiliste pur et dur »

Pépito, vétéran de la gauche radicale, a connu François Hollande dans les années 70.  Il nous révèle le plan secret du Président français inspiré par Serge Netchaïev. 

Comment avez-vous rencontré François Hollande ?
Pépito :
Par des camarades au milieu des années 70. J’étais proche des NAPAP, les Noyaux armés pour l'autonomie populaire. Quand je l’ai rencontré, François côtoyait les camarades du GARI, les Groupes d'action révolutionnaire internationalistes. C’était quelques années avant la formation d’Action Directe.

Quel rôle avait-il dans cette mouvance ?
Il était extrêmement secret et il faisait un peu peur. Des rumeurs couraient sur lui. On disait qu’il était capable de tuer à mains nues, qu’il avait suivi une formation militaire à Cuba. En tout cas, il avait des connaissances pratiques : je l’ai vu fabriquer sous mes yeux avec du matériel de récup’, un vieux réveil et des produits chimiques achetés en grande surface, une bombe artisanale qui s’est avérée très efficace.

Une bombe qui a tué ?
Je ne répondrai pas à cette question.

Quelles étaient ses idées politiques à l’époque ?
Encore une fois, c’est difficile à dire car il parlait peu. Mais il avait toujours sur lui une édition russe du « Catéchisme révolutionnaire » de Serge Netchaïev. Je pense que, fondamentalement, c’est un nihiliste pur et dur.

Il lit donc le russe ?
Il le lit, il le parle et il l’écrit : toutes les pages étaient annotées de sa main en caractères cyrilliques.

On est très loin du François Hollande inculte et indécis tel qu’il est présenté par les médias…
Il faut bien comprendre que le François Hollande que vous connaissez est un personnage de théâtre qu’il a créé de toute pièce. Bakounine disait de Netchaïev : « Il est arrivé peu à peu à se convaincre que pour fonder une société sérieuse et indestructible, il faut prendre pour base la politique de Machiavel et adopter pleinement le système jésuite — pour corps la seule violence, pour âme le mensonge. » Cette phrase résume parfaitement François Hollande.

Mais comment l’homme que vous décrivez a-t-il pu devenir Président de la République ?
Il avait compris que le terrorisme à la petite semaine était voué à l’échec. Il voyait plus loin. Il nous a dit : « Pour être efficace, le terrorisme doit être mené depuis le sommet de l’Etat. Je serai Président » On a tous rigolé mais en fait il était sérieux. Comme toujours…

Vous qui connaissez le vrai François Hollande, quel est son but ?
Détruire la gauche de gouvernement. Pour François, c’est le seul obstacle à la révolution, la béquille du capitalisme. Tu tapes dedans, le capitalisme s’effondre.
J’avoue que je suis assez admiratif: filer 50 milliards au patrons, bloquer les retraites et les minimas sociaux, insulter les cheminots, spolier les intermittents, nommer une banquière de Wall Street à l’Elysée et Jaques Toubon comme défenseur des Droits ! Honnêtement, je ne pensais pas qu’il irait aussi loin…

Qu’est-ce qui vous a décidé à parler aujourd’hui ?
Sa réussite. A l’époque, on était un peu romantiques, un peu exaltés : on n’avait pas la maturité politique nécessaire pour comprendre les projets à long terme de François. Aujourd’hui, son succès est éclatant : il n’y a plus de retour en arrière possible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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