L'histoire Africaine méprisée dans nos manuels scolaires

Petite critique sur les nouveaux programmes scolaire faite par l'un de mes camarades et moi même. Nous traitons de l'histoire africaine dans nos manuels scolaires.

Au vu du nouveau programme adopté pour l’année scolaire 2016/2017, nous avons pu constater que le thème sur le continent africain intitulé «Regards sur l’Afrique» à été supprimé. 

Sur l’ensemble du programme scolaire, s’étendant de la sixième à la terminale, l’Afrique noire est traitée d’une part en 5ème puis le néant s’installe hormis pour l’esclavage! De plus, sur deux cents quatres vings neuf pages de manuel, l’Afrique n'en représente qu’une dizaine. Le temps passé à l’étude de ce continent si riche et en lien avec l’histoire de la France était déjà très négligé mais sa suppression nous paraît réellement scandaleuse. A travers cette critique, notre objectif pas remettre en cause le système scolaire concernant l’histoire mais nous donnons notre point de vue en tant que jeunes étudiants issus de milieux culturels diversifié. En effet, nous constatons que la population d’origine subsaharienne française mérite d’étudier certaines bases concernant la « formation de leur continent ». 

Cette étude de l’Afrique avait été introduite il y a de cela six ans et son ajout avait dès le départ provoqué un scandale car pour certains l’histoire de la France et des Français doit être ethno-centrée sur elle-même : elle nous semble nombriliste. Aujourd’hui, plus que jamais, avec la mondialisation mise en place au sein de nos sociétés, il apparaît plus qu’essentiel qu’en dehors de notre « propre histoire », s’ouvrir aux autres à travers des apports historiques est pour nous l’un des objectifs de cette matière. 

Comme énoncé, les liens entre la France et l’Afrique existent depuis plusieurs siècles hors comment est-il possible de supprimer l’histoire de ces peuples de nos manuels ? 

Depuis la traite négrière jusqu’à aujourd’hui, à travers les multiples interventions militaires en Afrique (Mali, Centrafrique, Lybie et tant d’autres), la France est le pays au monde le plus intimement lié à ce continent comme l’atteste le nom de l’une des principales monnaies africaines : le Franc CFA. 

L’enseignement de cette « histoire africaine » permet également de cultiver d’une part l’intégralité des élèves et de développer un sens critique quant aux sujets encore « tabous » comme l’esclavage ou la colonisation. L’ensemble des élèves et non pas seulement les plus « basanés » méritent de connaître les aspects les plus brillants de leur civilisation ancestrale afin de promulguer une ouverture d’esprit qui se formalise dès le bac à sable, parfois à travers des « blagues racistes ». 

Pour conclure, nous regrettons l’absence de réactions publiques des enseignants mais aussi le traitement inexistant de la question de la part des médias qui adorent généralement les sujets sulfureux créant des polémiques (cf. le rappeur d’origine africaine comme son nom l’indique, Black M qui face à la pression médiatique a dû annulé sa participation aux commémorations de Verdun). Les différents partis politiques faisant de l’éducation l’une de leur « principales priorités » n’ont pas non plus réagis. 

 

Comme nous l’avons dit, nous ne prétendons pas prendre la défense de la communauté noire africaine à travers cette critique mais nous nous questionnons sur le rôle de l’histoire à l’école car l’école aujourd’hui reflète la réalité de notre société qui est métissée. Ainsi, les objectifs en terme d’enseignement historique ne sont plus les mêmes qu’il y a cinquante ans car le roman national n’y a plus sa place.

Inès et Christophe, etudiants en histoire. 

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