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Billet de blog 5 juin 2017

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COM COM RICO

Comme je l’avais pressenti, il ne vous aura pas échappé qu’une déferlante de propagande adulatoire balaie en continue sans ressac tous les médias dont 90% sont inféodés aux 9 milliardaires garants de la « bonne » compréhension du système libéral par ces chers électeurs qu’on somme de donner à Macron une majorité législative absolue comme l’est le pouvoir du monarque présidentiel.

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Comme je l’avais pressenti, il ne vous aura pas échappé qu’une déferlante de propagande adulatoire balaie en continue sans ressac tous les médias dont 90% sont inféodés aux 9 milliardaires garants de la « bonne » compréhension du système libéral par ces chers électeurs qu’on somme de donner à Macron une majorité législative absolue comme l’est le pouvoir du monarque présidentiel. L’affaire Ferrand est traitée avec bienveillance autour de moultes explications visant à en atténuer la dichotomie pourtant flagrante avec les engagements pris pendant la présidentielle résumés par la formule macronienne « nouveaux visages, nouveaux usages ». Nous avons devant nous une belle démonstration de l’asservissement médiatique au pouvoir afin d’éviter à LREM, par un tel traitement, un sort à la « Fillon » lors de ces élections législatives. Ne pas oublier également le cas de Marielle de Sarnez empêtrée dans ses histoires d’attachés parlementaires ni tous ces candidats LREM issus de la société civile dont on voit peu à peu sur les réseaux sociaux remonter des incartades inacceptables. Enfin il apparait que parmi ces candidats aux législatives ainsi que d’ores et déjà au sein du gouvernement, nombreux sont des lobbyistes dans des domaines importants voire stratégiques et/ou issus de milieux d’affaires et que forcément des retours de boomerang sont attendus.

Mais je dirai qu’au-delà de ces pratiques du vieux monde qui sont donc maintenues malgré la loi de « confiance » en préparation dont certains points annoncés sont positifs (il faudra attendre le détail et le texte définitif pour voir s’il va assez loin et pour évaluer les éventuels contournements possibles laissés aux renards à l’affût), l’essentiel de cette propagande médiatique s’est emparé d’un tout autre sujet dont la grande importance permet justement de faire oublier les comportements douteux d’un certain nombre de représentants du nouveau pouvoir. Il concerne le retrait des USA de l’accord de Paris sur la COP 21 et ses conséquences dramatiques pour la planète sur le fond du dossier et jubilatoires pour la campagne de communication présidentielle de Macron relayée par les valets médiatiques qui vont souvent au-delà des désirs du maître. C’est pour cela que je distingue bien les deux types de conséquences liés à ce retrait américain dont tout le monde savait qu’il avait de fortes probabilités d’être effectif.

 L’accord de Paris était une étape importante dans la lutte contre le désastre climatique et était en cela tout à fait positif mais il a bien fallu se rendre rapidement compte, à la lecture des engagements revenus et paraphés des 196 pays, que la limite à 2° d’augmentation de la température serait dépassé pour atteindre entre 3° et 3,5°, ce qui est tout juste catastrophique. Le retrait américain impacte ainsi encore plus cette perspective négative puisque, en plus des conséquences des pratiques destructrices qu’il va générer de la part des USA,  il va entre-autres priver  les pays les plus pauvres des ressources qui leur auraient permis d’atteindre leurs objectifs. Il est donc normal et tout à fait justifié que sur le fond d’un tel dossier les réactions hostiles au retrait américain soient fortes et générales.

Mais mon propos ici veut surtout cibler l’utilisation communicationnelle et donc politicienne que fait de cette mauvaise nouvelle le président Macron avec les dérives des éditocrates et autres médiacrates. Nous sommes à la veille des élections législatives, alors pourquoi s’en priver. Reprenons le film.

 Cette communication a débuté au G7 du 27 mai 2017 où les images d’abord et les commentaires ensuite ont consacré Macron en héros de la défense de l’environnement, assez hallucinant quand on se souvient que ce thème a été totalement absent de sa campagne électorale, il fallait le rappeler. La fameuse poignée de mains ferme de Macron qui retient celle de Trump avec autorité et la  phrase dont la suite a montré qu’elle était aventureuse avaient pour but de marquer aux yeux du monde mais surtout des français une prééminence sur l’américain dans le dossier climatique. Macron avait dit « J’ai noté la capacité d’écoute de M Trump et sa volonté de progresser avec nous sur le sujet climatique ». Une bourrasque médiatique avait alors soufflé sur nos esprits afin de les rendre idolâtres de la stature internationale de notre si jeune président ayant quasiment réussi à dompter le bison d’Amérique.

On connait la suite.

De retour dans ses pâturages huileux le bison nord-américain nous réserva sa charge mortelle dont notre pourtant jeune et international président n’avait pas « noté la capacité ». Un black-out complet des médias français a alors été observé sur la phrase aventureuse du président. Une journaliste de LCI s’est risquée à poser la question, se demandant si elle n’allait pas trop loin, avec mille précautions oratoires, clause de style sur laquelle on s’appuie quand on sait qu’on va dire quelque chose qu’il ne faut pas, en interrogeant si ces propos de Macron n’allaient pas lui revenir en boomerang. La réponse de l’éditocrate invité, M Croissandeau de L’Obs, fut sans appel « Oui vous allez trop loin ». Pas étonnant de la part d’un des fervents soutiens de ce système politico-médiatique. Il ne fallait pas que la séquence suivante de la communication présidentielle soit polluée par une petite phrase ... c’était donc bien de la com.

Après l’annonce du retrait américain de l’accord de Paris, il était évident qu’il fallait réagir politiquement sur le fond malgré toutes les réserves que j’ai émises sur l’accord de Paris. Macron l’a fait et il devait le faire malgré là aussi toutes les réserves que j’émets quant à sa sincérité eu égard à sa négligence totale de l’écologie pendant sa campagne électorale présidentielle. Et c’est pour cela qu’il faut être vigilant et réaliste : il est évident que la mise en forme de cette ferme réaction est une véritable mise en scène communicationnelle. Au-delà de la solennité nécessaire sur le perron de l’Elysée, l’heure choisie et la partie exprimée en anglais ne sont pas un hasard. Cela lui a permis d’être le premier chef d’Etat européen à réagir pour montrer son autonomie vis-à-vis de l’Allemagne notamment (symbolique hypocrite car il a eu sans doute l’accord de Merkel au cours de la conversation téléphonique qu’ils ont eu juste avant, mais sur laquelle les médias ont été peu loquaces). Cela lui a surtout permis d’être relayé dans la langue de Shakespeare à Washington où il était 17h00 et sur une grande partie du territoire américain à un horaire favorable, ce qui somme toute est tactiquement bien joué. Le souci c’est que bien évidemment tout cela se joue en pleine campagne électorale française pour les législatives. Encore que si les médias étaient équilibrés voire objectifs dans leur façon de rendre compte de tout cela ce serait un moindre mal, le débat contradictoire à la fois sur le fond et la forme aurait permis de mieux éclairer les enjeux. Or ce n’est pas le cas : une véritable adulation, quasiment une pratique du culte de la personnalité, a envahi les écrans de TV et les principaux magazines, journaux et hebdomadaires. A écouter les larbins, Macron serait devenu en 24 heures le plus grand homme d’Etat que la France, voire le monde, ait jamais connu, pire, quelques idiots ont même repris, en la lui attribuant, la fonction de leader du « monde libre », rien que ça ! ! Tout d’un coup la France remplacerait les USA ! !  (très stupide d’ailleurs car en quoi, messieurs les journalistes hautement cultivés, un pays comme la Chine, qui reste signataire de l’accord de Paris, fait partie du monde libre si tant est que cette expression ait eu un jour un sens dans la mesure où les USA qui s’en étaient décrétés le leader, ont mis en place et soutenues lors des décennies précédentes, d’innombrables dictatures fascistes). On voit bien ici qu’au-delà de l’ambition présidentielle et de ses positionnements en partie hypocrites, ce sont bien les médias qui mettent en laisse neuronale nos concitoyens.

Revenons au fond du dossier. Si finalement Macron veut devenir sincère dans son positionnement anti Trump et donc diluer ce trop fort aspect communicationnel, il a la possibilité de le prouver au plan des échanges avec les USA qui de fait vont exporter des produits qui seront marqués par un excès de carbone suite à la relance des énergies carbonées et fossiles. Car seuls les actes comptent, la communication est accessoire. Des mesures fortes permettraient, au moins sur ce dossier, de transformer les critiques et les doutes en soutien. Afin d’être crédible, Macron doit maintenant d’urgence, annoncer :

1-le refus de la France de signer le TAFTA, accord de libre-échange entre l’Europe et les USA

2-le refus de signer le CETA, accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada qui est la porte d’entrée des entreprises américaines pour l’Europe

3-une taxation carbone élevée de tous les produits américains dont la fabrication est directement ou indirectement liée à toute activité carbonée ou fossile.

Ne pas s’engager dans ces trois actions démontrerait de facto la supercherie communicationnelle actuelle. Et je pense hélas que c’est ce vers quoi nous allons nous diriger car les mêmes médiacrates cultivés vont nous expliquer que dans la mesure où d’importantes entreprises américaines, des Etats américains, des villes américaines sont opposés au choix de Trump, où un milliardaire américain s’engage à faire un don exceptionnel pour réduire le manque à gagner que constitue le retrait de ce pays de la COP 21, il n’est pas convenable (oh le terme choisi !) de prendre de telles mesures et qu’on va pouvoir s’arranger. Et une fois de plus notre avenir et celui de la planète seront roulés dans la farine médiatique au service du pouvoir.

De toutes façon et au risque de me répéter, le fonctionnement du capitalisme financiarisé, l’ultralibéralisme, sont antinomiques d’une vision de sauvegarde de la planète et de l’écosystème. La mécanique du profit et de l’accumulation sans fin du capital ne peuvent en aucun cas être le cadre d’une économie durable car raisonnée, car cette logique est exclusivement financière et n’a rien à faire de la protection et de la défense de l’intérêt général humain.

Il me semblait nécessaire de faire un point sur ce thème car il est d’importance mais tout aussi fondamental qu’il soit il ne doit pas mettre sous le boisseau un dossier que tout ce tintamarre médiatique tente de minimiser. C’est celui de la remise en cause des acquis sociaux et du Code du travail. Si je l’évoque ici c’est qu’il n’est pas très éloigné du sujet principalement traité ici. La destruction systématique de la nature par la logique du système libéral s’accompagne de la destruction des conditions de vie et donc de la dignité de l’être humain qui n’est considéré que comme un rouage taillable et corvéable à merci pour dynamiser toujours plus l’accumulation des richesses pour les plus riches.

Mais Macron doit se méfier car rien n’est écrit à l’avance et devrait méditer ceci : si le chant du coq sur ses orgueilleux ergots est traditionnellement associé à un chant de victoire, aveuglé par le soleil le volatile s’empêtre souvent dans le fumier. Enfin dans la m…..

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