Mouvements sociaux et question de la race : angles morts de l’extrême-gauche blanche

Prise de parole prévue à l'université de Tolbiac le 20 avril 2018. La conférence s'était finalement, après évacuation du bâtiment par les forces de l'ordre, tenue à Nanterre le 23.

Bonjour à tous.

Juste quelques mots pour revenir rapidement sur la séquence qui nous a concernés la veille de l’évacuation de Tolbiac vendredi 20 avril.

Yannis ici présent tweete l’événement prévu ce jour là l’avant-veille et la fachosphère que je qualifierais de « soft » en fait tout un plat : de Laurent Bouvet à Raphaël Enthoven puis la LICRA, paroxysme, en fin de journée qui met dans la boucle des organes de lutte contre l’homophobie, la DILCRAH, etc.

Tout cela n’est pas bien grave en ce qui nous concerne, cela nous a plutôt fait rire.

Plus significatif de ce à propos de quoi nous voulions intervenir : des antifas, autonomes, extrêmes de l’extrême-gauche relaient les mêmes accusations a priori nous concernant sans même prendre le temps de chercher à nous connaitre, nous accusant d’emblée sur les réseaux sociaux de « diviser la lutte », de « parasiter le soutien aux cheminots », etc.  Quel rapport ? Allions nous le faire ? Ne devait-on pas essayer de converger plutôt ?

Alors, et là vous êtes concernés dans les universités : qu’est-ce qui fait scandale et trembler à ce point, jusqu’aux instances gouvernementales? Posez-vous la question.

Premièrement : que nos propos antiracistes radicaux, c’est-à-dire sans compromis, et surtout politiques décoloniaux pénètrent vos chères têtes blondes ? Qu’ils risquent de provoquer un éveil de conscience et de redoubler la contestation actuelle ? Lisez le dossier « Champs Libres » tout juste paru dans Le Figaro ce week-end, il est exemplaire.

Y figure un texte d’un dénommé Mathieu Bock-Coté, sociologue et chroniqueur québécois qui écrit dans Valeurs Actuelles, Marianne ou encore Causeur.  Il a très bien saisi d’un point de vue réactionnaire et conservateur, l’enjeu actuel. Son article s’intitule: « Cet inquiétant nouveau radicalisme qui contamine l’université occidentale. »

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00213-cet-inquietant-nouveau-radicalisme-qui-contamine-l-universite-occidentale.php

Extrait : « Certains n’y verront (dans le lexique qui vient globalement des études de genres et des études postcoloniales) qu’un agaçant folklore empestant le gauchisme mal vieilli des années 70 mais qui n’aurait aucune chance de sortir des facultés où on s’y complait. Pour cela, ils se contenteront d’en rire. Mais c’est faire preuve d’une terrible naïveté. Ce radicalisme a une vraie puissance de contamination et annonce une mutation idéologique qui pourrait contribuer, d’une manière ou d’une autre, à renforcer l’hégémonie du politiquement correct sur la vie publique française. »

Plus loin: « Dès lors, on s’empare de l’université à la manière d’un territoire libéré, autogéré, fonctionnant désormais selon les codes d’une société radicalement nouvelle, s’arrachant au vieux monde et se projetant dans l’univers d’une révolution permanente, avec des revendications qui n’ont plus grand chose à voir avec la réforme des universités. On ne rejette plus une politique, mais une civilisation. »

Et enfin: « Ce mouvement n’est pas en voie de s’arrêter. La sensibilité diversitaire continuera de progresser dans les médias en s’imposant un mot à la fois dans l’espace public, jusqu’au jour où ce lexique sera repris comme un vocabulaire ordinaire par ceux qui ne l’auront pas pris au sérieux. (…)

Au delà du folklore gauchiste, les critiques du mouvement étudiant devraient se demander s’il n’annonce pas le radicalisme de demain, et pour cela, s’ils ne doivent pas le combattre dès maintenant. »

On voit bien ce qui est en jeu ici : que de nouvelles idées venant mettre à mal le conservatisme, l’état actuel de la société, fassent leur chemin, et ce dans les lieux de savoir.

Deuxième aspect de la crainte que nous suscitons: que la majorité blanche de cette contestation et ses leaders se voie désappropriée de ses objectifs ? Du monopole de l’insurrection ? De la défense en mode « touche pas à mon pote » des pauvres minorités opprimées ?

Laissons la question en suspens… Nous allons tenter d’y répondre.

 

Thomas Guénolé "toujours clair et courageux" selon Gilles Clavreul. Capture d'écran Twitter. Thomas Guénolé "toujours clair et courageux" selon Gilles Clavreul. Capture d'écran Twitter.

« Déborder » vers où, et avec qui ?

Je suis content de prendre la parole ici, l’occupation des facs, malgré les récentes évacuations, apparaît désormais comme carrefour et point de rencontre des mobilisations, on le sent, on le voit, et c’est craint par le pouvoir. C’est par le « débordement » des effectifs, pour reprendre un mot à la mode, que nous pourrons dépasser ceux des forces répressives, c’est indéniable… C’est donc le moment d’appeler à la connexion des causes, afin de rameuter le plus de monde possible, à la fameuse « convergence des luttes » si désirée, si scandée, qui n’a malheureusement pas eu lieu en 2016, ni place de la République, ni dans les manifestations, et qui a vu à la fois passer la Loi Travail, et Macron élu notamment à cause de la menace fasciste. Il y a certes eu une convergence dans la société du travail, pas dans les autres couches, mise à part quelques-unes, sporadiques.

Il est plus que temps d’inclure absolument dans les paradigmes de pensée antifasciste – je prends souvent l’image d’un système d’exploitation à mettre à jour – ici présente en majorité je suppose, les mots d’ordre des luttes de l’antiracisme politique et non plus moral ou moraliste.

Pourquoi?

Parce que ce que l’Histoire peut nous donner comme leçon, c’est que les luttes antiracistes, anticolonialistes et anti-impérialistes révolutionnaires des guerres d’indépendance pas si lointaines – la guerre d’indépendance algérienne a quand-même réussi à provoquer une chute de République, la 4e, le Vietnam a motivé les rassemblements autour de Mai 68 que l’establishment s’apprête à commémorer – , plus proches de nous les révoltes des banlieues de 2005 – qui déclenchent à l’époque un état d’urgence et une sidération mondiale autour de la France – ,  sont les seules qui sont parvenues à ébranler véritablement le socle idéologique du pouvoir essentiellement blanc jusqu’à maintenant. Oui, les révoltes de 2005, si l’on considère qu’elles se sont situées dans un contexte de néo-colonisation au sein du territoire français, les populations y vivant ce que Sadri Khiari du Parti des Indigènes de la République  décrit comme une « contre révolution coloniale » toujours active, qui en a tous les symptômes. Les révoltes en banlieues et quartiers populaires, ne sont ni plus ni moins que les révoltes de populations qui subissent un traitement étatique post-colonial de contrôle éhonté avec le mépris et l’indifférence qui l’accompagnent. Pour peu que ces populations osent revendiquer quelque-chose, l’anathème s’abat impitoyablement sur elles.

La séquence des attentats terroristes de 2015 a déclenché elle aussi une fissure du socle national républicain entre ex-charlie / non-charlie et donné naissance au Printemps Républicain par exemple, vivier de racistes de gauche, en plus d’une stigmatisation incessante des populations des banlieues et des quartiers populaires, notamment à travers des perquisitions administratives arbitraires, dont même certains flics ont dénoncé l’inutilité lors de leur dernier exceptionnel mouvement de grève.

Je ne parle même pas de la propagande islamophobe continuelle partout et constante – pas plus tard que dimanche 21 avril, Le Parisien relaie des extraits d’un « Manifeste contre le nouvel antisémitisme », un texte abject rédigé par Philippe Val (ancien directeur de Charlie Hebdo) lavant la France de son passé foncièrement antisémite et criminel envers les juifs, et faisant endosser aux musulmans la forme actuelle de la haine anti-juifs, en condamnant surtout l’islam des cités, une vague réminiscence du décret Crémieux (qui attribue d’office en 1870 la citoyenneté française aux juifs d’Algérie, contrairement aux musulmans indigènes).

Les luttes contre le néocolonialisme toujours présent en France, contre les religions et les mythes d’État, qui font croire qu’il n’y a pas de problèmes d’inégalité de traitement citoyen et que nous sommes tous égaux sous la cocarde de la blanche et bienveillante Marianne, sont les seules capables de remettre en cause le suprémacisme blanc nord-occidental, qu’il faut absolument combattre avant qu’il ne soit trop tard vu ses effets déjà dévastateurs.

Qu’est-ce qui peut nous amener à de telles conclusions?

Et bien avoir une grille de lecture de ce qui se joue politiquement en France non pas seulement en termes de classes et de lutte de classes colorblind, c’est à dire aveugle aux questions de race, donc non pas seulement selon un paradigme anticapitaliste et antilibéral, mais également antiraciste, décolonial, en analysant ce qui se joue en terme de dominations raciales et de conflits raciaux – on parle ici des races en tant que concepts et catégories socio-culturels. Si l’on décide d’analyser la situation en France et même dans le monde sous le prisme de l’anticapitalisme, alors oui le concept à utiliser est celui de classe. Si l’on envisage le décryptage selon une logique décoloniale anti-impérialiste, alors on doit utiliser celui de race.

En tant que blanc, je me suis rendu compte du caractère archi limité de l’analyse anticapitaliste blanche majoritaire dans le champ politique de l’extrême-gauche, et il m’a semblé absolument nécessaire d’adopter un point de vue antiraciste et décolonial pour sortir des impasses et de l’inefficacité, et d’inclure les minorités au potentiel révolutionnaire exclues du champ politique blanc. Et en ce qui me concerne de travailler pour et avec les militants de l’antiracisme politique comme le Parti des Indigènes de la République, mais aussi la Brigade Anti-Négrophobie, Urgence Notre Police Assassine, l’Union Juive Française pour la Paix, afin de mettre en avant leur pensée et leur action.

Je voudrais pour illustrer cette position qui est la mienne revenir sur les interventions de François Ruffin et de Frédéric Lordon à la Bourse du Travail de Paris le 4 avril dernier.

J’ai été sidéré.

Non pas surpris, mais comme abasourdi par ce que j’ai entendu, même si je m’y attendais.

Pas fâché contre les étudiants de Tolbiac, les cheminots, les infirmières, les femmes de ménage – non blanches – , les CGTistes de chez Carrefour (qui expliquent parfaitement la situation dans le privé) – quoique je me demande quand-même ce que pensaient et où étaient ces personnes il y a deux ans quand l’appel des forces d’extrême-gauche lundimatines était de « tout bloquer », peut-être pensaient-elles passer entre les gouttes ? – , mais contre Ruffin et Lordon.

Aucun objectif politique précis et aucune stratégie n’a émané de ce qu’ils ont dit, de leur appel à rassembler, à « ratisser large », ce qui est selon moi très grave après l’échec du mouvement social de 2016 et de l’élection présidentielle de 2017. Le « on ne revendique rien » de Lordon sur la place de la République à Nuit Debout, où on se demandait où était la jeunesse des « quartiers », s’est trouvé désormais remplacé par un « peu importe » ou carrément « on s’en fout » du pourquoi on se retrouve. Or, cette espèce de joyeuseté convoquée avec fanfare, joyeuseté qui se veut et se croit à mon avis impertinente, ne l’est cette fois absolument pas, si elle l’a jamais été, et je la trouve même aujourd’hui totalement irresponsable. C’est-à-dire qu’elle incite les gens à une « convergence des luttes » incantatoire, sans buts concrets, sans moyens donnés, sans clé de voûte, et qu’elle envoie les forces en présence au casse-pipe répressif. Lordon, au logiciel toujours aussi exclusivement anticapitaliste, n’a jamais sonné aussi creux, et son propos vide de contenu : il a souhaité que « ça déborde », c’est à la mode le « débordement » ; moi je veux bien, mais vers où ? « On s’en fout » a répliqué Ruffin. Pas moi. Le « Soyons Ingouvernables » de 2016 a échoué, il faut le reconnaître. Parce qu’on ne savait pas précisément où on allait, ni avec qui.

La « Loi travail ET SON MONDE » était l’expression de base et primordiale à Nuit Debout et dans les AG auxquelles j’ai pu assister pendant le mouvement social de 2016. Et il a bien été démontré, notamment par Houria Bouteldja, militante antiraciste politique avant tout, que les angles morts des analyses politico-sociales du mouvement étaient le manque de prise en considération des revendications non-blanches de la jeunesse des banlieues, des quartiers populaires, des régions où le chômage est intense, de « la France d’en dessous de la « France d’en bas » », pour reprendre son expression. Des revendications contre quoi ? contre le fascisme et les pleins pouvoirs policiers et militaires de l’état d’urgence qui visent avant tout les non-blancs, mais pas que (exemple la Cop 21 de 2015), contre la militarisation de la répression dans les banlieues et les quartiers jusque dans les manifs, contre, et il faut absolument élargir le point de vue car le processus est mondialisé, les guerres impérialistes dont on se prend l’effet boomerang en pleine face avec les actes terroristes, contre la situation en Syrie, en Palestine, dans le Rif marocain, contre la gestion honteuse des réfugiés, des sans-papiers, contre l’état des prisons, et à propos de prisons : pour la libération des prisonniers politiques, contre la situation en Outre-Mer… et j’en oublie….

« On n’a pas parlé des quartiers, c’est vrai, on n’a pas parlé de l’abandon des zones rurales, c’est vrai, on n’a pas parlé de Notre Dame des Landes, c’est vrai, des chômeurs, c’est vrai » a avoué Ruffin, répétant tout le long de l’événement qu’il était « fatigué ». Mais « nous sommes députés d’un soir », a-t-il précisé, « le chaudron du pays », il faut « rattacher des wagons derrière en émettant un message clair ». Quel est-il son message à Ruffin, qui doutait encore l’an dernier de l’assassinat d’Adama Traoré ? On ne le saura pas. « Qu’on laisse tomber les querelles d’étiquettes pour être tous ensemble le 5 mai. Surtout au soir qui serait un point de départ. » Mais ensemble sur la base de quoi ? Pour être un point de départ vers où ? Même jusqu’au nom à donner au rendez-vous du 5, sa réponse sera: « On s’en fout … Le message est un pot-au-feu, chacun amène ses carottes, ses pommes de terre, et puis tout ça et on verra bien ce qui marche ». Irresponsable, je le répète.

Ce monde autour du travail en soi et de l’absence de travail a apparemment donc été oublié par nos deux tribuns, obsédés par leur lexique anticapitaliste et antilibéral – il en est de même par ailleurs de Besancenot dans son communiqué filmé pour le NPA publié sur Facebook le lundi 16 avril : or il y a un oubli fâcheux. Le racisme structure la société et permet au capitalisme de prospérer en exploitant la main-d’œuvre bon marché – et on sait qu’elle est très majoritairement non-blanche cette main-d’œuvre ; certes la situation économique et sociale du pays est insupportable, certes elle est à dénoncer et à combattre par des grèves et des blocages généralisés, mais on l’a bien constaté, cette seule grille d’interprétation via la lutte de classes pour le pouvoir d’achat qui valide la société de consommation dans laquelle nous vivons ne provoque pas la « convergence » ou l’intersection des divers intérêts escomptés.

Alors dans les lycées et les universités en ce moment, en agissant pour le retrait de la loi Vidal/ORE, il y a ouverture sur une rencontre entre étudiants blancs et étudiants non-blancs concernant des problématiques liées au racisme structurel, au racisme d’État, dans le monde étudiant et professionnel – également des appels à la mobilisation contre la loi « asile et immigration ».

Exemple à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, ou dans ce communiqué surprenant du 18 avril que vous avez peut-être lu venant d’étudiants de Sciences Po solidaires des lycéens et étudiants pour le retrait de la loi Vidal. Je les cite : « Face à cette vaste entreprise néolibérale et raciste menée sur tous les fronts par Macron, nous considérons comme essentiel de nous mobiliser de manière concrète, en bloquant les lieux de production de richesses et de savoir.  En tant qu’étudiant.e.s à Sciences Po, certaine.s diront que nous n’avons pas notre mot à dire dans le mouvement social étudiant actuel contre la sélection, puisque notre école est par essence sélective : nous estimons que notre école sert de laboratoire aux politiques d’éducation néolibérales et racistes telles que celles orchestrées aujourd’hui par le gouvernement (…) De nombreuses multinationales subventionnent notre école pour que soient vantées dans nos cours leurs pratiques d’exploitation des travailleur.euse.s, d’appropriation des ressources naturelles dans les pays du Sud Global, de violations des droits humains et de destruction de la planète. Cours d’économie néolibérale obligatoire en première année, cours néocoloniaux sur l’entrepreneuriat en Afrique, sur le droit du pétrole en master Énergie, sur la meilleure manière de licencier des salarié.e.s en master Ressources Humaines… Notre école est pleine de ces modules visant à former les hauts fonctionnaires zélés du régime libéral et autoritaire et les délinquants à col blanc qui ne cessent de renforcer leurs positions. Pour ces raisons, nous appelons tou.te.s les étudiant.e.s révolté.e.s par la politique de Macron, de Mion et de leurs allié.e.s à nous rejoindre pour faire de Sciences Po un lieu ouvert à tou.te.s, étudiant.e.s, chômeur.se.s, précaires, salarié.e.s, exilé.e.s, avec ou sans papiers, en vue de briser ce temple de l’enseignement injuste, inégalitaire et élitiste que l’on essaie de nous imposer. »

Il faut absolument faire fructifier cette ouverture. Et en plus des étudiants, il faut absolument compter sur ces français d’en dessous de la « France d’en bas », les chômeurs, les laissés pour comptes, les délinquants, les repris de justice, les marchands de sommeil, la racaille, les lascars, les réfugiés, les travailleurs et travailleuses du sexe, tous les méprisés, toutes les minorités, sans lesquels les rangs ne seront absolument pas gonflés et sans lesquels rien ne « débordera » ou n’engendrera la crainte du côté des « obscènes » et des « bousilleurs » (ces termes sont de Lordon).

La pensée antiraciste politique doit devenir naturelle aux forces antifascistes, elle doit pénétrer les consciences au-delà des banlieues, dans les sphères préservées, favorisées, privilégiées blanches moyennes et petites bourgeoises, dans les sphères étudiantes, et il faut proposer un plan d’action commun. Contester et s’insurger contre la fascisation de la société, le désir de fascisme, le nationalisme et le patriotisme: anticapitalisme et antilibéralisme certes mais aussi et surtout antiracisme, anti-police et anti-armée, anti-guerre, anti-impérialisme, anticolonialisme…

Mieux encore, il faudrait, c’est mon appel, que les militants de l’antiracisme politique s’incrustent et prennent le contrôle des blancs, les guident, leur fassent un peu lâcher le gouvernail, leur retirent la main mise sur la contestation. Car les sujets révolutionnaires, qui n’ont rien à perdre et tout à gagner, sont parmi eux.

Il faut quand-même noter que la dernière Marche pour la Dignité du 19 mars 2017 organisée par des militants de l’antiracisme politique s’est tenue en plein Paris, sous l’état d’urgence, en pleine campagne présidentielle, à l’appel des familles de victimes de violences policières, ça n’est pas rien! Avoir pour certains et certaines dénigré cette Marche a été se tirer une balle dans le pied, à mon avis. Les forces à aller chercher sont là. On a bien vu également ce qu’a donné un peu avant le rassemblement de Bobigny en février 2017 suite au viol de Théo Luhaka, dont doutent encore certains éditocrates. Tout le monde était relativement satisfait de l’action. Voilà ce qu’il faut tenter de renouveler.

Les objectifs de lutte sont là servis sur un plateau. Et sans doute oui au delà du périphérique.

Affiche de l'évenement. Tolbiac, avril 2018. Affiche de l'évenement. Tolbiac, avril 2018.

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