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Billet de blog 3 sept. 2013

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Avidité des banques centrales : demande d’or stable malgré un marché baissier

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La volatilité de l'or s'est accrue ces 17 derniers mois faisant de ce métal précieux la quatrième commodité la plus volatile après l'argent, le gaz naturel et le maïs. Pour l’instant, les investisseurs ralentissent leur demande physique du métal jaune – qui reste une couverture imparable contre l'inflation -, donnant ainsi au marché aurifère une tendance baissier. Les achats opportunistes des Banques centrales pourraient cependant enrayer sa chute.

La volatilité de l'or s'est accrue ces deux dernières années

Les marchés à terme de l’or sont à leur plus bas niveau depuis cinq ans avec une tendance baissier alors que ce métal avait connu une montée continue depuis la fin des années 1990. Cette appréciation, à l’époque, était liée à l’augmentation des achats « d'or papier » [1]. Mais sa volatilité s'est accrue ces 17 derniers mois, au rythme des fluctuations de création monétaire des banques centrales, signe de la nervosité des acheteurs.

Ce métal précieux est ainsi la quatrième « commodité » [2] la plus volatile, derrière l'argent, le gaz naturel et le maïs. Pourtant au cours de ces cinq dernières années, il était la troisième matière première la moins fluctuante, juste derrière le gaz et le pétrole. Les contrats courts ont augmenté de 6,7%, les contrats longs à compter du 21 mai 2013, eux, se sont repliés de 9%, soit le taux le plus bas depuis juillet 2007. De cette façon, les investisseurs ont vendu pour 467 tonnes d'or, valorisées à 45,3 milliards de dollars.

Marché baissier

La volatilité de ses prix ne serait que temporaire aussi les investisseurs devraient se tourner à nouveau vers ce métal comme couverture contre l'inflation.

On observe actuellement un ralentissement de la demande physique de l’or en raison de la méfiance des investisseurs ; ce qui pousse les prix à la baisse. La Société Générale a ainsi récemment confirmé sa prévision d'un prix moyen à 1.375 dollars l'once pour la fin 2013. D'autres estimations sont encore plus pessimistes. Selon le Département recherche des matières premières du Crédit Suisse-Londres, l'once se négocierait à 1.100 dollars dans un an et passerait même sous la barre des 1.000 dollars d'ici 5 ans.

Achats des Banques centrales en 2013

Si la Fed [3] met fin rapidement à sa politique de création monétaire, le dollar s’appréciera au détriment du métal jaune qui, évoluant en sens inverse, dépréciera. Le cours de l'once devrait alors se dégrader.

Mais les achats actuels des Banques centrales enrayeront sa baisse. Ainsi, la Russie et le Kazakhstan viennent de renflouer leurs réserves aurifères pour le 7ème mois consécutif en avril 2013, profitant de l'aubaine de la chute des cours. Selon le FMI [4], Turquie, Biélorussie, Azerbaïdjan et Grèce leur auraient emboîté le pas.Maxence DAGHER

[1] L’or reste encore aujourd’hui l’un des placements préférés des investisseurs. Plusieurs investissements sont possibles : lingots, pièces d’or mais également or papier. En quoi consiste l’investissement sur l’or papier ? Les « Exchange Traded Fund ». Le Exchange Traded Fund ou ETF est un type de placement qui reproduit un indice boursier, donc négociable en bourse. Cet indice peut être un indice d’actions, obligataire ou de matières premières, en particulier l’or. Il détient la même composition que l’indice boursier qu’il suit, et va donc varier à la hausse ou à la baisse selon la variation de cet indice. Les principales marques d’ETF créées par les banques sont SGAM et Lyxor (groupe société Générale), Ishares (Barclays), Easy Etf (BNP Paribas), CASAM (groupe Crédit Agricole), DB-X (Deutsche Bank). En Europe, les deux plus gros ETFs or sont PHAU et Gold Bullion Securities (GBS), qui sont en fait des titres de dette émis par des sociétés basées à Jersey et garantis par de l’or physique. Nous verrons dans un article à paraître que cet or est en fait «  alloué » et que le risque existe. A suivre ! Les « Futures ». Ce sont des outils financiers dont le principe se base sur la négociation, l’achat ou la vente d’actifs dans le futur. Du coup, leurs prix vont dépendre de l’évolution des prix du bien ou de l’actif auxquels ils se rapportent. Les Futures comprennent des contrats «  Forward » qui concernant tout ce qui peut se négocier : produits agricoles, devises mais aussi matières premières, comme l’or par exemple. Ces différents outils peuvent ainsi permettre d’investir dans de l’or que l’on appelle « papier ». Même s’il peut être intéressant pour l’investisseur lambda de ne pas se préoccuper des comptes d’une mine en particulier ou encore de ne pas sélectionner un gérant ou un négociateur parmi la multitude qui existent sur le marché, l’or papier connaît ses limites. Et devinez quoi ? Elles sont nombreuses ! (Source : L’Or et l’Argent – PIECES D’OR et INVESTISSEMENT de CRISE) http://www.loretlargent.info/or/l%E2%80%99or-papier-definition-et-principes/3278/

[2] Dans le langage français courant, la notion de commodité évoque le côté pratique d'objets se prêtant au mieux à l'usage pour lequel ils ont été conçus ou pour lequel ils sont utilisés. Les commodités sont par exemple un des éléments du confort d'un logement ou d'un environnement urbain. Dans le monde des affaires anglo-saxon, le terme commodité, anglicisme et faux-ami transposé de l'anglais « commodity », désigne un produit de base ou un produit de consommation courante, un produit standardisé, essentiel et courant, aux qualités parfaitement définies et connues des acheteurs ; les producteurs et agents de commercialisation de produits de base ne peuvent donc se concurrencer que sur le prix de vente. Les « commodités » sont souvent opposées aux « spécialités », notamment dans l’industrie chimique. (Source : Wikipedia)

[3] La Réserve fédérale (officiellement Federal Reserve System, souvent raccourci en Federal Reserve ou Fed), est la banque centrale des États-Unis. (Source : Wikipedia)

[4] Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution internationale regroupant 188 pays, dont le rôle est de « promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté ». (Source : Wikipedia)

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