La possible renégociation d'un prolongement de la durée de remboursement des prêts en euros par l'UE-FMI démontre la crédibilité grecque et sa volonté de changement. Mais à quel prix ! Aussi ce pays doit revoir ses fondamentaux économiques et procéder à l'adoption de nouvelles assiettes fiscales et sociales.
Prolongement de la durée de remboursement des prêts sous étude
Cette éventualité est sérieusement évoquée par l'UE-FMI. En effet, que l’on puisse aujourd'hui parler de renégociation démontre bien que la Grèce est bien plus crédible suite aux énormes sacrifices consentis et souligne donc sa volonté de changement.
Malgré la difficulté, ces négociations encouragent la poursuite des efforts de rigueur nécessaires dans les budgets 2012 - 2013 entamés par le gouvernement pour réduire le déficit public et testent sa politique d'austérité.
Ces institutions, en accordant un feu vert au versement de milliards d'euros de tranches de prêts par Bruxelles et le FMI, la sauvent de la banqueroute et évitent un probable éclatement de la zone euro.
Déficit public 2013 revu à la hausse
Parallèlement, l'Office européen des statistiques suit de prêt le chiffre révisé à la hausse du montant du déficit public grec, qui en 2009, dépassait finalement 15% du PIB contre 13,6% initialement annoncé. Ces révisions pour les années 2010, 2011 et 2012, alourdit d'autant les efforts à réaliser dans le budget 2013 et pousse Athènes à respecter les engagements de baisse de la dépense publique suite aux prêts consentis par l'Union et le FMI.
Contribution accrue des retraités et des salariés
Le gouvernement, malgré ses récentes réaffirmations, a dû prendre de nouvelles mesures à l'encontre des retraités et des salariés en augmentant les taxes de ces catégories. Il assure toutefois que les mesures d'austérité suivantes porteront uniquement sur des réductions de dépenses publiques. Il faut donc faire encore plus d'efforts très lourds de conséquences sociales pour la société civile. Aussi la population tourne le dos aux partis politiques ; de 70 % de participation aux élections, le pays compte aujourd'hui 70 % d'abstention.
Révision des fondamentaux économiques
Les chiffres truqués du déficit et les emprunts maquillés obtenus fallacieusement auprès d’établissements bancaires américains voire européens clairement identifiés ont fait basculer cette nation dans le chaos. Pourtant bien que les opérations condamnables de Goldmann Sachs à l’origine de cette crise datent de 2001-2002, aucun des partis politiques successivement au pouvoir à l'époque n’a rien fait pour inverser la tendance.
Quant aux banques de mauvaise foi, l’un des acteurs de cette crise, elles ont laissé les déficits courir afin de continuer à prêter. Néanmoins, elles servent de bouc-émissaires bien commodes pour éviter aux gouvernements occidentaux de regarder la vérité en face: 30 ans de clientélisme et de mesures démagogiques financées par la dette finissent un jour par se payer…
Aujourd’hui, les Grecs ne peuvent rien rembourser à moins que les Chinois acquièrent leurs biens ; ce qui revient à occuper ce pays. Si on laisse faire, il en sera de même pour le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et toute la zone euro excepté le Benelux et l’Allemagne.
La seule façon d'éviter cette débâcle après un rééchelonnement du remboursement de la dette est de revoir les fondamentaux économiques et de procéder à de nouvelles assiettes fiscales et sociales. Maxence DAGHER