Allemagne: plainte contre Erdogan pour crimes de guerre

Deux avocats allemands ont porté plainte contre le premier ministre turc et son chef d'état major auprès du parquet fédéral allemand à Karlsruhe pour crimes de guerre.

Deux avocats allemands ont porté plainte contre le premier ministre turc et son chef d'état major auprès du parquet fédéral allemand à Karlsruhe pour crimes de guerre.

Au moment où le premier turc Recep Tayyip Erdogan effectue une visite officielle à Berlin, des avocats allemands ont déposé une plainte contre lui et ses ministres de la Défense, ainsi que cinq chefs d'état major turcs de dix dernières années pour crimes de guerre contre les kurdes.

La plainte porte sur des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité entre 2003 et 2011, a affirmé MAF-DAD, une association kurde pour la démocratie et le droit international, basée à Cologne.

Le dépôt de plainte est fondé sur le code allemand de Droit Pénal International, mis en vigueur depuis 2002 et qui permet une poursuite internationale pour crimes de guerre. Le dossier contient dix chefs d'accusation basés sur les travaux de recherche exhaustive, les témoignages, l'analyse des matériaux du système judiciaire turc et les rapports des organisations des droits de l'homme.

Les avocats Britta Eder et Dr. Heinz-Jürgen Schneider ont déposé cette plainte au nom des parents des victimes de crimes de guerre.

Parmi les plaignants figurent l'association MAF-DAD, l'écrivain Doris Gercke (Bella Block), professeur du droit international Norman Paech, le député Harald Weinberg (Die Linke), Dr. med. Gisela Penteker (IPPNW), le membre du conseil municipal de Nuremberg, Marion Padoue, et sociologue Martin Dolzer.

Au lendemain du dépôt de pleine, une conférence de presse a été organisée le 1e novembre à Berlin par les plaignants.

« Les document que nous détenons et les analyses scientifiques effectuées prouvent l'utilisation des armes chimiques et les exécutions extrajudiciaires » ont affirmé les avocats, demandant l'arrestation des responsables turcs lors de leurs voyages en Allemagne.

Hormis Erdogan, les ministres de la Défense, Ismet Yilmaz, Sabahattin Cakmakoglu et Vecdi Gonul, ainsi que quatre anciens chefs d'état major turcs, Hilmi Ozkok, Yaşar Buyukanit, Ilker Basbug, Isik Kosaner et le nouveau chef Nejdet Özel.

Parmi les accusations, les plaignants citent l'exécution d'un combattant du PKK en 2005 après avoir été capturé vivant et sans arme, la mutilation du corps d'une autre guérilla le 21 juin 2010 à Gumushane, la mort de Ceylan Önkol, jeune fille kurde âgée de 14 ans, suite à un tir de mortier le 28 septembre 2009, le bombardement du 21 aout 211 dans le nord d'Irak par l'aviation turque tuant sept civils dont quatre enfants, l'exécution de Ahmet Kaymaz et son fils Ugur, âgé de 12 ans, devant leur domicile à Kiziltepe, la mort de huit combattants du PKK à Cukurca par des armes chimiques en septembre 2009.

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