Les combattants kurdes syriens entrent en Irak pour combattre les 'djihadistes'

L'armée irakienne a perdu le contrôle de la ville de Mossoul face à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe armé coupable de crimes de guerre.  Le combattants kurdes syriens ont pris les positions abandonnées par l'armée irakienne sur la frontière avec la Syrie.

L'armée irakienne a perdu le contrôle de la ville de Mossoul face à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe armé coupable de crimes de guerre.  Le combattants kurdes syriens ont pris les positions abandonnées par l'armée irakienne sur la frontière avec la Syrie.

 

Après la prise en janvier dernier de Fallouja, dans la province d'Anbar, des groupes armés de l'EIIL ont pris mardi 10 juin le contrôle total de la ville de Mossoul, où vit une importante communauté kurde, notamment les yézidis et les chabbaks qui sont souvent la cible des attaques menées sous couvert de la religion.

Alors que des milliers de personnes fuient la ville pour se refugier au Kurdistan irakien, des affrontements violents ont également ont eu lieu entre l'armée irakienne et l'EIIL à Rabia, sur la frontière avec la Syrie, à 114 km de Mossoul.  Les soldats irakiens ont abandonné dans la nuit du 9 au 10 juin leurs positions sur la poste frontière de Rabia, située en face de la ville kurde de Tall Kocher (Al Yaroubia), au Kurdistan syrien.  

Les kurdes avait pris le contrôle de Tall Kocher en novembre 2013 lors d'une vaste opération contre ces "djihadistes" qui commettent des crimes horribles, sous la couverture de l'Islam. Au moins cinq villes, six districts et plus de 120 villages avaient été libérés par des combattants kurdes au cours de l'année 2013. Parmi les villes prises figurent notamment Tall Kocher (Al-Yaroubia), sur la frontière avec l'Irak, et Serêkaniyê (Rass al-Aïn), sur la frontière avec la Turquie, qui étaient utilisées comme principales bases d'attaques contre les Kurdes.

Les combattants kurdes de l'YPG qui combattent depuis plus d'un an et demi les djihadistes de l'EIIL au Kurdistan syrien ont pris les positions abandonnées par l'armée irakienne, jusqu'à 1km à l'interrieur de la frontière, pour défendre la région, tandis que de nombreux soldats irakiens ont reculé dans la région kurde, sous contrôle des combattants de l'YPG. Les Unité de défense du peuple (YPG) ont envoyé des renforts dans la zone pour renforcer la défense, a-t-on appris des sources proches de l'YPG, armée kurde constituée de femmes et d'hommes.

Par ailleurs, les YPG ont déclaré dans un communiqué qu'ils ont prêts à défendre le Kurdistan irakien contre les attaques des "bandes armées".  "Nous combattons depuis plus d'un an et demi ces groupes ultra-radicaux. Nous avons gagné beaucoup d'expériences dans cette résistance et nos combattants ont fait preuve d'un courage légendaire" ont affirmé les YPG.

"Nous déclarons que nos combattants sont prêts à combattre les bandes armées aux cotées de notre peuple du Kurdistan du Sud (Kurdistan irakien). Nous sommes aussi prêts à envoyer des experts militaires."

La population kurde de Syrie est estimée à 3 millions. Depuis juillet 2012, une véritable révolution démocratique est en marche dans la région kurde. Les combattants kurdes ont fait preuve d'une grande résistance face aux attaques de l'EIIL et d'autres groupes armés, soutenus notamment par la Turquie.

En janvier dernier, le Kurdistan syrien avait été divisé en trois cantons autonomes: Djazira, Afrin et Kobani. Ce modèle inclut tous les composants de la région kurdes dont les arabes, les arméniens, les assyriens, les tchétchènes mais aussi les différentes religions comme l'Islam, le christianisme, le yézidisme etc… Le canton de Djaziara a adopté trois langues officielles, kurdes, arabe et syriaque. Les vices présidents du canton sont un arabe et une syriaque. Les femmes sont fortement représentées dans les gouvernements de ces trois cantons. Une femme est à la tète du canton d'Afrin.

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.