Davutoglu à Paris: la police française arrête les kurdes

La police française a interpelé une quinzaine de Kurdes à Bordeaux et Toulouse, dans le cadre d'une enquête visant les activités politiques de la communauté kurde.  Ces arrestations interviennent au moment où le ministre turc des Affaires Etrangères Ahmed Davutoglu rencontre son homologue français Laurent Fabius.

La police française a interpelé une quinzaine de Kurdes à Bordeaux et Toulouse, dans le cadre d'une enquête visant les activités politiques de la communauté kurde.  Ces arrestations interviennent au moment où le ministre turc des Affaires Etrangères Ahmed Davutoglu rencontre son homologue français Laurent Fabius.

"Ces interpellations sont intervenues dans les milieux kurdes du PKK", dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en mars 2012, selon des sources judiciaires, citées par l'AFP.

Le président de la Fédération des associations Kurdes en France (FEYKA), Mehmet Ulker, a confirmé à l'ActuKurde les arrestations des plus de dix kurdes. Dénonçant cette opération,  il a affirmé que l'association culturelle kurde de Bordeaux a également été perquisitionnée par la police.

Au moment de ces arrestations,  une rencontre a eu lieu à Paris entre le ministre turc des Affaires Etrangères Ahmed Davutoglu et son homologue français Laurent Fabius.  Les kurdes font systématiquement l'objet d'arrestations avant et après les rencontres entre les deux pays. Une fois de plus la France préfère sacrifier les kurdes pour ses intérêts politiques et économiques.

En octobre  2011, un vaste accord sécuritaire avait été signé entre la Turquie et la France. Cet accort permet aux forces de sécurité turques et françaises de mener une lutte commune sur le terrain contre les militants de la cause kurde.

Les gouvernement socialiste continue d'ignorer les appels de plusieurs partis politiques dont le PCF et de la communauté kurde, ainsi que des ONG français comme MRAP et Mouvement de la Paix, à abandonner cette sale collaboration.

Le 9 janvier dernier, trois militantes kurdes dont la co-fondatrice du PKK, Sakine Cansiz, ont été assassinées en pleine Paris. Alors que les enquêteurs gardent le silence,  toutes les indices mènent à la Turquie. Placé en détention après l'assassinat, le suspect Omer Guney aurait effectué plus de dix séjours en Turquie au cours de l'année 2012. En août, il serait allé à Istanbul et à Ankara, pour faire refaire son passeport. Une dernière visite aurait été effectuée en décembre pour un séjour de trois jours à Ankara dans un hôtel du centre-ville, soit quelques semaines avant l'assassinat des trois militantes kurdes.

Les attaques visant les kurdes en France et en Europe ne sont pas vraiment condamnés par les autorités.  Depuis début de l'année 2013, plusieurs attaques criminelles à caractère raciste ont été menées contre les associations kurdes en Europe, notamment en France et en Belgique.  La collaboration anti-kurde entre la Turquie et les pays européens encourage ce type d'attaques.

En France, près de 250 kurdes ont été arrêtés depuis 2007 pour des motifs politiques.  Arrêté en octobre 2012, Adem Uzun, le membre du conseil exécutif du Congrès National du Kurdistan (KNK), basé à Bruxelles, est toujours en prison.

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde.fr

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