Bombardements turcs : six civils tués et plus de 120 villages désertés

L’aviation turque a bombardé dimanche les villages kurdes de la région autonome du Kurdistan irakien, tuant au moins six personnes, dont deux femmes et deux enfants, et forçant des centaines de familles à quitter leurs maisons.
L’aviation turque a bombardé dimanche les villages kurdes de la région autonome du Kurdistan irakien, tuant au moins six personnes, dont deux femmes et deux enfants, et forçant des centaines de familles à quitter leurs maisons.

Les avions de guerre ont pris pour cible les villages du Kurdistan au cinquième jour des bombardements, lancés le 17 aout contre les zones du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), où se trouvent des centaines de villages, loin de la guérilla.

Un véhicule a été touché dimanche par les bombardements turcs à Kortek, un village de la région de Sengeser à Qandil, tuant au moins six civils qui étaient dans le véhicule, selon des sources kurdes. Il s’agit de deux femmes, deux enfants et deux hommes, habitant du village de Gollê, dans la même région.

Au moins dix avions ont participé à l’attaque, rapportent les medias kurdes. Peu avant, le Zap, Metina et Garê, trois régions sous contrôle du PKK, ont été bombardés à 11h30, selon l’agence Firat.

124 VILLAGES DESERTES

117 villages d’Amediye, dans la région de Dohuk, ont été désertés sous les bombardements turcs au cours de ces cinq derniers jours, ainsi que sept autres à Sidekan, à 100 km au nord-est d'Erbil, et à Qandil, écrit le site du journal Rudaw.

Mais, certaines sources affirment que les 170 villages d’Amediye ciblés par les bombardements seront évacués.

Un journaliste kurde dans la région, cité par l’agence Firat, a dit que les habitants des villages de Mêrga Çiya, Yekmalê, Hêsê, Xirabe, Şêlaza, Dergelê, Pîrka, Bêşîlê, Bêlîzanê et de Bazê, dans la région de Metina, ont été forcés à quitter leurs maisons. 10 à 15 villages de la région de Haftanin seraient aussi désertés, selon des sources locales.

Plusieurs villages ont été touchés depuis début de l’opération qui a causé d’importants dégâts matériels. Un pont a été détruit à Berwari Balan, dans la région d’Amediye, lors des bombardements du 21 aout.

DES INCURSIONS TERRESTRES ENVISAGEES

Selon les analystes, la Turquie et l’Iran envisageraient des incursions terrestres après le Ramadan qui se termine fin aout. Des dizaines de milliers de soldats turcs, dont la plupart sont des forces spéciales, ont été positionnés sur la frontière avec l’Irak. Le régime iranien, en coordination avec la Turquie, poursuit ses opérations tout au long de la frontière, et bombarde le Kurdistan irakien, depuis 16 juillet.

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