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Billet de blog 24 décembre 2011

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La justice turque enferme 35 autres journalistes

La justice turque a décidé le placement en détention « préventive » de 35 journalistes, arrêtés le 20 décembre pendant la rafle visant tous les medias kurdes en dehors de l'idéologie officielle, portant à près de 100 le nombre des journalistes incarcérés.

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La justice turque a décidé le placement en détention « préventive » de 35 journalistes, arrêtés le 20 décembre pendant la rafle visant tous les medias kurdes en dehors de l'idéologie officielle, portant à près de 100 le nombre des journalistes incarcérés.

Interrogés pendant plus 20h consécutives, 49 journalistes et collaborateurs des médias ont comparus le 23 et 24 décembre devant la 9e cour d'assises d'Istanbul.

Treize journalistes dont le photographe de l'AFP ont été remis en liberté après avoir subi des questions « absurdes » sur leurs activités journalistiques durant les interrogations. « Pourquoi avez-vous écris tels ou tels articles », « Pourquoi possédez-vous des CDs de musique kurde », «Pourquoi avez-vous des numéros de portables de telles ou telles personnes », « Avez-vous participé aux conférences organisées par le PKK »...

Comédie de justice

Le juge a décidé le placement en détention « préventive » de 35 journalistes sous l'accusation d'être membres d'une organisation « terroriste», à la suite d'un jugement transformé en une comédie de justice, sans aucune preuve.

Parmi les journalistes envoyées à la prison de Metris à Istanbul figurent 11 journalistes de l'agence de presse DIHA, deux de l'agence Firat, le directeur de publication d'Azadiya Welat, seul quotidien du pays en langue kurde et cinq journalistes de quotidien Özgür Gündem dont le rédacteur en chef.

Le 20 décembre, le régime AKP, parti islamo-conservateur du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avait mené des opérations simultanées dans plusieurs villes contre les médias kurdes en dehors de l'idéologie officielle, visant notamment deux agences de presse kurdes DIHA et Firat et le journal Özgür Gündem, dans le cadre de l'affaire KCK, considérée par les autorités comme la branche politique du PKK. Cette affaire est utilisée par les autorités pour intimider et réprimer le principal parti kurde BDP, les journalistes et tous ceux qui s'intéressent au sort du peuple kurde.

Prés de 100 journalistes emprisonnés

Désormais, 23 journalistes de DIHA et 14 journalistes d'Azadiya Welat, dont quatre rédacteurs en chef, sont en prison. Déjà plus de 70 journalistes, en majorité des kurdes, étaient derrières les barreaux. Aujourd'hui, le nombre des journalistes emprisonnés se rapprochent de 100, ce qui fait la Turquie incontestablement la plus grande prison du monde pour les journalistes, très loin devant la Chine et l'Iran.

CPJ condamne les arrestations

Le comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné dans une lettre envoyée aux autorités turques les arrestations de journalistes. Exhortant le premier ministre turc, « à assurer en tant que membre du Conseil de l'Europe et signataire de la Convention européenne des Droits de l'Homme, que la Turquie respecte ses obligations internationales, en limitant notamment l'utilisation de preuves secrètes contre des journalistes », le comité a affirmé que les autorités ne fournissent aucune preuve sur les accusations à l'encontre des journalistes. « Nos recherches se poursuivent, et nous avons l'intention d'envoyer une délégation en Turquie en 2012 pour poursuivre l'examen des cas en suspens » a ajouté le comité.
Hammarberg: la Turquie se dirige vers un régime de parti unique
Le commissaire aux droits de l'homme à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a exprimé dans une interview accordée à l'agence de presse kurde Firat sa préoccupation sur la situation de la presse, dénonçant également l'emprise du gouvernement sur les médias.
« L'influence du pouvoir politique sur les médias est préoccupante » a dit Hammarberg, en avertissant que la Turquie se dirige « vers un régime de parti unique ». Affirmant que les décisions d'arrestations sont prises avant de mener des enquêtes et de comparution devant les juges, le commissaire a ajouté : « Les procès sont très lourds. Les preuves sont très faibles. » (Avec ActuKurde)

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