Daniel Lacin, l'étudiant qui voulait devenir photographe de guerre

Un jeune qui rêve d'aller couvrir les zones en conflit ? C'est possible, voici l'histoire de Daniel.

Daniel, tout jeune, mitraillait les voitures... avec son appareil photo kodak.

Ses passions, le dessin et la photo le prédestinaient de toute façon à un avenir d'esthète : savoir capturer l'instant présent, ou passé, et faire revivre à un amateur le quotidien d'une époque révolue, voilà ce qui a contribué à faire de Daniel Lacin un connaisseur de la photographie de monuments historiques.

Le passé n'est pas mort, il est vivant

"Un monument historique n'est pas mort, il a une âme, et cette âme vit toujours, même si son rayonnement est moins intense. Mais elle cristallise le quotidien de centaines, voire de milliers de personnes qui ont côtoyé un lieu particulier. Réussir à traduire tout cela à travers une photo, de préférence en pose longue durée, permet de faire régner le sujet au milieu d'une énergie et de le mettre en valeur".

Puis, c'est à l'adolescence qu'il a le déclic : lors d'une rencontre avec un réfugié, qui lui décrit ce qu'il a vécu dans les balkans, il décide d'aller voir lui-même ce qu'on lui raconte.

C'est une zone en guerre déchirée, dans l'ex-Yougoslavie que ses premiers clichés - non pas du passé, mais du présent cette fois-ci - capture des instants terribles, mêlant à la fois souffrance et espoir, douleur et joie. En accompagnant les reporters de l'AFP, c'est pour cette première mission que Daniel devient connu : le cliché de la petite fille et son nounours, devenu si célèbre, permet à Lacin de se faire une place dans le monde si fermé des reporters de guerre.

Le photographe doit savoir s'effacer

"A aucun moment le photographe ne doit intervenir ou prendre parti, il doit simplement constater, de manière objective, ou engagée tout dépend, ce qu'il voit, ce qu'il ressent, et ce qui représente le mieux la vérité, sa vérité. Il doit à la fois mettre en exergue et mettre en abîme, mettre en avant et occulter, pour décrire ce qu'il voit de la manière la plus honnête possible, en faisant passer les émotions à sa cible."

Daniel Lacin travaille maintenant depuis 20 ans au service de la presse française dans des zones en conflits, et aspire désormais à couvrir l'actualité quotidienne de la zone Europe/Moyen-Orient dans un cadre plus classique, en conservant un pied dans le monde de la guerre pour faire parler ceux qui n'ont pas de voix.

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