La meilleure façon de changer

E.Maurel quitte aujourd'hui le PS. Nous devons une bonne fois pour toutes sortir des logiques de courant et de positionnement personnel. Une dizaine de responsables socialistes appellent à un profond renouvellement, qui devra se traduire sur les listes des futures élections, afin que de nouveaux profils, qui ne s'inscrivent pas dans ces logiques, puissent aider le PS à les dépasser.

Lors de notre dernier congrès, nous avons été presque unanimes à revendiquer, réclamer, espérer, voire exiger la rénovation et le renouvellement du Parti Socialiste. Cette aspiration a d'ores et déjà trouvé une traduction concrète dans la construction originale de notre direction nationale.

Notre Parti entreprend désormais une rénovation doctrinale. Celle-ci s'appuie sur une compréhension nouvelle et plus fine des phénomènes émergents dans la société, dans nos territoires et à l'échelle du globe. Ce travail commence avec le projet européen, tant l'échéance électorale de 2019 nous oblige à regarder en face les dérives de notre Vieux Continent. Nous nous satisfaisions encore il y a quelques semaines que l'extrême droite suédoise ne fasse pas sauter la banque, alors qu'en réalité, elle explose tous ses scores passés.

Le parti socialiste s'est ainsi remis au travail en proposant une nouvelle analyse de la situation de l'Europe, en prenant acte de nos erreurs stratégiques, en proposant un texte qui donne pour ambition à l'Union d'infléchir le cours de la mondialisation. C'est sa  véritable raison d'être, sa justification ultime en ce début de XXIème siècle.

Devant ces défis, nous devrons assumer un esprit de reconquête, une audace nouvelle qui fut le moteur de notre congrès et qui a redonné l'espoir à nos militants et nos soutiens. Pour cela, il faut tourner le dos à nos mauvais réflexes et nos vieux usages. Lors des élections européennes de mai, notre liste doit avoir la saveur d'un printemps socialiste. Elle doit transformer en acte la promesse de renaissance en s'appuyant sur le travail de nos députés européens très impliqués mais aussi sur de nouvelles figures compétentes à même de porter haut, en Europe, la voix des socialistes et contribuer ainsi à la reconstruction de notre parti et à son renouvellement doctrinal.

Réussir à représenter notre pays dans ses diversités de parcours, d’âge, et en incarnant le renouvellement n’est, sans doute, pas un gage de réussite électorale. Ne pas le faire est en revanche la chronique d'un échec annoncé. 

Nous ne pouvons pas non plus, nous permettre de lasser les quelques jeunes (et moins jeunes) dans nos rangs qui, partout dans nos fédérations, attendent de l'ouverture, de la considération et la fin d'un verrouillage auquel notre parti a trop souvent cédé. Nous devons montrer que nous avons entendu le message envoyé par les Français aux dernières élections présidentielles et législatives.

Au fond il nous faut tourner le dos à nos totems et nous arracher à nos tabous. Les questions devant nous - la centralité de la question écologique qui prime sur toutes les autres puisqu'elle déterminera le sort des générations qui viennent, les crises migratoires, la lutte contre les inégalités et les paradis fiscaux, le soutien aux territoires européens en souffrance, les protections dues aux citoyens européens, la défense de la laïcité sont autant d'enjeux sur lesquels nous pouvons être offensifs, rompre avec les discours convenus que le parti au pouvoir récite déjà.

Ces enjeux nécessitent un regard neuf, une foi immense en ce que nous sommes et une énergie intacte. C’est ce que nous attendons de nos camarades candidat-es qui tireront la liste. Donnons à voir une belle image de nous-mêmes, portons et soutenons un projet et des candidat-es audacieux, à l'image  de la société française et européenne. Nous devrons nous adresser à notre jeunesse, non seulement pour eux mais aussi parce que leur sort préoccupe leurs parents, qui craignent qu'ils vivent moins bien qu'eux. L’Union européenne doit contribuer à inverser cette tendance, elle doit permettre à la jeunesse de trouver sa place et de s’épanouir. Un parti qui mise sur la jeunesse, c'est un parti qui a de l'avenir. Le PS doit surprendre aujourd'hui pour attirer l'attention et continuer à exister.

C'est avec cet esprit de reconquête et ces ambitions que nous souhaitons nous engager dans cette campagne exigeante.

 

Maxime Picard, premier secrétaire fédéral du Morbihan

 

Mehdi Benlahcen, membre du Conseil national, Président du groupe de gauche à l'Assemblée des Français de l'étranger

Rémi Cardon, premier secrétaire fédéral de la Somme

Baptiste Chapuis, secrétaire de section d'Orléans (Loiret)

Jacques Chesnais, premier secrétaire fédéral des Yvelines et Pierre Sztulman, premier secrétaire fédéral adjoint de la fédération des Yvelines

Bérengère Delhomme, secrétaire fédérale à la coordination de la fédération de l'Indre

Nathalie Malmberg, membre du Conseil national, trésorière fédérale de la fédération de la Marne

Frédéric Orain, premier secrétaire fédéral du Loir-et-Cher

Alexandre Ouizille, premier secrétaire fédéral de l'Oise

Estelle Picard, membre du Conseil national

Dominique Potier, député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle

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