Honeyland

La femme aux abeilles

Petite merveille pour le premier cinéma depuis mi mars, dans une salle au public confidentiel.

Ce documentaire tourné sur un plateau arides de Macédoine dans un village abandonné et à moitié en ruines vivent l'apicultrice Hatidze et sa vieille mère malade. La tradition ancestrale de cette apiculture qui est une vraie culture de vie, celle de vivre en communion avec les abeilles en les traitant avec respect et surtout en ne prélevant que la partie du miel nécéssaire pour vivre et en laissant au moins la moitié aux abeilles. A l'époque de l'hécatombe des abeilles due aux pesticides ou à la prédation par les frelons asiatiques cette vie paraît idyllique en terme de respect de l'environnement et de la nature.

Fait alors irruption une famille nombreuse qui vient squatter le village et tente d'y installer une vie agricole. Deux façons de vivre s'affrontent alors et l'histoire devient une parabole de notre humanité en fin de cycle. Le patriarcat capitaliste et prédateur dont les méfaits apparaissent au grand jour dans ce microcosme est voué à l'échec. La vie de Hatidze en est l'antithèse et elle porte le film avec l'assurance de ses convictions et la conscience de perpétuer une tradition qui lui permet de vivre en équilibre dans la solitude de ces paysages époustouflants.

Les réalisateurs Tamara Kotevska et Ljubo Stefanov ont réussi à capter la beauté et la pureté de cette vie pourtant rude et de faire un film poétique et touchant. Un hommage aux abeilles et à celle qui sait vivre avec elles.

Très belle réussite comme en témoignent les trois prix du Sundance Film Festival 2019

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