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Datacenter-IA, ça pousse comme des champignons,
et l'on regarde ailleurs !
Derrière l’Intelligence Artificielle et la déferlante des datacenters se cache une explosion mondiale dans lequel la France prend toute sa part et en particulier en Île-de-France, en plus de Marseille. Après l'installation massive d'entrepôts logistiques, l'économie numérique gagne du terrain, l’Île-de-France comptant déjà plus de 160 datacenters, dont 44 en Essonne et 36 en Seine-Saint-Denis.
Après les annonces d’investissement de 109 milliards d’euros lors du Sommet pour l’Action pour l’IA (février 2025), 28 nouveaux sites d’accueils susceptibles d’accueillir des centres de données ont été identifiés, en plus de 35 sites annoncés en février 2025.
Pour alimenter les immenses besoins en outils d’intelligence artificielle, le secteur de la tech multiplie les centres de données, des usines du numérique de plus en plus nombreuses, de plus en plus puissantes et de plus en plus voraces en énergie. Derrière ces créations synthétiques et ces assistants virtuels se cache l'expansion des centres de données où se trouvent les ordinateurs permettant de faire fonctionner les IA avec des besoins accrus de calcul informatique. En conséquence, Amazon, Microsoft, Google et Meta (Facebook, Instagram) ont investi en 2024 200 milliards de dollars en nouvelles infrastructures.
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Ici et là, des habitants découvrent des projets d'implantation d'énormes datacenters à proximité des logements, d'équipements recevant du public (écoles-crèches-organismes de formation...) méprisant l'intérêt général et celui de la population au nom de l’attractivité du numérique.
La Mission Régionale de l’Autorité environnementale d’Île-de-France émet d’ailleurs d’importantes réserves pour la santé et la sécurité des populations riveraines avec des pollutions subies dont les conséquences sont connues sur la santé et le vivant. Souvent implantées en milieu urbain et reliées au seuls intérêts économiques, ces puissantes infrastructures privées ne peuvent qu’impacter et participer à l'extension des difficultés sociales, culturelles et civilisationnelles avec les développements exponentiels de l’IA.
Car un datacenter est anti-écologique et crée peu d’emplois locaux. Panneaux solaires, éoliennes, centrales nucléaires, lignes hautes tensions, toutes ces infrastructures reposent sur l'extraction forcenée de ressources : béton, cuivre, lithium, cobalt, silicium etc. Leur construction est vorace en matières premières et s’accroît : cela se traduit par une course au gigantisme et un accaparement énergétique qui consomme du foncier agricole, naturel et nécessite d'être refroidis avec des gaz réfrigérants ou de grands volumes d'eau. Un processus qui participe à la création d'un monde robotisé, se traduisant par une réduction de l’autonomie humaine personnelle et collective.
Si les mouvements écologistes ont combattu l'accaparement de l'eau et les mégabassines, avec l'Alliance écologique et sociale nous pourrions alerter sur l'invasion des datacenters et l’accaparement de l’électricité et défendre un moratoire sur les grosses installations futures !
♥ Atelier coordonné par l'AES 91 le matin du 28 novembre 2025 - Ateliers 9h30-12h
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Où ? à la FSU, 22 rue Malmaison BAGNOLET
Avec la participation de :
MNLE 93 (Jean-Marie Baty-Nicole Picquart), Le Chiffon (Gary Libot), SNES-FSU (Michel Decha), Fabrice Flipo (professeur à l'institut Mines-Télécom), riverains de Marcoussis et Nozay (91) et Le Bourget (93)
© Pour aller plus loin en Ile-de-France avec Le Chiffon : "Petites et grosses combines autour d’un centre de supercalculateurs dans l’Essonne" LIRE l'enquête
» Des habitants s'élèvent contre le projet d'un data-center au Bourget (93) La dépèche
Résolutions
L’atelier a témoigné de l’emprise de l’économie numérique sur nos territoires et nos vies dans les contraintes de l’urgence climatique et de pression sur les élus à quelques mois des municipales.
L’hégémonie des géants du numérique entrave la démocratie locale, les collectivités locales sont percutées par des projets surdimensionnés de centres de données souvent reliés à la voracité des GAFAM et autres fonds étrangers.
L’intérêt général est questionné au regard des besoins électriques, des politiques d’aménagement du territoire qui accompagnent les perspectives de développement (social, économique et environnemental) et la nécessaire sobriété énergétique.
C’est pourquoi nous réclamons l’ouverture d’un débat public et revendiquons un moratoire sur l’implantation de tout nouveau datacenter grande échelle dans la fourniture de grandes quantités de puissance de calcul et de capacité de stockage.