Obama dans le Michigan, comme si vous y étiez

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La foule crie son nom. "Obama, Obama, Obama!". Lui, sort de notre droite, d'une allée protégée de bâches blanches. Son apparition fait fureur. Il monte les premières marches d'un podium-défilé-genre-Jean-Paul-Gauthier. Il ne se départit pas de cette fausse nonchalance. Il traîne son costard bien coupé sur la scène. De part et d'autre, des militants, des sympathisants, des volontaires, bardés des couleurs Obama, pancarte en main "Change we need". 20 000 Américains qui font du bruit à la State University du Michigan. Impressionnant. Plus fort que Sarko au Zénith. Quel riquiqui ce Sarkozy. Le show est réglé au poil. Le sénateur de l'Illinois ne parle jamais à la foule directement. Il fixe les caméras placées soigneusement devant lui à une vingtaine de mètres. Un autre pool de journalistes est situé à la sortie de l'estrade, là où nous sommes. Pas de possibilité de l'approcher plus près, sauf autorisation de son staff.

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Sur scène, le tribun tape là où ça fait mal. La crise financière trouve ici un écho particulier. L'Etat du Michigan est très touché par les saisies de maisons (70 000 recensées jusqu'à présent). Le taux de chômage est le plus élevé des Etats-Unis. Obama, qui a pourtant voté le plan Paulson, justifie son choix, en bon politique qu'il est : "Quand Main Street (NDLR : le peuple) se bat pour ses droits, ce n'est pas contre Wall Street, mais pour une seule Amérique". Discours unificateur, rassembleur, du déjà vu chez Obama, une rhétorique bien rodée chez lui. Extrait du discours. Attention expérience radiophonique garantie, du son pris comme ça à la sauvette. Ou plutôt à l'arrachette.

 

 

 

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Obama fait dans les promesses tout spécialement pour son auditoire. Faire en sorte que les jeunes restent sur l'assurance-maladie de leur parent jusqu'à leur 25 ans. Etc. Le show dure à peine trois quarts d'heure. Il repart comme il est arrivé, avec quelques petits bains de foule en plus. Bon, on a vu Obama. Prochaine étape : lui parler, lui demander : "Eh Barack, what's up? Will you kick Mc Cain's ass?" Nous repartons. Envie de faire du Bruce Gilden de chez Magnum. Cliquez sur la vidéo pour apprécier la méthode utilisée avec les supporters d'Obama, quatre portraits sur ce blog, juste en-dessous de cette vidéo.

Sans comparaison bien sûr, mais c'est étonnant de voir cette sorte de fébrilité post-coït-politique. Les gens flottaient. Rien ne les effrayait, contrairement aux passants New-Yorkais saisis, cuits par le photographe de Magnum. Aucune peur alors que l'objectif était à trente centimètres environ de leur visage. Une seule réaction : un couple de policiers a menacé d'embarquer l'un de ses coblogueurs, à vous de deviner lequel.

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Les coulisses de ce reportage : voir Obama a tenu du miracle. Article sur internet lu en fin de matinée, le sénateur parle aujourd'hui sur le campus de la State University du Michigan. Clic, clic, google map, c'est à une centaine de miles de chez nous. Il est midi, c'est prévu pour l'après-midi. Pas d'heure précisée. On déboule illico dans Dodo la Dodge, espérons qu'elle ne fasse pas des siennes avec la dernière vitesse (on ne sait toujours pas s'il y en a quatre ou cinq). Après quelques frayeurs sur l'autoroute, et quelques litres d'essence grillés trop vite, on arrive à East Lansing, là où se trouve l'université. Le staff média d'Obama voit débarquer deux Frenchies qui ne sont même pas enregistrés. Notre coup de bol : le chef est Francophone, il nous kiffe, et nous lâche en voyant carte de presse et accréditation "Ok, ça me va". Ouais, nous aussi ça nous va coco. Tout excités, on file vers la foule, ou plutôt l'espace qui nous est réservé. Et bim on y était.

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