Le programme électoral de Syriza en détails

Dans un discours très attendu de presque une heure, Alexis Tsipras, leader du –maintenant- parti Syriza, a présenté son programme pour les élections à venir. A la différence des meetings semblables avant les élections du 6 mai, c’est un potentiel futur premier ministre qui s’est exprimé, tentant de montrer tout son sérieux et son sens de la responsabilité. Si certains thèmes abordés sont maintenant des  « classiques », de nouveaux éléments ont été apportés.

Dans un discours très attendu de presque une heure, Alexis Tsipras, leader du –maintenant- parti Syriza, a présenté son programme pour les élections à venir. A la différence des meetings semblables avant les élections du 6 mai, c’est un potentiel futur premier ministre qui s’est exprimé, tentant de montrer tout son sérieux et son sens de la responsabilité. Si certains thèmes abordés sont maintenant des  « classiques », de nouveaux éléments ont été apportés.

Nous ouvrons la route de l'espoir Nous ouvrons la route de l'espoir
Le début de la présentation a consisté en une mise au point sur la politique d’austérité. Comme auparavant, Tsipras a reprécisé qu’on ne pouvait appliquer partiellement les mémorandums, insistant sur le fait que l’enjeu des élections à venir n’est pas le pseudo dilemme euro-drachme, mais bien l’approbation, ou le refus d’une politique qui a engendré l’application de plans d'austérité aux conséquences catastrophiques.

Ironisant sur la rhétorique adoptée par les deux grands partis qui font campagne contre les politiques qu’ils ont eux-mêmes appliqué, Alexis Tsipras a essentiellement centré son discours sur les conséquences sociales injustes du mémorandum qui mettent aujourd’hui la Grèce au bord d’une crise humanitaire dont les symptômes apparaissent de plus en plus violents. Le leader de la gauche radicale a mentionné à ce propos la tragédie des suicides commis pour des raisons économiques. Voir ici mon billet à ce sujet.

Voici donc les différents volets du programme électoral de SyRizA en vue des élections du 17 juin:

Economie

- Dès l’entrée au vigueur d’un gouvernement de « gauche », le mémorandum serait purement et simplement annulé.

- Renégociation de la dette au niveau européen, négociation pour un moratoire sur le remboursement de la dette.

- Audit de la dette

- Renégociation des prêts contractés

- Indexation des taux d’intêrets de la dette sur le taux de croissance

- Nationalisation des banques qui ont fait l’objet de recapitalisation

- Création d’un mécanisme de contrôle des dépenses publiques

- Gel des réductions des dépenses sociales

- Abolition des mesures prises à l’encontre des intêrets des travailleurs

  • Retablissement des conventions collectives supprimées par l’austérité
  • Rétablissement du salaire minimum à 751€
  • Réhaussement des minimas sociaux

Fiscalité

- Reduction de la TVA pour les produits de première nécessité

- Révision du système fiscal, pour le rendre plus « juste »

- Annulation des taxes spéciales, particulièrement pour les personnes sans emploi et les retraités

- Lutte contre l’évasion fiscale

  • Etablir un registre de tous les grecs « tricheurs » qui placent leur argent à l’étranger, et les taxer convenablement
  • Application d’une mesure « à l’américaine » déchouant la nationalité à quiconque ne paie pas ses impôts en Grèce
  • Négociation avec la Suisse d’un accord spécial, permettant de taxer les dépots grecs qui s’y trouvent.

-  Négociation avec les armateurs, pour revoir les 46 lois d’exemption de taxes qui les concernent, et réfléchir à un régime de taxation approprié.

Relance de la production

- Exploitation des ressources naturelles et minières

- Reduction de la TVA sur les activités liées au tourisme

- Soutien de la production agricole par des prêts à taux faibles

- Gel de la privatisation des entreprises publiques, et renationalisation de toutes celles qui ont été privatisées

Réformes structurelles

- Réadministration de l’administration étatique

- Suppression de l’immunité ministérielle

- Passage à un système électoral de proportionnelle « pure »

- Lutte contre la corruption :

  • Dans le secteur public
  • Entre Médias et Etat

Immigration

- Reconception de la politique d’immigration. Négociation dans un cadre européen.

- Intégration des immigrés présents sur le territoire

- Lutte contre le trafic d’êtres humains

Politique Internationale

- Politique pacifique, assurant la sécurité et la souveraineté du pays.

- Amélioration des relations avec la Turquie

- Négociation pour une solution convenable au problème chypriote

- Proposition d’un nouveau nom à l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (FYROM), qui prendrait en compte l’aspect géographique

On doit noter le fait qu'aucune mention n'ait été faite dans le sens de l'établissement d'une taxation de l'Eglise. Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'une partie importante des grecs refuse encore aujourd'hui de toucher au statut sacré de l'Eglise. Il est probable qu'en défendant une telle mesure, Alexis Tsipras perderait un certain nombre de voix.

Assurant que SyRizA a toute l'expertise requise pour l'application de ce programme, il a terminé son discours en insistant sur le droit des grecs à l'espoir, et à la dignité.

Mehdi ZAAF

Suivez moi sur Twitter: @MZaaf

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