Pourquoi Syriza peut gagner les élections ?

J’espère que Syriza pourra impulser quelques changements... Panagiotis, 30 ans, veut encore y croire. C’est le seul parti à pouvoir faire quelque chose poursuit ce professeur titulaire de 30 ans qui, plein de doutes votera de nouveau en faveur du parti de la gauche radicale. Ce dimanche 20 septembre, il est appelé aux urnes pour la troisième fois de l'année, la 10e fois depuis 2009. Le 20 août, après sept mois de pouvoir, le Premier ministre Alexis Tsipras a en effet rendu au peuple un mandat arrivé à son terme : il avait dû entre temps signer un nouveau mémorandum, tournant le dos à l'une de ses promesses électorales qui l'ont propulsé à Maximou, siège du gouvernement, le 25 janvier. La Grèce souscrit donc un prêt de 86 milliards et, une fois de plus, s'engage à appliquer de nouvelles mesures d’austérité, critiquées par ses opposants internes, son opposition de droite et une part de la population. Et si malgré tout, Syriza sortait grand vainqueur de ces élections ? Le Parti de la Gauche radicale est donné au coude-à-coude avec son rival de droite, Nouvelle Démocratie (ND) dans les sondages.

J’espère que Syriza pourra impulser quelques changements... Panagiotis, 30 ans, veut encore y croire. C’est le seul parti à pouvoir faire quelque chose poursuit ce professeur titulaire de 30 ans qui, plein de doutes votera de nouveau en faveur du parti de la gauche radicale. Ce dimanche 20 septembre, il est appelé aux urnes pour la troisième fois de l'année, la 10e fois depuis 2009. Le 20 août, après sept mois de pouvoir, le Premier ministre Alexis Tsipras a en effet rendu au peuple un mandat arrivé à son terme : il avait dû entre temps signer un nouveau mémorandum, tournant le dos à l'une de ses promesses électorales qui l'ont propulsé à Maximou, siège du gouvernement, le 25 janvier. La Grèce souscrit donc un prêt de 86 milliards et, une fois de plus, s'engage à appliquer de nouvelles mesures d’austérité, critiquées par ses opposants internes, son opposition de droite et une part de la population. Et si malgré tout, Syriza sortait grand vainqueur de ces élections ? Le Parti de la Gauche radicale est donné au coude-à-coude avec son rival de droite, Nouvelle Démocratie (ND) dans les sondages.<--break-><--break->

Des élections sans enjeu ?

La provocation de nouvelles élections avait suscité une vague de contestations. Selon un sondage de Public Issue, 70% des grecs estimaient qu’elles n’étaient « pas nécessaires ». Les opposants de Tsipras l’accusaient d’abuser du verdict des urnes pour régler les conflits internes de Syriza et d'ajouter à l'instabilité politique qui règne depuis que la crise économique et sociale a éclaté dans ce pays fin 2009.

C'est son revirement du 13 juillet qui a engendré la contestation jusque dans son parti. Quand Alexis Tsipras avait déclenché un référendum pour demander aux citoyens s'ils acceptaient les mesures proposées par les créanciers, 61,31% des électeurs ont dit non. Après une semaine de négociations à Bruxelles, le Premier ministre revenait à Athènes avec un nouveau texte : le 3ème mémorandum. Des députés s'opposent aux lois d'application lors du vote au Parlement. Alexis Tsipras se voit contraint de demander au peuple de lui octroyer un « mandat clair » le 20 septembre. Il veut faire de ces élections un vote de confiance approuvant ses orientations et sa conviction d’être le plus apte pour appliquer l’accord conclu avec les créanciers.

Je ne le reconnais plus ironisait son rival Evangelos Meïmarakis lors du débat opposant les deux leaders, le 14 septembre dernier. Ce grand moustachu, président par intérim de la ND, qui a réussi à remettre le parti en ordre de bataille, sera lui aussi contraint d’appliquer le mémorandum en cas de victoire.

Comme le mémorandum devra de toute façon être appliqué, la discussion politique est inexistante analyse Dimitris Sotiropoulos, professeur de Sciences Politiques à l’Université d’Athènes. Il poursuit : Le débat que nous voyons est essentiellement basé sur les sondages et tourne au concours de beauté.

Piques personnelles et accusations de corruption ont rythmé cette campagne express. Syriza alertait du retour au vieux système qu’incarne la ND qui demandait de son côté de couper court aux mensonges du parti de la gauche radicale. Conséquence : le débat d'idées n'a pas eu lieu.

Un grand flou sur le contenu qu'Evangelos Meïmarakis a cherché à exploiter. Il a appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale, alliant son parti à Syriza, dès le lendemain du scrutin. La dernière chance pour le pays a-t-il martelé, laissant même entendre qu’il n’était pas hostile à ce qu’Alexis Tsipras en soit le Premier ministre. Le leader de la ND souhaite-t-il vraiment gagner les élections ? Il n’a jamais vraiment donné l’image d’un gagnant durant cette campagne.

De nouvelles promesses ?

Aux mains tendues de M. Meïmarakis, Alexis Tsipras a répondu par la confrontation, arguant que des marges de manœuvre sont possibles. La négociation d’un abaissement de la dette, l’octroi de libertés individuelles, la poursuite de la lutte contre la corruption sont autant de sujets sur lesquels était attendu le leader de Syriza. Qui accuse les conditions extrêmes et le temps court de gouvernance pour demander une nouvelle chance.

Jusque dans les rangs de son parti, cet argumentaire n'a pas pris. Le 21 août, une scission formait « Unité populaire ». Ce mouvement en gestation est aujourd'hui soutenu par les députés les mieux élus en janvier, comme Zoe Konstantopoulou ou Yannis Varoufakis. Le Syriza expurgé d’Alexis Tsipras ne s’adresse désormais plus en priorité à l’électorat jeune qui l’avait propulsé au pouvoir au soir du 25 janvier. Cet électorat déçu du revirement de l’ex-Premier ministre est le plus incertain : il devrait en partie s’abstenir.

Sur qui, alors, Syriza peut-il compter ? C’est au contraire les électeurs majoritairement favorables à la conclusion d’un accord qu’Alexis Tsipras souhaite mobiliser. Beaucoup sont encore indécis, mais pourraient propulser une nouvelle fois Syriza au pouvoir selon un vote dit stratégique. Il s’agit de renforcer le parti donné gagnant ou le troisième dans le cas où le premier aurait besoin d’un partenaire de coalition explique M. Sotiropoulos. Au bénéfice de Syriza donc, donné gagnant dans la plupart des sondages réalisés depuis l’annonce de la tenue d’éléctions.

Dans un contexte de polarisation forte et de morcellement de la gauche, Syriza pourrait bénéficier de ce réajustement stratégique. Seule inconnue : avec qui devra t-il gouverner ? Ce choix sera décisif.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.