(Inspiré par le billet de Gilbert Pouillart, que je recommande (avec son fil).
Un. Il existe des choses, avec leurs contradictions, leurs changements, antérieurement à la connaissance que le Sujet peut se donner de ces choses et antérieurement à l'action qu'il peut exercer sur elles.
Deux. Cette affirmation n'est pas démontrable en-dehors du système (au sens systémique, non pas systématique) de pensée qu 'elle fonde ; on y adhère ou non, c'est un choix.
Trois. On peut penser au contraire que « le réel » est une pure construction de l'esprit (du sujet), ou d'un Esprit surnaturel, ou une somme d'illusions auxquelles il est vain de vouloir trouver un sens ou un ordre, etc. etc. (l'esprit humain est inventif).
Quatre. Chacun choisit l'hypothèse de départ qui lui paraît la bonne pour son épanouissement intellectuel, et n'est pas tenu de le justifier (de son point de vue) auprès de ceux qui en ont choisi une autre.
Cinq. Supposant acceptée l'affirmation un, le sujet connaissant et agissant se construit (et/ou hérite d'une représentation du réel originel, représentation qu'on peut appeler le « réel construit ».
Six. Le réel originel est dispensé par la Divinité de se comporter conformément à ce que le sujet connaissant et agissant attend de lui en fonction de son « réel construit ».
Sept. La confrontation du sujet muni de sa représentation du réel avec le réel originel le conduit à déconstruire et à reconstruire sa représentation – dans le pire des cas à se réfugier dans le déni, car ce remaniement ne va pas sans effort, parfois douloureux.
Huit. Tout cela est à prendre en gardant à l'esprit les aspects collectifs de la connaissance et de l'action.