Petite contribution sur la réforme des retraites

Pour y comprendre quelque chose...

 

 

Pour y comprendre quelque chose, il faut partir de la représentation du circuit économique, dans sa formulation élémentaire.

 

Circuit

 

Ce qui est produit dans le pays lors d'une période est distribué comme revenu, et ce revenu est dépensé par les agents économiques, ce qui génère une nouvelle période de production, de revenu et de distribution...

P donc R donc D d'où P' donc R' donc D' et ainsi de suite.

 

Dans le circuit la valeur circule (que faire d'autre dans un circuit ? Si elle ne circule pas elle s'évapore) sous deux formes qui vont en sens contraire : biens « réels » et monnaie.

 

Redistribution

 

Les dépenses publiques et la protection sociale sont financées par les prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations) et consistent en allocations diverses des ressources. L'ensemble constitue une sorte de pompe aspirante et refoulante, un petit circuit branché sur le grand. C'est une partie de la valeur circulant entre P, R et D qui est dérivée vers le Trésor public et les caisses diverses et de là revient en redistribution vers le circuit.

 

Par exemple la TVA est prélevée au point de jonction entre le revenu et la dépense et vient abonder les ressources de l'Etat pour couvrir une partie de ses emplois. (d'autres exemples sont possibles)

 

Pour que le petit circuit dérivé fonctionne sans à-coups, il faut que les prélèvements obligatoires correspondent aux allocations de redistribution, et les équilibrent.

 

Les retraites

 

Dans le système de la retraite par répartition, le principe est que les cotisations pour les retraites, prélevées au titre des actifs occupés, équilibrent les pensions versées aux retraités de la même période, ou

Somme des cotisations de la période = Somme des pensions de la période,

 

Il faut décomposer chaque terme de l'égalité. Le premier terme revient à la cotisation moyenne pondérée multipliée par le nombre d'actifs occupés, le second à la pension moyenne pondérée multipliée par le nombre de pensionnés...

 

Si le premier terme est supérieur au second, il n'y a pas de problème (sinon se mettre d'accord pour affecter le surplus). Si le premier terme est inférieur au second, alors « ouille », ou bien « oups !» : le raisonnement devient douloureux.

 

Maintenir l'équilibre

 

Pour rétablir l'équilibre on peut :

- soit augmenter les cotisations des actifs occupés,

  • soit diminuer les pensions des retraités,

  • .soit jouer sur l'âge de départ, dans la mesure (et seulement dans la mesure) où cela peut augmenter le nombre de cotisants et diminuer le nombre de pensionnés.

 

Mais on entre là dans la discussion des paramètres, qui (à mon avis) ne s'impose pas lors de l'examen d'une réforme systémique. Notons tout de même que quoi qu'il en soit, si la conjoncture économique est bonne dans vingt ans, les pensions versées pourront être correctes (si les syndicats y veillent) mais que si la situation économique est mauvaise rien ni personne ne pourra empêcher la détérioration de la valeur réelle des pensions.

 

NB. Dans Le Monde daté 3 janvier, l'économiste Philippe Simonnot rappelle que la retraite par répartition est une invention... du régime de Vichy ! (Inter faeces et urinas nascimur...).

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.