Mouvements sociaux et intersectionnalité..

Mouvements sociaux ; intersectionnalité..

Essayons de considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, qui est le bon, pour y voir plus clair. Si une personne est soumise aux dominations, tout à la fois comme femme, comme « racisée » (ainsi que veut qu'on dise un nouveau vocabulaire), comme LGBTtq, comme handicapée, comme précaire, etc. etc., elle n'est certainement pas la mieux placée pour analyser sereinement le spectre des dominations qui l'accablent et trouver le chemin pour s'en dégager. C'est sans doute malheureux, mais des gens moins accablés seront mieux placés qu'elle pour faire le tour de sa condition, sur la base d'une analyse rationnelle.

La très grande majorité de la population mondiale souffre de diverses dominations, dont elle a tout intérêt à secouer le joug. D'ores et déjà divers mouvements sociaux se constituent et s'y attachent, et marquent des points. Qu'ils puissent et doivent joindre leurs forces (et à terme les combiner) tombe sous le sens ; cependant il ne sert à rien, si l'on veut que la fleur s'épanouisse, de tirer sur les feuilles avec impatience comme l'oncle Lindenbrock.

Quels sont ces mouvements sociaux ? J'en cite quelques-uns :

  • Le mouvement pour l'égalité des femmes et des hommes (en supposant ici, sinon résolu, du moins susceptible de résolution le problème des trans-genres, que je ne néglige pas car il est très éclairant ),

  • Le mouvement pour la fin des discriminations pseudo-raciales (à considérer avec ses implications juridiques, éducatives, socialo-sociétales...).

  • La lutte contre la domination financière,

  • Le combat écologique,

  • Les luttes contre les dominations culturelles,

  • Les luttes contre les emprises cléricales et autres,

  • Etc.

Bien sûr, que ces différents combats sont appelés à se rejoindre, et que, dans toutes les périodes de l'Histoire, les diverses dominations et les réactions qu'elles suscitaient et suscitent toujours n'ont cessé d'interagir. Mais la coopération émancipatrice est plutôt un point d'arrivée qu'un point de départ. Cependant les intersections sont susceptibles d'y contribuer.

Une intersection peut donner lieu à une accélération au moins locale de deux mouvements, ou au contraire à leur neutralisation au moins partielle (ou ne pas avoir d'effet si la pièce tombe sur la tranche...), ou les deux effets successivement. Exemple : le catholicisme comme force de résistance en Pologne, en Irlande, au Québec – ou comme forme particulière d'oppression, selon les époques, voire simultanément.

En résumé : il faut commencer par analyser les divers mouvements, voir à quelles conditions chacun peut prendre son essor puis sa pleine ampleur, étudier à cette lumière les conditions d'une alternative globale, sans perdre de vue la réalisation effective et des mouvements et de leur convergence victorieuse.

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