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Billet de blog 9 septembre 2013

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Une politique de l'offre est-elle nécessairement réactionnaire ?

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Une politique de l'offre est-elle nécessairement réactionnaire ?

La politique de l'offre s'inscrit dans le cadre de l'économie de marché. Si l'on est un adversaire résolu de l'économie de marché, alors la réponse à la question du titre est : oui ; et autant en rester là. Il faudra alors choisir un autre mode de production et de répartition : économie planifiée autoritaire (on connaît...), économie planifiée décentralisée (?), (ou encore, comme le propose François Périgny, pas d'économie du tout)...

Si l'on préfère l'économie de marché régulée, comme Hollande, et, sauf erreur, comme Mélenchon, alors il faut s'entendre sur la conduite à tenir en temps de crise.

Ajoutons pour la symétrie que l'idée même d'une politique de l'offre s'écarte également de la problématique néo-libérale proprement dite, qui est très méfiante vis-à-vis de toute politique économique, au nom d'une conception pervertie du « laissez-faire » libéral.

Si toutefois nous restons dans la problématique d'une économie de marché assortie d'une politique économique qui la régule, alors poursuivons.

En économie de marché, tout va bien (du point de vue économique) si l'offre rentable rencontre la demande solvable, durablement, pour un haut niveau d'activité : les travailleurs sont employés et rémunérés, les biens sont échangés, les besoins satisfaits, l'épargne couvre les besoins d'investissement, et ainsi de suite.

En cas de déséquilibre persistant entre l'offre rentable et la demande solvable, significatif d'une crise, la pente naturelle des social-démocrates est de promouvoir une augmentation des revenus des travailleurs, afin de rendre solvable la demande, de sorte que la rencontre offre-demande se fasse à un niveau d'activité plus élevé (en face, le patronat préfère qu'on lui fasse des cadeaux, c'est bien compréhensible).

Dès lors, si un homme politique, ou une équipe, au pouvoir, propose de favoriser l'offre pour la rendre rentable, pour l'observateur superficiel la messe est dite : le pouvoir est réactionnaire et trahit la gauche !

Notons bien que l'homme et l'équipe au pouvoir en France sont favorables à une relance par la demande, et ne cessent de la réclamer à l'Union. Simplement ils sont conscients qu'en économie ouverte cette relance ne peut être que continentale : réduite à la seule France elle n'aurait guère d'effets positifs immédiats, aucun durable, et générerait en revanche des effets pervers, négatifs, pour l'économie nationale.

François Hollande et sa bande de salopards solfériniens mènent une politique de l'offre. Ils identifient les difficultés à quelques éléments essentiels (enchaînés en quatre temps) : offre (interne) non rentable, donc activité insuffisante, donc sous-emploi, donc demande non solvable (salaires faibles et salariés peu nombreux).

Comment intervenir ? Si l'on s'en tient au réflexe traditionnel « de gauche » : on dope la demande. Passés les effets du coup de fouet initial, c'est conduire à un nouvel affaiblissement de l'offre rentable, qui cesse de l'être (rentable) du fait du renchérissement des facteurs de production ; on va donc vers une perpétuation, voire un approfondissement, des difficultés.

On doit préférer travailler sur l'offre principalement, en particulier celle des petites et moyennes entreprises : améliorer les conditions d'accès du tissu industriel aux facteurs de production :

Nature et énergie (transition énergétique).

Capital financier (banque publique d'investissement et autres dispositifs).

Facteur technique (politique de recherche et d'innovation).

Facteur travail (stabilisation du coût du travail – ben oui...).

Le but recherché est de relancer l'activité (et la « demande effective – la demande telle que l'anticipent les entreprises, et qui détermine l'investissement»), donc l'emploi, donc la demande, et d'enclencher une spirale « vertueuse ».

C'est évidemment assez long, et le danger est que les gens préfèrent prendre tout de suite l'un des trois principaux raccourcis  offerts sur le marché : sarkozien, mélenchonnien, voire fronthainien.

Aucun des trois ne brille par le réalisme...

C'est au peuple de choisir la voie qu'il veut (et aux partis de l'éclairer).

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