Retour utile vers le dix-septième siècle.

Petite citation susceptible d'inciter à réfléchir (au moins celui qui la fait) :

 

 

« … la vérité elle-même n'est pas indifférente aux identités ; certains savoirs ne doivent donc pas circuler indistinctement comme une marchandise passant de main en main, car ils n'ont pas la même valeur pour tout le monde, si bien que les interlocuteurs ne sont pas interchangeables. Après tout, la connaissance est une affaire humaine ; elle doit donc prendre en compte toutes les dimensions de l'humain. Parmi elles, il faut considérer (…) que tout esprit pensant est soumis aux passions. En tenant un discours à la mauvaise personne, uoi est certain que l'information vraie ou fausse ne se communiquera pas sans préjudices. Pourquoi? Parce que les déplacements conceptuels engendrent des effets secondaires que les passions rendent incontrôlables.

Ainsi, la liberté de penser doit rejeter celle de dire n'importe quoi à n'importe qui, car cette licence engendre de la haine et se retourne contre la liberté. Un savant digne de ce nom doit donc prendre soin de toujours définir les conditions exactes de la mise en partage, car, pour le résumer en un mot, tout dire empêche de tout penser. »

 

(Maxime Rovere Le Clan Spinoza p : 492)

 

Ce passage porte sur le mouvement des idées aux Pays-Bas vers 1670, plus de cent ans avant la DDHC89. Il veut restituer la pensée de Tschirnhaus, mathématicien et philosophe fortement influencé par Spinoza.

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