On peut périodiser (très grosso modo) la distinction gauche/droite en deux temps.
Le premier (des origines - 1789 - à la création de la deuxième Internationale - 1887) : la Droite c'est l'autorité traditionnelle, l'Ordre, la résistance au changement ; la Gauche, c'est l'humanisme, le « mouvement », le Progrès.
Le second (sous l'impulsion du mouvement ouvrier) : la Droite c'est le désordre établi capitaliste ( réactionnaires et conservateurs), la Gauche c'est le mouvement qui va dans le sens de la dictature du prolétariat et de la planification centralisée : on est plus ou moins à gauche selon que l'on épouse plus ou moins cette conception.
Depuis la Chute du Mur et ses suites, si la Droite reste sûre d'elle-même, la Gauche, elle, se cherche, mais un consensus se fait autour de cette idée que plus vigoureusement on peste contre le « système » plus on peut à juste titre se dire « de gauche », en se référant à l'ancien idéal du mouvement ouvrier : la classe conduite par son parti conduit par son collège de socialistes scientifiques instaurant sa dictature et planifiant scientifiquement la production matérielle (mais tout est matériel) de l'existence, ou, à défaut, à l'un de ses succédanés (par exemple l'étatisme, ou le jaillissement spontané de la créativité enfin libérée des masses).
Ceux qui ont le malheur de renoncer à cet idéal ancien ou de se détourner des succédanés susdits, et se rallient au principe de l'économie de marché (fût-elle écologique et sociale) sont voués aux gémonies et pestiférés.
Il me semble qu'il faut corriger cela et renouer avec les idées de modernité et de progrès, certes renouvelées, élargies et universalisées. Renouvellement, élargissement et universalisation qui sont encore à effectuer.