Au moins pendant une période de sa vie, et que ce soit sur injonction divine ou qu'il ait « pris cela sous son bonnet », Mohammed délivra un message tout à fait opposé à l'obscurantisme crasse des patriarcalistes au pouvoir dans l'Arabie anté-islamique. Il le fit avec une subtilité louable.
Pour prendre un exemple, concernant l'adultère : le Prophète ne pouvait pas dire que l'adultère n'était pas punissable. Il se serait fait lapider lui-même et son message (ou celui d'Allah) aurait été perdu. Il a donc (ou l'archange Gabriel) rusé. Oui, bien sûr, l'adultère est punissable. Mais... uniquement si les juges disposent de deux témoins – quatre s'il s'agit de femmes -, et encore ! Des témoins oculaires directs. S'ils n'ont pas vu, de leurs yeux vu, se commettre l'abomination, et sans être eux-mêmes complices, cela ne vaut pas. Cette condition limitait singulièrement les cas, on s'en doute.
Autre chose : le Prophète ne pouvait pas dire qu'on ne doit pas battre sa femme : c'est lui qui se serait fait cogner dessus jusqu'à ce que mort s'ensuive et son message (ou celui d'Allah) aurait été perdu. Il a donc (ou l'archange Gabriel) rusé. Si (et seulement si) ta femme est coupable, ô croyant, tu peux la corriger, mais doucement, « comme avec une plume ».
Et tout à l'avenant.
On peut en conclure qu'au moins par un aspect le message du Prophète (ou d'Allah, si l'on admet que c'est l'archange Gabriel qui a tout dicté au Prophète) est un message féministe, qui a passablement humanisé les mœurs des vrais croyants, et qui donne une illustration de l'éthique de responsabilité, inconnue de Mohammed, mais non d'Allah, qui est grand (ou grande).