Sur le malheureux « débat ».

J'approuve le patriarche moustachu d'ordinaire souriant, quand

 

J'approuve le patriarche moustachu d'ordinaire souriant, quand il défend les droits des croyants et pratiquants de l'Islam (les unes et les autres) (et de celles et ceux qui, ni croyants ni pratiquants, se sentent reliés à à une culture fortement référencée à l'Islam), contre les Islamo-reluctants. Il est bon de rappeler ici l'article 10 de la première partie du Préambule de la Constitution et l'article 18 de la DUDH48 – à étudier mot à mot – qui doivent nous guider dans notre manière d'appréhender les croyances et les croyants et la manière de leur faire la place à laquelle ils ont droit dans la communauté nationale.

Islam, oui.

J'approuve aussi le néo-barbu pète-sec quand il refuse avec vigueur l'islamisme radical – tout islamisme est radical, qui veut substituer une loi divine supposée à la loi républicaine et laïque, ce qui est prendre les choses à la racine –, et par la même occasion l'islamisto-complaisance.

Charia, niet.

On peut reprocher à l'un son ton doucereux, à l'autre sa véhémence contre-productive ; mais le plus grave n'est pas là.

Je n'approuve pas le premier quand, au nom de « Islam oui », il passe miséricordieusement sur l'innocente (à ses yeux) manie de ceux qui voudraient bien introduire la charia et pensent que cette introduction est la volonté de Dieu, qui primerait les principes de la République, mécréante à leurs yeux.

(« Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat », et l'autre est le « cochet » de la même fable)

Je n'approuve pas le toréador en garde, quand, au nom du refus de l'islamisme toujours radical, il semble en prendre à son aise avec les droits élémentaires, et des croyants et pratiquants des deux genres, et de ceux et celles qui, à tort ou à raison, croient les défendre.

J'ai conscience qu'en distinguant bien Islam (religion) et islamisme (groupe de courants politiques à prétexte religieux et visée théocratique) je ne vais pas me faire que des amis ici et là. Peu m'en chaut : magis amica veritas, dixi et asini animam salvavi.

 

 

 

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