Pour comprendre quelque chose aux spasmes intermittents qui secouent les groupuscules attachés au marxisme politique, et dont nous sommes les spectateurs involontaires et ébahis, il faut comprendre les noyaux de croyances auxquels ils sont attachés, les postulats de base autour desquels ils se sont construits.
En voici quatre, qui me paraissent correspondre au marxisme messianique.
Un. L'analyse de la société capitaliste et d'une façon générale des sociétés de classes par Karl Marx est un apport décisif à la connaissance que l'humanité a d'elle-même et de son environnement.
Deux. Cette analyse est exhaustive (nécessaire et suffisante).
Trois. Il s'en déduit nécessairement que le prolétariat industriel est investi par le cours de l'Histoire d'une mission : abolir l'exploitation de l'homme par l'homme en mettant fin au capitalisme (ou l'inverse).
Quatre. Il accomplira cette mission en instaurant sa dictature, éclairé qu'il sera par l'approche scientifique déterminée par une catégorie de savants en sciences sociales, d'origine bourgeoise mais ralliés à sa cause, ou issus de ses rangs et instruits par le Parti, fraction la plus avancée du prolétariat.
Cinq. Le mode de production capitaliste approche du terme de sa capacité à contenir le développement des forces productives, ce qui rend son dépassement par la révolution prolétarienne inéluctable et prochain.
Je reste personnellement d'accord avec le premier point (pas avec les trois suivants).
Le lénino-trotskysme reprend ce noyau initial, et ajoute quelques autres assertions postulatoires . Le courant luxembourgiste et le marxisme-léninisme (stalino-maoïste) s'y rattachent aussi, chacun à sa manière (de même - en théorie - la social-démocratie jusqu'à Bad Godesberg).