André est un estimable sanglier, la plus paisible des créatures, qui vit dans une forêt proche de Saint-Isidore-en-Val. Pourvu d'appréciables défenses (d'où le titre de ce billet), d'un esprit sagace et d'une curiosité toujours en éveil, il a de nobles préoccupations sociales.
André m'a fait parvenir récemment le texte suivant; j'ai voulu faire partager aux médiapartiens, mes chers conclubiotes, le plaisir de sa lecture.
La propriété, droit, comme vous le savez, Melchior, “inviolable et sacré” aux termes de la Constitution, porte sur les choses, immeubles ou meubles, et non pas, il est, hélas, nécessaire de le préciser, sur les personnes, depuis l'abolition de l'esclavage, ni sur le corps (ainsi nous ne sommes pas propriétaires, moi de mes défenses, vous de vos longues oreilles).
Ce qui peut faire l'objet d'un droit de propriété, ce sont les “choses”: terrains, constructions, meubles divers y compris l'argent, et les droits de créances, qui constituent le patrimoine.
Un cas particulier est fourni par le Capital au sens financier. Celui-ci peut être investi de telle manière qu'il entraîne de fait l'exploitation des gens. Comme disait Marx: le Capital n'est pas une chose mais un rapport social. Ce point peut (et doit) être contesté et amendé. On doit pouvoir soustraire le Capital pris en ce sens à la propriété en tant que droit inviolable et sacré. La liberté d'investir ne doit pas entraîner la liberté d'exploiter autrui.
Pour y veiller, il conviendrait d'encadrer les investissements en donnant sur eux un droit de regard, voire de contrôle, aux travailleurs, aux pouvoirs publics, à la société civile ( cela sans méconnaître le droit des investisseurs sur le revenu de l'argent avancé pour favoriser le processus productif).
Pour réaliser cela, il suffirait d'amendements assez légers aux textes constitutionnels. Cette réforme de la propriété prendrait aisément sa place auprès du principe de la rente viagère citoyenne universelle qui vous est chère, et des textes de loi permettant l'application des deux principes constitutionnels que vous vous plaisez, Melchior, fort souvent à rappeler: le droit au travail et l'égalité des genres. Dixi et salvavi animam meam.
Pour copie conforme: bureaux de MGL.
Ce billet et son fil sont confiés à la bienveillance de la communauté médiapartienne.