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Billet de blog 30 juin 2016

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Quand trois poules vont aux champs.

à Bringuenarilles, contradicteur de bonne foi Pour assurer leur subsistance, les êtres humains

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                                                                                      à Bringuenarilles, contradicteur de bonne foi

Pour assurer leur subsistance, les êtres humains doivent réunir et combiner les facteurs de production, et répartir les biens et services produits, puis recommencer.

La masse produite, qui permet de satisfaire les besoins, se divise en deux parts, que les marxistes appellent « produit nécessaire » (sous-entendu : à la reproduction de l'existence) et « surproduit » (disponible pour un autre usage : élargissement de la production, élévation du niveau de vie, ou autre).

Il y a donc un circuit, et /ou un cycle, économique : production, répartition, consommation et investissement, et de nouveau production, etc.

L'organisation économique (de la production et de ce qui s'ensuit) peut se faire de trois manières (qui elles-mêmes peuvent se subdiviser, voire se combiner), qui sont trois manières de contrôler le processus de production, de partager la richesse produite et de déterminer l'usage qui est fait du surproduit social.

La première manière consiste pour une classe, couche ou caste dominante, à imposer ses conditions à une ou des classe(s), couche(s) ou caste(s) dominée(s), sur le mode : « Ce qui est à moi est à moi bien sûr, notamment les moyens de coercition physique, et ce qui est, crois-tu, à toi est négociable ; le résultat de la négociation est tout vu, car c'est moi qui suis du bon côté de la kalach [ou autre élément persuasif, suivant les époques]. »

On reconnaît là l'esclavage, la servitude médiévale, les régimes mafieux, le racket en Somalie, au Mexique ou ailleurs. Deux grandes variantes : la prédatrice peu soucieuse de ce qu'il advient des dominés, et celle de la coupe réglée, qui trouve plus astucieux de les ménager, dans son propre intérêt.

La deuxième manière fait intervenir les mécanismes marchands et la loi de l'offre et de la demande, sous-tendue par la valeur-travail. Les échanges se font quand une offre rentable rencontre une demande solvable, et les agents économiques se préoccupent de rendre rentable leur offre et solvable leur demande. C'est ce qu'on appelle l'économie de marché.

Elle peut être sauvage (ultra ou néolibérale), mais on sait d'expérience qu'un équilibre de plein emploi est dans ce cas hors d'atteinte ; ou bien elle peut être régulée grâce à une intervention (politique économique) des pouvoirs publics qui permet de ménager les revenus et conditions de vie des salariés et autres couches populaires tout autant que les profits des entrepreneurs. La régulation peut se faire à droite ou à gauche.

La troisième manière relève du simple bon sens : pour que tout aille bien il faut et il suffit qu'une instance qualifiée recense les besoins, les ressources, et planifie l'allocation des ressources aux productions désirables et l'allocation des biens et services produits à la population (dans un premier temps à chacun selon son travail, et dans une étape ultérieure : à chacun selon ses besoins).

Le problème qui se pose est celui du mode de planification.

Il peut être autoritaire : une bureaucratie centrale dirigée par un parti unique détermine, en définitive, ce que chacun doit faire pour produire et ce que chacun peut consommer. Le même principe vaut aussi pour le circuit de production des biens de production. On connaît les limites de ce système, déjà expérimenté.

On peut préférer la concertation de type agora : le peuple, réuni dans ses portions, discute tous les matins de l'allocation des ressources, met en œuvre le plan de production l'après-midi, et le soir constate que ça n'a pas marché comme on voulait, avant de faire la fête pour se consoler.

Nous devons choisir le type de société dans lequel nous voulons vivre et ronchonner. Ma préférence va à l'économie de marché régulée à gauche, où la prospérité durable est un but et les profits un moyen Indéfectiblement attaché à la démocratie libérale pluraliste, je comprends très bien que d'autres veuillent expérimenter autre chose. Mais je les mets en garde contre trois plaies qui sont la pénurie, la zizanie et l'entropie.

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