Arrêt sur Image : Le changement c'est pour quand ?

Petite réflexion sur l'impact d'un virus sur nos vies et notre monde, et sur la reconstruction du Monde de demain.

« Un peuple qui oublie son passé, se condamne à le revivre » disait Winston Churchill.

Première Guerre Mondiale, Grande Dépression, Seconde Guerre Mondiale, Bulle Internet, Crise de 2008… Au lendemain de chacune de ces crises, on nous a dit « Le monde ne sera plus jamais le même ». Rien n’a changé !

 Après cette crise sanitaire hors norme, notre monde sera-t-il enfin capable de changer ?

Voilà quelques semaines maintenant, qu’un arrêt sur image sans précédent en temps de paix, est en cours dans notre pays comme dans beaucoup d’autres. Et depuis quelques semaines, différents articles « La nature a repris ses droits », « Le monde respire », « Le Sommet de l’Himalaya à nouveau visible ». Et en effet, quoi de plus cocasse qu’un puma se promenant à Santiago au Chili, qu’un sanglier déambulant dans les rues de Barcelone, ou que des canards arpentant la rue de Rivoli à Paris.

 Mon côté pessimiste me dit que rien ne changera ! Nous allons certes relocaliser des usines de masques et de médicaments, nous augmenterons les impôts pour augmenter la rémunération des soignants, ce qui est nécessaire. Il y aura bien entendu une crise économique internationale comme rarement vu dans le passé. Mais après ? Ce sera business as usual ! Et nous recommencerons à vivre comme si rien ne s’était passé. Nous revivrons des années folles en nous enivrant dans la fête, dans la consommation, dans encore et toujours plus ! Car, un peu de neurosciences ne faisant pas de mal, le striatum du cerveau est insatiable et ne sait pas se restreindre, il lui en faut toujours plus, toujours plus vite… Et nous n’arrêterons pas la mondialisation. Parce qu’elle est inarrêtable ! Elle est en marche (comme dirait notre Président), et depuis trop longtemps et à un niveau trop important, pour revenir sur ce qui a été fait.

 « La fin de l’espoir est le commencement de la mort » disait Charles de Gaulle. Cette simple phrase oblige mon côté optimiste à reprendre le dessus. Je pense que cette question « Le monde est-il capable de changer » est trop orientée et doit être renversée. Se demander si le Monde dans lequel nous vivons va changer, c’est assumer que ce Monde détermine nos vies, que nous le subissons et que c’est lui qui doit changer pour que nous puissions changer. Or, je pense que c’est une erreur. Je suis convaincu que ce sont nos vies et nos choix qui déterminent le Monde. La question est donc « Sommes-nous prêts à changer nos vies ? » Si chacun d’entre nous est prêt à changer une, deux, trois choses de son mode de vie, le modèle de société dans lequel nous vivons changera inexorablement. Le changement, c’est chacun d’entre nous.

 Ce virus a temporairement arrêté des guerres qui durent depuis des années, en Lybie, en Syrie, au Yémen. Il s’en est pris à tous les pays, toutes les cultures, tous les milieux sociaux et toutes les religions sans faire de distinction, car les différences sont faites par l’Homme. Il a rendu la première puissance économique et militaire aussi impuissante que les pays pauvres. Il a mis des gens trop souvent idolâtrés à leurs vraies places. Il a fait applaudir des gens trop souvent oubliés. Il a rapproché des familles en nous obligeant à remettre l’essentiel au centre de nos priorités. Il a fait plus de bien à la Nature que n’importe quelle association depuis des décennies. La Nature a réorganisé la société dans laquelle nous vivions. Histoire de remettre tout le monde à sa place !

Laissons la conclusion à un grand Homme, Gandhi « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le Monde ».

Melvin RUGJEE - Idéaliste, Utopiste & Citoyen

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