"Qu'il se lève, le rideau rouge..."

Que nous l'ayons choisi, que nous le voulions ou non, nous sommes tous inclus dans la sinistre pièce qui se joue.

Tout d’abord je le précise : je n’ai pas voté Macron, malgré diverses pressions, ni au premier ni au second tour.

Ses activités en tant que ministre de Hollande étaient très clairement antisociales. Son comportement révélait une personnalité pathologique. Ma pensée était semblable à celle du regretté Raoul Marc Gennar : « voter Le Pen, impensable, voter macron impossible »

 

Ceci étant on ne peut en vouloir totalement à ceux qui ont voté pour lui en toute sincérité. L’épouvantail agité face à lui pour beaucoup, une bienveillante naïveté pour certains , un calcul à court terme pour d’autres..

 

Bien qu’on constate les premiers ravages de sa politique, le pire n’est pas encore là.

 

Nous regardons ce « président Potemkine » s’agiter, se gonfler comme un paon de façon ridicule, nous le voyons afficher un couple improbable, artificiel, non pas pour une question d’âge, qui n’a aucune importance, mais pour ce qu’il révèle de factice et de théâtral . Avec en second rôle, cette dame qui joue les babydoll en arborant un sourire figé et qui rappelle une chanson ancienne de Mireille et Jean Nohain. Tout est théâtre. On a envie de crier : ôtez les masques ! Et on pense au sketch de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault : « Un mauvais film joué par de mauvais acteurs ».

 

Mais si le ridicule est là, ce n’est pas encore le pire.

 

Autour de ces personnages gravite, grouille, une cohorte de figurants. Dans la même incompréhensible erreur, ils ont été élus aussi. Ceux-là évoquent Aragon : «la pièce était-elle ou non drôle/ moi, si je tenais mal mon rôle/ c’était de n’y comprendre rien ».

N’ont-ils rien compris, ceux-là, ou bien au contraire ont-ils compris ce qui les intéressait en avantages, en prébendes, en petits profits personnels, en minable gloriole ? Ils ont pour rôle, comme les membres du choeur dans le théâtre contemporain, celui de répéter sans cesse, d’une même voix, la doxa conventionnelle. Ils faillissent à leur mandat et trahissent sans cesse ceux qui leur ont fait sincèrement confiance.

 

Oui, c’est pire. Mais ce n’est pas encore le pire.

Le pire se situe derrière le rideau de cet effrayant théâtre. Et, même en l’imaginant (ou en réécoutant les propos de l’ignoble Attali), nous ne pourrons qu’en subir les conséquences et avec nous nos enfants et nos petits-enfants.

 

 

 

 

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