Parce que, égoïstement, je m'autorise à pleurer

Mon frère est mort

Mon frère est mort. Je ne sais pas quand exactement. Quand j’ai appris son décès, du temps avait passé.

Je suis restée sidérée, sans voix, sans larme.

Quelques jours auparavant, lors d’un repas entre amis, j’avais placé son verre à côté du mien, comme je le faisais toujours quand je n’étais pas seule, pour un toast commun. J’aurais dû comprendre qu’il m’adressait un signe, un adieu.

Mais il était plus jeune que moi et c’est ma propre mort que je pouvais envisager.

Nous n’étions pas du même sang, ni de la même « race », mais je l’aimais comme un frère et il m’aimait comme une sœur.

Nous avons partagé tant de choses, des joies et des peines, des réussites et des échecs et combien de fêtes...

C’était un Homme qui méritait la majuscule. Intègre, loyal, digne. Toute sa vie, il l’a consacrée à sa famille et a travaillé dur pour assurer l’avenir de ses enfants et leur réussite. Ont-ils vraiment mesuré la chance qu’ils ont eue d’avoir un tel père ? Je l’espère.

Je ne crois pas à une autre vie où nous pourrions nous retrouver, mais aujourd’hui, où j’arrive à pleurer, je lui parle dans ma tête et je lui dis : repose en paix Carlos, mon frère, ta vie a été exemplaire.

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