Tunisie: démocratie et démocratisation, deux concepts différents

Faut-il le répéter, la Tunisie n'est encore ni un Etat de droit, ni une démocratie tant que les réformes institutionnelles ne seront pas adoptées par la majorité à travers les urnes.

Faut-il le répéter, la Tunisie n'est encore ni un Etat de droit, ni une démocratie tant que les réformes institutionnelles ne seront pas adoptées par la majorité à travers les urnes.

 

Le multipartisme, la liberté d'expression et d'association ne suffisent pas à garantir un régime démocratique, mais elles font partie du processus de démocratisation.

 

Les démocrates convaincus, citoyens, responsables politiques, acteurs de la société civile se doivent d'appeler d'une voix unanime encore et toujours au calme et à la vigilance et doivent condamner sans appel le recours à la violence et toute tentative de déstabilisation qui mèneraient au chaos.

 

Au-delà des violences des derniers jours qui ont fait au moins cinq morts et dont on peine à identifier les acteurs entre casseurs et ancienne police politique de Ben Ali ; au-delà des manoeuvres politiciennes propres aux extrêmes dont certaines font partie du Front du 14 janvier, au-delà des opportunistes de tout bord dont la direction de l'UGTT fortement compromise avec l'ancien régime, au-delà des atermoiements d’un gouvernement qui n'était pas à la hauteur de la tâche qui lui incombait, la Haute commission des réformes politiques présidée par Y. Ben Achour a poursuivi avec abnégation ses travaux de consultation et va être en mesure dans les prochains jours de proposer une série de réformes au Président par intérim F. Mebazza. Ce dernier doit présenter via son Premier ministre et grâce aux travaux de la commission une feuille de route précise ainsi que les contours des futures élections et institutions de la Tunisie qui se construit chaque jour depuis le 14 janvier 2011.

 

On ne dira jamais assez pour finir, en cette période de grande agitation, provoquée en grande partie par la démission de M. Ghanouchi, la nécessité aujourd'hui d'une véritable politique de réconciliation nationale et d'établissement de la vérité pour barrer la route pacifiquement et par un travail salutaire de mémoire, aux extrêmes et aux opportunistes ainsi qu'aux réactionnaires qui n'ont au fond que faire de démocratie et d'élections libres.

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