Si j’étais un animal
Si j’étais cheval,
Je galoperais dans le vent,
Me vautrerais dans les hautes herbes,
Et cueillerais du bout des dents,
Les herbes odorantes et les fleurs délicates.
Si j’étais souris,
Je construirais un nid douillet pour mes petits,
Grappillerais fruits et graines dans les haies,
Les vergers et les poulaillers,
Et ferais d’un champ tout un univers.
Si j’étais aigle,
Je volerais dans le soleil au-dessus des nuages,
M’enivrerais de l’air pur des hautes sphères,
Me laisserais tomber comme une pierre sur ma proie,
Et remonterais dans mon nid au sommet d’une falaise.
Si j’étais dauphin,
Je ferais la course avec les vagues,
Sauterais au-dessus de l’eau pour voir le ciel,
Plongerais dans les profondeurs de la mer,
Et danserais sur le chant des baleines.
Si j’étais singe,
Je virevolterais dans les arbres,
Me ferais papouiller et caresser par mes congénères,
Décortiquerais noix de coco et bananes,
Avec des airs de sages indiens.
Je ferais tout cela dans joie.
Mais l’être humain a investi mes domaines.
Il m’a entravé, massacré,
Il a multiplié des filets dans les eaux et dans les airs.
Il s’est cru supérieur à moi
Et a oublié, la douceur du vent,
La beauté des prairies et des forêts,
Le jeu gratuit.
Alors moi,
Qui ne sais ni galoper, ni voler, ni nager,
Je ne peux qu’admirer
La beauté, la force, l’intelligence de ces animaux,
Et la patience qu’ils ont envers nous.