Du maximum au minimum solaire, ces indicateurs précoces oubliés du GIEC

Une contribution de Ferruccio Ferroni dans le cadre d’un débat organisé par le site allemand Eike sur le thème « l’alarmisme est basé sur des données trompeuses » (F. Ferroni, ingénieur diplômé de l’ETH, est président du NIPCC-SUISSE)

INTRODUCTION

Dans la contribution  n° III, nous avons traité de l’influence du rayonnement solaire, qui a un impact important sur le climat. Les recherches menées par Scafetta et Wilson (voir contribution n° III) ont montré une augmentation de la valeur désignée TSI (Total Solar Irradiance) jusqu’en 2000 ; depuis lors, la TSI a de nouveau lentement diminué. L’astrophysicien Inceoglu classe la période de 1915 à 2000 comme le «Grand Maximum Solaire », qui est le terme pour une période chaude. Depuis l’an 2000, le rayonnement solaire diminue à nouveau lentement et se rapproche d’un « minimum solaire ». Rien ne peut encore être constaté parce que la température de la Terre ne réagit à la baisse de la TSI qu’après environ 16 à 20 ans : il faut tenir compte, d’une part, de la chaleur stockée dans l’eau des océans, d’autre part, des variations des différentes oscillations comme El Niño.

 La figure 1 montre les courbes de température globale de la basse troposphère par satellite entre 2004 et la fin de 2019.

La valeur de la fin avril 2020 avec + 0,38° C est également donnée. (Température de la basse atmosphère globale basée sur le satellite UAH – Version 6.0.)  La valeur moyenne de l’anomalie de la température mondiale des trois dernières années indiquée dans la figure 1 montre un pic en 2017 et 2018, pour ensuite diminuer à nouveau. Toutefois, il est trop tôt pour en déduire une tendance claire. Cependant, le pic de l’augmentation continue de la température semble avoir été interrompu.

Selon toute probabilité, nous sommes dans une période de transition qui conduira à un « minimum solaire », qui sera similaire aux minima de Dalton ou de Maunder à l’époque. Ils se sont caractérisés par un fort refroidissement.

Figure 1 : Valeur moyenne de l’anomalie de température globale

Dans ce qui suit, nous allons examiner 5 indicateurs avancés qui indiquent un refroidissement imminent du climat. Il s’agit :

  • d’une sécheresse croissante,
  • d’une augmentation de la quantité de neige,
  • d’une augmentation du flux de rayons cosmiques,
  • d’une réduction des rendements agricoles,
  • d’une diminution de l’ « indice thermosphérique du climat ».

Ce sont des phénomènes que le GIEC néglige car il se concentre exclusivement sur les calculs de modèles impliquant le seul CO2.

Augmentation de la sécheresse

Dans nos grands médias, nous avons lu en relation avec la pandémie de Covid 19 :

«  La crise climatique ne s’arrêtera pas, le printemps déjà sec le prouvera ». Ou « de pire que l’épidémie, il n’y a que le changement climatique et la sécheresse qui l’a accompagné ». La NZZ (Neue ZürcherZeiting) cite un article récent de A.P. Williams et al. « Large contribution fromanthropogenicwarming to an emerging North American megadrought », qui affirme que la sécheresse est directement liée au réchauffement climatique et que les humains sont responsables de 47% de la sécheresse. Pas un mot n’y est dit sur les lois physiques du cycle de l’eau, qui déterminent la relation entre l’évaporation et les précipitations.

La surface de la terre est à 71% faite d’eau ; ce pourcentage élevé fait qu’il faut à l’évidence examiner le « comportement » de l’eau quand la Terre se refroidit. À mesure que la TSI (Total Solar Irradiance)  diminue et que le rayonnement cosmique augmente, le taux d’évaporation diminue. Ce taux d’évaporation réduit affecte naturellement la quantité de précipitations. Il y a bien sûr d’autres facteurs qui influencent la quantité de précipitations, mais la quantité minime de CO2 n’est certainement pas le seul facteur décisif.

L’étude de Laurenz, Lüdecke et Lüning « Influence of solaractivity changes on Europeanrainfall »[1] montre une corrélation positive entre les précipitations et l’activité solaire. L’étude a examiné les précipitations dans 39 pays européens entre 1901 et 2015. Cette période correspond au « Grand Minimum Solaire », ce qui signifie que plus de soleil entraîne plus de pluie.

L’étude de Sun et Liu « Tree ring basedprecipitation reconstruction in the southslope of the middle QilianMountains, northeastern Tibetan Plateau, over the last millennium » [2] faite avec l’aide de la dendrochronologie montre des résultats clairs :

Figure 2 : Les minima solaires correspondent très bien à des réductions des précipitations

La figure 2 montre très clairement que pendant les 5 minima solaires (O – Oort, W – Wolf, S – Spoerer, M – Maunder, D -Dalton), il y a eu moins de précipitations et donc des périodes de grande sécheresse et d’aridité. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas eu d’autres caractéristiques marquantes. L’histoire du climat montre que pendant les périodes froides, il y avait aussi des inondations, de fortes pluies, de courtes périodes chaudes de forte humidité. Il a été démontré à maintes reprises qu’une pensée linéaire simpliste conduit à des égarements lorsqu’il s’agit de questions climatiques.

Si l’on associe la « grande chaleur » aux nombreux incendies de forêt en Australie, en Russie et en Amérique du Nord et du Sud, on ne rend pas justice à la complexité des phénomènes. C’est très probablement le contraire d’une grande chaleur, à savoir les premiers signes du début d’une période froide avec la faiblesse des précipitations qui y est associée. La terre et la végétation séchées augmentent le risque d’incendie. Les pyromanes, le nettoyage des incendies, les défauts techniques, même de simples éclairs d’orage peuvent conduire à une catastrophe. Si le soleil et le cosmos avaient émis plus d’énergie à la surface de la terre, de nombreuses régions du globe seraient beaucoup plus humides et moins sujettes aux incendies.

L’augmentation de la quantité de neige

La figure 3 montre les dernières données de l’Institut météorologique finlandais sur la quantité de neige tombée dans l’hémisphère nord (dernière entrée le 13 mai 2020). ON voit que contrairement aux prévisions du GIEC, la quantité de neige a sensiblement augmenté. Cela indique une tendance vers un refroidissement.

Picture 1Figure 3 : Chutes de neige dans l’hémisphère nord (montagnes exclues)

L’Institut météorologique danois montre également une augmentation de la quantité de neige au Groenland par rapport à la moyenne des années 1981 à 2010, et l’hiver 2019/2020 dans ces pays nordiques a été nettement plus froid que les périodes précédentes. Les mesures effectuées par le Centre national de données sur la neige et la glace (NSIDC National Snow &Ice Data Center) montrent que la couverture de la banquise Arctique a augmenté au cours des quatre dernières années. Selon Al Gore, le pôle Nord devrait être libre de glace depuis 2014 ! Le « Grand Solar Maximum 1915-2000 » est évidemment terminé. La tendance va dans le sens inverse, vers un minimum solaire.

Augmentation du rayonnement cosmique

Le professeur Svensmark est l’un des principaux physiciens dans le domaine de la recherche climatique en rapport avec le rayonnement cosmique. Il a présenté la thèse suivante, qui a également été prouvée expérimentalement :

Les rayons cosmiques ne proviennent pas directement du soleil, mais d’étoiles lointaines. Cependant, leur flux dépend du Soleil en ce sens que l’intensité du champ magnétique du Soleil le modifie. Lorsque l’activité solaire diminue, ce qui est actuellement le cas, le flux de rayons cosmiques augmente dans les couches supérieures de la troposphère. En conséquence, des molécules sont ionisées et davantage de noyaux de condensation sont formés qui favorisent la formation des nuages. Ces nuages rétrodiffusent vers l’espace une plus forte fraction du flux solaire et donc moins d’énergie atteint la surface de la terre.

La valeur du flux des rayons cosmiques est indiquée sur l’image 4 ( www.spaceweather.com ). L’augmentation du rayonnement cosmique de2014 à 2919 est d’environ 22 %. La tendance est légèrement à la hausse.

Picture 3Figure 4 : Augmentation des rayons cosmiques

La diminution des rendements agricoles

Dans la contribution IV, nous avions mentionné qu’un indicateur important de températures plus basses est une réduction de la fertilité des plantes qui sont notre alimentation. L’indice dit « Growing-Degree-Day-Index » (GDD-Index) établit le lien entre le taux de croissance des plantes et la température moyenne quotidienne.

Aux États-Unis, cet indice a baissé de 12 % entre 2018 et 2019. Cela indique clairement une diminution de la température à l’endroit où la plante pousse. Il est également intéressant de noter que les nouvelles en provenance des États-Unis (du « United States Department of Agriculture ») indiquent que les rendements du soja et du maïs sont,en 2019, très mauvais.

Même en Suisse et en Allemagne, où les indices DGD ne sont pas mesurés, les agences gouvernementales ont constaté que les rendements agricoles diminuent fortement en raison de la sécheresse. C’est une conséquence du changement climatique, qui est généralement assimilé au réchauffement de la planète.

Mais l’équation n’est pas si simple. Le passage de périodes chaudes (maximum solaire) à des périodes froides (minimum solaire) réduit les précipitations. Dans presque tous les pays du monde, une sécheresse croissante a été observée dans les années 2018 et 2019.

Les conséquences de la réduction des rendements sont déjà visibles dans la hausse des prix des quatre principaux produits agricoles : blé, maïs, soja et riz.

Ce que cela signifie est facile à comprendre : ces quatre produits couvrent ensemble 64% des besoins en calories de la population mondiale.

Baisse de l’indice thermosphère-climat (ITC)

La thermosphère est la quatrièmecouche de l’atmosphère terrestre à partir de la surface et la deuxième couche la plus externe. Elle s’étend entre 100 km et 300 km au-dessus de la surface de la terre. La température y varie entre 900° C au « maximum solaire » et 300° C au « minimum solaire ». Un instrument spécial sur un satellite de la NASA a été utilisé pour mesurer l’intensité du rayonnement infrarouge. A partir de là, les scientifiques de la NASA ont calculé un indice. La valeur de cet indice (voir www.spaceweather.com/services ) est actuellement à « froid – froid ». Cela signifie que la thermosphère se refroidit considérablement en raison du « minimum solaire » qui est en train d’arriver.

Cela aura un effet retardé sur la troposphère. Encore une fois, si nous ne ressentons encore rien de tout cela à la surface de la Terre, cela ne signifie pas que nos perceptions sensorielles sont plus fiables que ces études scientifiques

CONCLUSIONS

Pour le moment, l’activité du soleil est très faible. En 2019, 281 jours sans taches solaires. En 2020 également, il y a très peu de taches solaires. Cela rend les prédictions de Katiashvili de plus en plus probables. Les climatologues traditionnels recherchent désespérément d’autres catastrophes que le réchauffement – comme on l’a vu avec Williamset al. « Large contribution fromanthropogenicwarming to an emerging North American megadrought » sur la sécheresse – afin de rejeter la faute sur les populations, car elles aussi soupçonnent que la température mondiale va diminuer.

Les quatre à six prochaines années montreront si les prévisions d’un très faible cycle solaire 25 faites par Katiashvili (NASA) sont correctes et s’il est possible d’en tirer  des calculs pour le cycle 26. Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de dire avec certitude si la température mondiale va diminuer ou non.

 Les indicateurs avancés d’un refroidissement imminent mentionnés ici – augmentation de la sécheresse, augmentation de la quantité de neige, augmentation des rayons cosmiques, diminution des rendements agricoles et baisse de l’ indice thermosphère climat – vont tous dans le sens d’un renversement de tendance.

Si des changements rapides vers une période froide devaient arriver, les efforts d’adaptation requis seraient considérables.

En ce qui concerne l’approvisionnement en énergie, il serait nécessaire d’examiner dans quelle mesure le « Green Deal » serait en mesure de garantir l’approvisionnement en énergie. Dans le cas d’une période froide, cela signifierait pour la Suisse : moins d’hydroélectricité, moins de solaire et moins d’énergie éolienne. L’EROEI (Energy Return On Energy Invested ou énergie fournie sur énergie investie) du photovoltaïque est déjà si faible [3] que la bonne conscience que l’on s’achète n’est en fait pas justifiée. La valeur EROEI des énergies renouvelables serait encore plus insuffisante en période froide. Pour l’Allemagne, cela entraînerait une désindustrialisation. Nous aborderons ce sujet la prochaine fois.

Pour l’agriculture, il serait nécessaire d’examiner si le degré d’autosuffisance doit être encore amélioré et si les biocarburants doivent être abandonnés.

Les énormes investissements prévus dans le cadre du GREEN DEAL manqueraient alors pour s’adapter à une période froide et entraîneraient une diminution drastique de la prospérité.


Références

[1] Laurenz, L., Lüdecke, H-J., Lüning, S., Influence of solaractivity changes on Europeanrainfall, ( Influence des changements de l’activité solaire sur les précipitations en Europe), 2019, Journal of Atmospheric and Solar-TerrestrialPhysics, 185 (2019), 29-42

[2] Sun, J., Liu, Y., Tree ring based precipitation reconstruction in the south slope of the middle Qilian Mountains, northeastern Tibetan Plateau, over the millennium, 2012, Journal of Geophysical Research : Atmospheres/Volume 117, Issue D8

[3] Ferroni, F., Guekos, A., Further consideration to: Energy Return on Energy Invested (ERoEI) for photovoltaic solar systems in regions of moderate insolation, Energy Policy 107 (2017) 498-505

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