Nos « généraux (*)» ont tout faux ils laissent l'ennemi choisir son terrain:le cultuel et le culturel

Ou, autrement dit : arrêtons de nous focaliser sur le « cultuel et culturel », alors que la question de fond est d'ordre politique et économique. 

Dans son excellent billet intitulé «  dans la guerre »ebalibar nous dit l'essentiel en deux paragraphes

De :  "Dans une violente abréaction collective elle précipite tous les comptes non soldés des colonisations et des empires ..."

A :" .....redisons-le clairement, n’a jamais ses causes dans la religion elle-même : toujours il y a « par en dessous »des oppressions, des conflits de pouvoir, des stratégies économiques".

sans oublier d'ajouter  : "Mais quand le « code » de la religion (ou de la « contre-religion ») s’en empare, la cruauté peut excéder toute limite, car l’ennemi devient anathème."

La question religieuse est un moyen de faire la guerre car elle est de celles qui permettent le mieux de mobiliser des populations. En tout cas il n'y a pas mieux pour fabriquer et fanatiser des partisans. Mais la religion n'est jamais la cause ni même l'objectif final, lequel reste toujours, en fin de compte, une question de pouvoir et de puissance financière.

Mais pourquoi alors nous bassine-t-on à longueur de temps d'antenne et d'articles sur la question religieuse ?

Justement pour nous distraire ' (au sens pascalien du terme) nous faire oublier ce qui est en dessous, pour que nous ne parlions pas de la question du pouvoir sur les territoires et de la puissance financière, instrument de la domination des populations.

Vais-je me faire traiter de tous les noms si je constate des points communs finalement entre les belligérants déclarés,  Entre EI et nos "va-t-en guerre", notamment les nôtres type Bush version française, il y a comme une forme de consensus sur les raisons de se faire la guerre ...

Exemple, il est convenu de dire et répéter jusqu'à l’écœurement qu'ils nous attaquent pour ce que nous sommes et non  pour ce que nous avons fait ou faisons.

Voilà qui permet d'oublier de réfléchir en restant coincé dans des discours cultuels et culturels, quand le fond est plus prosaïquement et bêtement politique et économique.

EI nous entraîne sur ce terrain Cultuel et culturel, et nous y allons !

Nos généraux « va-t-en-guerre » sont vraiment de piètre stratèges qui se laissent entraîner, et entraînent leur peuple, nous tous, sur le terrain choisi par leur ennemi ! C'est nettement plus près du niveau du Général Nivelle en 1917 que de celui de Napoléon à Austerlitz, lequel a justement su avec génie amener l'ennemi sur son terrain.

Et on si parlait un peu pétrole pour changer ?

Pour comprendre un peu dans quel pétrin nous sommes, et donc quel front ouvrir, il faut parler"PETROLE". C'est le mot clef. C'est le mot qui explique les politiques suivies depuis plus d'un siècle dans cette espace du Proche et Moyen Orient.

Et, comme par hasard, "PETROLE" c'est aussi un mot clef essentiel pour comprendre l'autre pétrin dans lequel nous sommes, qui s'appelle "le réchauffement climatique". Il ne faudrait pas l'oublier !

Et voilà que, comme si c'était une simple coïncidence, malgré l'automne très chaud 2015 (**) dans lequel nous sommes plongé, on nous pousse insidieusement à nous centrer, nous mobiliser,  sur une prétendue question religieuse et à mettre à distance, loin derrière, la question du réchauffement climatique. Exit la COP 21 !

Nos généraux et capitaines de pédalo ont tout faux !

(*) « Généraux » entre guillemet,d'une « guerre » entre guillemet »

(**) Chaud, et vous avez compris concerne les deux "pétrins" dans lesquels nous sommes, frères et soeurs humains, brassés et empétrès que nous sommes tous quelques soient nos différences culturelles et/ou cultuelles, et où que nous vivions sur cette planète malade de nous tous.

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