POESIE SURREALISTE ET ARTS SAUVAGES

Decouverte des arts sauvages des indigènes brésiliens par le grand poète surréaliste Benjamin Péret

 

       POESIE SURREALISTE ET ARTS SAUVAGES

Benjamin PERET,  Arts primitifs et populaires du Brésil. Photographies inédites, Paris, Editions du Sandre, 2017, Edition de Jerôme Duwa et Leonor Lourenço de Abreu, 273 pages, 35 €.

 

    Pour la première fois se trouvent ici réunies les photos d'objets d'art indigène ou populaire réunies par le poète surréaliste Benjamin Péret lors de son séjour au Brésil en 1955-56, ensemble avec trois articles qu'il avait publiées à cette époque sur les "arts sauvages" brésiliens.   Pour le poète, ces oeuvres - statuettes, figurines, masques festifs, costumes de danse, cache-sexes, diadèmes, coiffes, tapisseries, céramiques -   issues de l'espace mytho-poétique amazonien,  témoignent du fait que, pour les indigènes,  "mythe, jeu et art ne forment qu'un seul prisme qui colore leur vie".

            Comme le rappelle Jerôme Duwa, la démarche de Péret - à la fois poétique et ethnographique - est "rousseauiste", par sa passion pour le primitif, non encore adultéré par le souffle délétère de la civilisation capitaliste.   A son tour Leonor de Abreu met en évidence la fascination du surréaliste pour des objets magiques, relevant à la fois du jeu et du sacré - comme le suggèrent les travaux de Huizinga - fruit d'une création collective échappant aux logiques utilitaires et mercantiles du monde occidental. Il en résulte que la création authentique est inversement proportionnelle à l'intensité des rapports des sociétés tribales avec la "civilisation"...

 

      Michael LÖWY

 

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