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Billet de blog 12 avril 2016

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Pour un marxisme libertaire

Conclusion du livre d'Olivier Besancenot et Michael Löwy : «Affinités Révolutionnaires. Nos étoiles rouges et noires. Pour une solidarité entre marxistes et libertaires », Paris, Fayard, Mille et une nuits, 2015.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

        Qu’est ce  que le  marxisme libertaire ?   Essayer de lui donner une définition -  définitive ? -  serait une erreur.   Tel’a pas été l’objectif de ce petit et modeste ouvrage.   Nous avons seulement tenté,  par un rappel historique et par quelques éléments de réfléxion sur des questions controversées,  d’ouvrir un chantier,  de prolonger un mouvement,  d’esquisser un champ de convergences théoriques et pratiques.  Le marxisme libertaire n’est pas une doctrine,  un corpus théorique achévé :  il s’agit plutôt d’une attitude,  d’une certaine démarche politique et intellectuelle.  D’ailleurs,  il n’existe pas un seul marxisme libertaire,  mais une grande diversité de tentatives,  plus ou moins réussies,  de jetter des ponts entre les deux grandes traditions révolutionnaires.  On trouve des militants intéressés par une telle démarche dans des mouvements anarchistes comme l’Alternative Libertaire,  dans le courant libertaire du Nouveau Parti Anticapitaliste NPA),  animé par Philippe Corcuff,  dans les milieux écologistes radicaux et/ou objecteurs de croissance (Stéphane Lavignotte),  dans le syndicalisme combatif,  notamment de SUD,  et dans divers mouvements sociaux. 

         Notre point de départ, par notre histoire et par notre formation,  c’est le marxisme ;  c’est à partir de lui que nous nous intéréssons à l’expérience libertaire.  Mais nous sommes convaincus que les marxistes ont beaucoup à apprendre avec la pensée,  la culture,  les luttes et les idées libertaires ;  avec leur opposition irréconciliable à toute tyrannie,  domination,  oppression ;  avec leur « idée radicale de la liberté »  (Walter Benjamin) ;  avec leur esprit révolutionnaire intransigeant,  hostile aussi bien au Capital qu’à l’Etat .  Nous pensons que la culture révolutionnaire de l’avenir,  celle des luttes d’émancipation du 21ème siècle,  sera   marxiste et libertaire. 

         Si,  au sujet de certaines questions abordées,  notamment dans la deuxième partie de notre livre,  nous avons défendu une position critique,  ou en tout cas différente,  de celle des libertaires,  ce n’est pas parce que nous pensons avoir le monopole de la « verité » ;  ce n’est pas non plus par conviction d’avoir l’analyse la plus  « scientifique ».   C’est tout simplement,  en fonction de notre  propre  expérience,  l’état actuel de notre réfléxion ;  un état provisoire,  ouvert à la discussion et à la critique. 

         Il y a quelques jours,  nos amis de la Fondation (catalane) Andreu Nin ont organisé un mémorial à l’occasion du 75ème anniversaire de la disparition (1937) du marxiste A. Nin,  principal dirigeant du POUM,  et de Camilo Berneri,  militant et penseur anarchiste italien,  venu à Barcelone lutter contre le fascisme.   Leurs analyses étaient très diverses,  leur proposition politiques différentes ;  mais ils étaient tous les deux du même côté de la barricade,   celle de la grande Révolution Espagnole.  Et ils ont payé au prix fort  cet engagement,  assassinés toues les deux par des agents de la GPU stalinienne. 

         Nous croyons,  et ce livre est porté par cet espoir, que les futures batailles émancipatrices de notre siècle verront aussi la convergence,  dans l’action et dans la pensée,  des deux grands courants révolutionnaires du passé,du présent et de l’avenir, marxisme et anarchisme, le drapeau rouge et le drapeau noir. 

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