ENFIN, UN HOMME RAISONNABLE !

Laurent Berger aurait déclaré que "les combats perdus ne m'interessent pas. Le gouvernement ne reviendra jamais sur la suppression de l'ISF". Cette note est un commentaire ironique sur cette affirmation...

ENFIN, UN HOMME RAISONNABLE !

 

 

Dans une déclaration au Monde, Laurent Berger, secrétaire de la CFDT, aurait déclaré, au sujet de la demande de rétablissement de l’ISF (Impôt sur la Fortune), avancée par le mouvement des Gilets Jaunes, avec le soutien de la majorité des Français :

       « Les combats perdus d’avance ne m’intéressent pas. Le gouvernement ne reviendra jamais sur la suppression de l’ISF ».  

     Enfin, un homme raisonnable ! Quel solide bon sens ! N’est-ce pas l’évidence même ?   A quoi bon se battre, se débattre, s’engager, lutter, puisque de toute façon, le gouvernement n’acceptera jamais notre demande ?  

     Il faut dire que Laurent Berger a des nobles antécédents. Il n’est que le dernier d’une longue lignée de Laurents Bergers.   Un des premiers qui s’est illustré dans cette posture raisonnable a été le Laurent Berger conventionnel en 1792. Quand la proposition de proclamer une Republiqu a été avancée, cet homme sage et raisonnable a répondu : « Les combats perdus d’avance ne m’intéressent pas. Les monarchies européennes n’accepteront jamais une République en France ».   Quelques décennies plus tard, on trouve un de ses descendants, qui était partie chercher fortune en Amérique, élu à la Chambre des Représentants des Etats Unis. Cet éminent Laurent Berger américain, lors du débat sur l’abolition de l’esclavage, avait répondu : « Les combats perdus d’avance de m’intéressent pas. Les propriétaires d’esclaves n’accepteront jamais l’abolition ».   Dans la famille qui est restée en France, on trouve un Laurent Berger dirigeant syndical vers 1889 ; quand la IIe Internationale decide d’adopter le combat pour la journée de travail de huit heures, il répond, avec son bon sens admirable : « Ben voyons ! Le patronat ne va jamais accepter une journée de huit heures ».   Et ainsi de suite, on peut trouver dans beaucoup d’autres circonstances, ces aïeuls illustres, tous ces Laurents Bergers de l’histoire, dont l’actuel secrétaire de la CFDT n’est que le dernier descendant.

       Noble lignée ! Tant de combats perdus d’avance évités, grâce à ces esprits raisonnables !   Le problème c’est qu’ils restent toujours quelques obsédés, quelques têtus,  quelques enragés, qui persistent, contre vents et marées, a mener leurs combats perdus. Ils prétendent, ces gens irraisonnables,  que  les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'ont ne mène pas. Et,  comble de l'arrogance,  ils citent un auteur allemand de pièces de theatre, qui aurait déclaré : ceux qui luttent peuvent perdre. Ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu.

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