ASSASSINAT DE MARIELLE FRANCO

Assassinat de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio, femme noire, socialiste, militants des droits humains, critique des actions policières.

   Assassinat de Marielle Franco,  conseillère municipale socialiste à Rio. 

    J'ai reçu cette information inquiétant de mon amie helveto-brésilienne Jeanne Marie Gagnebin.  C'est un vrai scandale,  esperons qu'il y aura des réactions,  au délà même du Brésil.  

 

La conseillère municipale Marielle Franco de Rio de Janeiro, fut assassinée mercredi soir au centre de Rio. C’était une femme noire de 38 ans, avec des enfants, qui habitait la favela da Maré, pas si loin de l’Aéroport international du Galeão. Elle fut la conseillère municipale élue en cinquième place à Rio avec un grand nombre de votes (46.502 voix), par le parti PSOL (partido socialismo e liberdade). Militante des droits humains, elle fut tuée avec le chauffeur de la voiture, Anderson Pedro Gomes, alors qu’elle revenait d’une réunion politique avec des femmes noires. Tout indique qu’il s’agit d’une exécution : les premières informations de la police (civile) indiquent le grand nombre de tirs et le fait qu’il n’y a eu aucun vol. Le week-end dernier, Marielle avait dénoncé l’intervention violente de la police militaire dans la favela de l’Acari. Deux jeunes gens auraient été assassinés. Après les protestations des habitants, les policiers ont envahi et pillé les maisons, humilié et menacé les habitants. Tout cela se passe durant l’intervention militaire, décidée unilatéralement et sans consultation aucune, par le président Michel Temer, intervention que Marielle Franco critiquait également. Au lieu d’affronter les problèmes constants de corruption et de violence de la police militaire, cette intervention ne fait que répéter les clichés de la guerre contre le trafic de drogue et contribue à l’extermination de la population noire et pauvre (selon les données officielles, on compte environ 30 000 morts violentes par an de jeunes entre 15 et 29 ans au Brésil, 77% sont noirs ou métis). De nombreuses manifestatons de protestation sont convoquées aujourd’hui jeudi 15 mars dans la plupart des capitales du Brésil, de Belém à Porto Alegre. Sources : e-mails de collègues de l’Unicamp, article d’Eliane Brum dans El País (http://brasil.elpais.com/brasil/2015/03/30/opinion/1427726614_598600.html) article de João Ricardo Gonçalves, Leslie Leitão, Marina Araújo e Patricia Teixeira, G1 Rio e TV Globo du 14/03/2018 22h06 .

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